Trafic d'enfants: Que se passe-t-il au CAED?

Le Centre d'Assistance pour Enfant en Détresse, CAED en sigle, va connaître des moments d'enquêtes policières fortes cette semaine à la suite d'une récupération par voie anormale d'enfant que plusieurs affirment qu'il sera placé entre 5 et 10 millions de FCFA.

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C’est une affaire floue de Bébé «récupéré» ou «arraché» qui sera au centre d'enquêtes et d'interpellations de plusieurs personnalités à la Délégation Régionale du Ministère des Affaires Sociales du Centre. Pour certains, il s'agirait en effet de la découverte d'un vaste réseau de vente d'enfants au sein d'une administration publique avec une chaîne à plusieurs maillons. Alors que pour d'autres, il est plutôt question d'une plainte en bonne et due forme contre des autorités de cette Délégation pour abus divers de pouvoir et de séquestration.

Aux origines d'une scrabbleuse affaire

Tout commence dans la nuit du 17 au 18 avril 2013 dernier. Dans un bistrot du quartier Ahala I, une jeune fille-mère abandonne dans les bras d'un certain Panguy Essama Junior un nouveau-né. Malgré moult explications, ce dernier se verra obligé de rentrer avec le poupon au domicile de ses parents qui l'accueillent vers minuit. Selon les parents interrogés, il s'agit d'un enfant issu d'amourettes entre leur fils et une inconnue. Les explications d'Essama Junior à cet effet font mention d'ébats amoureux suivis dans des motels et hôtels du coin. Ce dernier affirmera d'ailleurs qu'elle ne lui a jamais permis de connaître sa maison, sa grande-sœur étant genre «chien méchant». Quand est-ce qu'elle a été engrossée? Motus et bouche cousue. Toujours est-il que ce jour-là, le jeune Essama est repéré par la jeune fille dans un bar et lui colle l'enfant. Selon ses parents, «nous nous sommes rendus à la Brigade de Recherches du quartier Efoulan, ne pouvant pas dormir avec un bébé dont nous ne connaissions pas les origines».

Le Commandant en place exige de revenir le lendemain. Le jour suivant, le couple Essama après être auditionné, veut des orientations précises et pense avoir des renseignements nécessaires au Centre Social de Yaoundé même. Mais avant d'y aller, le couple s'assure de la santé de l'enfant par un check up à l'Hôpital de District d'Efoulan, le Commandant ayant déjà ouvert une enquête pour avoir toutes les informations sur le bébé en question. Rendu au Centre Social de Yaoundé même, le couple apprend que le chef de centre est en réunion au CAED, le Centre d'Assistance pour Enfant en Détresse. Une fois rendu au CAED, le couple Essama vivra un autre siècle. Dès qu'une certaine dame Onana, qu'on identifie comme de chef du centre social, est au parfum de l'affaire, elle braille tout son saoul: «Vous ne rentrez plus avec l'enfant!».

Le couple répond: «le Commandant nous a demandé de revenir avec l'enfant pour les besoins d'enquête». Rien n'y fait, madame Onana hurle de plus belle: «Vous ne pouvez pas rentrer avec cet enfant, il y a des femmes qui ont besoin des enfants comme celui-ci! Il y a des femmes qui ont besoin d'acheter des enfants...». Ce faisant, un bras de fer s'engage entre les différents protagonistes. Madame Onana qui ordonne au vigile de fermer la porte et le couple Essama qui ne veut pas se laisser faire. Apparaît alors un policier qui dit être du GMI du quartier Mokolo et qui, par voie de violence, arrache des mains du couple Essama le bébé. Le Commandant d'Efoulan, l'Adjudant Gilbert Matike, n'en revient pas. Il fait valoir qu'ils n'ont pas le droit de séquestrer l'enfant jusqu'à ce qu'il ait fini d'enquêter. Madame Onana ne veut rien entendre. Le couple Essama saisit tout de suite le Procureur de la République qui recommande au Commandant d'Efoulan de faire une enquête et de lui rendre compte. Entre-temps, le vendredi 03 mai, le couple va rendre visite au bébé au CAED. Identifié sous le pseudonyme Essama Gilbert Dieudonné, l'enfant qui du reste est très malade répond déjà à une autre identification.

Les interrogations commencent. Une assistance du CAED affirme que les enfants, quand ils arrivent au CAED, on leur change de nom. Madame Belibi qui ne veut pas d'histoire fait remarquer au Délégué que le CAED n'a pas les moyens requis pour soigner les enfants. L'homme est d'accord. A la suite d'une nouvelle intervention de madame Onana, l'homme se rebiffe à nouveau. Une dame très ennuyée par ces comportements se pose la question de savoir que devient les enfants retrouvés et remis au service social? Des langues fourchues parlent de marchandages allant de 5 à 10 millions. Cette semaine, au moment où nous mettons sous presse, d'autres faits nous parviennent: On parle de cet enfant retrouvé devant une porte et qui est porté disparu au Centre Social de Yaoundé même. L'affaire promet en rebondissements. A suivre

© GRE | L'Anecdote

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