Scène: Valsero donne un coup de main à Elecam

Depuis lundi 4 février 2013, l’artiste sillonne les quartiers et établissements scolaires de la ville de Douala aux fins de sensibiliser la jeunesse sur la nécessité d’aller s’inscrire sur les listes électorales.

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« Jeune et fort », c’est le concept que l’artiste de rap, Valsero vient de mettre sur pied. Il a pour objectif de sensibiliser les jeunes à l’occasion de la fête qui leur est consacrée le 11 février, de s’inscrire sur les listes électorales et parallèlement, de se faire dépister du Vih/Sida. La semaine a débuté le 2 février 2013 par une conférence de presse à Douala. La tête de proue de ce projet, Valsero s’est fait entourer des autres artistes de musiques urbaines, Boudor et Tony Nobody pour expliquer aux médias, ce projet citoyen. Lundi 4 février 2013, la caravane « jeune et fort », s’est ébranlée du côté du collège Bénédicte de Bassa avec pour thème, « je l’ai fait et toi... ? ».

Au cours de cette descente, Valsero et ses acolytes ont invité les élèves à connaître leur statut sérologique et à participer de façon active à la vie de la nation. Le même discours sera de mise ce 6 février 2013 au collège l’Agapé de la cité-sic au cours d‘une journée gastronomique. Le Lycée bilingue de Deïdo accueillera à son tour, la caravane de « Jeune et fort » le 8 février 2013. En marge des établissements scolaires, ce groupe de rappeurs a décidé de faire du porte-à-porte, pour « savoir pourquoi, les Camerounais boudent les inscriptions biométriques sur les listes électorales ».

Le clou de cette semaine de sensibilisation est prévu le 9 février au stade Marion de la Cité-sic avec comme leitmotiv, « tous ensemble pour le Cameroun de demain... ». Toute cette journée du 9 février, les jeunes pourront se faire dépister gratuitement et le soir, assister à un concert de musique animé par des artistes, Krotal, Boudor, Lady B., Koppo, Valsero etc.

Adeline TCHOUAKAK

© Adeline TCHOUAKAK | Le Messager

Valsero: «Elecam utilise des méthodes de vieillards »

Quelle est l’idée qui sous-tend l’initiative « Jeune et fort… » que vous avez prise cette année ?

C’est en fait un travail que j’ai commencé depuis. Un engagement citoyen qui transpire de mes chansons et de mes prises de positions. Cette année, j’ai pensé mettre sur pied le concept « jeune et fort » ; pour sensibiliser les jeunes à l’occasion de la fête de la jeunesse. D’abord sur l’importance de connaitre leur statut sérologique et aussi et surtout, la nécessité de participer à la vie de leur pays. Les jeunes sont désintéressés par exemple des inscriptions biométriques sur les listes électorales, pourtant, c’est un devoir. Ils doivent choisir leurs leaders à travers les urnes. Nous sommes à quelques jours du délai fixé par Elections Cameroon pour avoir 7 millions d’inscrits et ils n’en sont même pas encore 3 millions. Ce n’est pas normal dans un pays en majorité constitué de jeunes. C’est pourquoi nous faisons du porte-à-porte.

Est-ce qu’Elecam qui vous a contacté pour lui donner un coup de main ?

Pas du tout. Bien avant le début de ce projet, nous sommes allés les voir pour solliciter leur soutien mais jusqu’aujourd’hui, nous n’avons jamais eu de réponse. Nous avons longtemps défilé au service communication qui ne nous a jamais reçus. Mais si à l’avenir, nous sommes sollicités par un parti politique, le Rdpc ou un autre, je vous assure, nous n’hésiterons pas tant que les objectifs seront d’ordre citoyen.

Où trouvez-vous donc des moyens pour financer ce projet qui dure une semaine et mobilise une pléiade d’artistes ?

Vous avez raison de poser cette question. Le budget prévisionnel de cette semaine est de 48 millions Fcfa. Je vous assure, tout cet argent sortira de nos poches. Nous comptons aussi sur les amis et associés qui nous donnent un coup de main important. C’est étonnant pour beaucoup que quelqu’un décide de se saigner pour le Cameroun mais le sacrifice vaut la peine.

Elecam utilise des méthodes de vieillards. Les spots et les méthodes de sensibilisation sont désuets. Les jeunes ne se sentent pas concernés. On a vu aux Etats-Unis, Barack Obama utilisé les réseaux sociaux pendant la campagne électorale et toucher le maximum de jeunes. Au Cameroun, Elecam utilise le tam-tam dans un village, les jeunes n’y comprennent rien.

Pourquoi n’avez-vous pas associé à ce projet, des artistes d’autres rythmes musicaux en dehors du hip-hop ?

Il ne suffit pas de le dire. La sélection des artistes s’est faite par rapport à la perception que les jeunes ont de ces artistes. Leur combat doit être citoyen.

En dehors des artistes de rap, citez-moi, cinq artistes de Bikutsi ou de makossa qui porte une vision citoyenne ?

Il n’y a en a pas du tout. Leurs chansons tournent autour de la femme. Qu’ils m’excusent mais les artistes de bikutsi et de makossa ont encore trop de travail à faire en matière de citoyenneté.

Entretien avec Adeline TCHOUAKAK

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