Russie - Baiser des athlètes russes : l'entraîneur dénonce un « délire » occidental

Kseniya Ryzhova assure n'avoir fait que manifester sa joie en embrassant ses collègues du relais 4x400m aux Mondiaux de Moscou. Se disant «humiliée», elle dément avoir voulu manifester un soutien à la cause homosexuelle.

baiser-sportives-russes-200813300.jpg

L’athlète russe Kseniya Ryzhova, médaillée d’or aux Mondiaux 2013 à Moscou, s’est dite «humiliée» par des affirmations de presse selon lesquelles son baiser sur les lèvres d’une autre athlète était un signe de protestation contre une loi russe anti-gay. Retour sur l'instant du podium : lorsque les quatre coureuses - Yulia Gushchina, Kseniya Ryzhova, Tatyana Firova et Antonina Krivoshapka - reçoivent leurs médailles d'or du relais 4x400m, elles se congratulent en se claquant la bise, les unes aux autres puis toutes ensemble (voir vidéo ci-dessous). Des gestes brefs et spontanés qui n'évoquent guère un acte symbolique militant, comme l'avait été en 1968 le salut poing ganté et levé de Tommie Smith et John Carlos aux jeux de Mexico.

Or, en pleine controverse sur une loi russe interdisant la «propagande» homosexuelle devant mineurs désormais passible d’amende et de prison et les propos de la perchiste russe Yelena Isinbayeva, des militants et des médias ont interprété l'un de ces baisers, entre Kseniya Ryzhova et Tatyana Firova, comme un geste de soutien à la communauté homosexuelle. Kseniya Ryzhova a insisté mardi sur le fait qu’elle était mariée et que ce baiser était une manifestation de joie pour sa médaille d’or. «Hier, j’ai reçu 20 appels téléphoniques de différents organes de presse qui, au lieu de me féliciter, ont décidé de m’humilier avec ces questions», a déclaré Ryzhova, citée par l’agence Itar-Tass. «Yulia (Gushchina) et moi sommes toutes les deux mariées et nous n’avons aucune autre relation.

Nous nous entraînons ensemble depuis huit ans et nous sommes devenues de très bonnes amies», a-t-elle ajouté. «Vous ne pouvez pas imaginer ce que signifie pour nous la victoire au bout de huit ans ! C’était un déluge d’émotions. Et si à ce moment précis nos lèvres se sont touchées... Je ne sais pas comment certains en sont arrivés à imaginer ça», a encore dit Ryzhova. «Cela n’humilie pas seulement nous mais aussi nos entraîneurs», a-t-elle poursuivi.

Un « délire » occidental Gushchina, elle, n’en «croyait pas ses yeux» quand Ryzhova lui a envoyé un lien contenant cette photo et les insinuations de médias. «Tout le monde se félicite sur le podium, je ne sais pas pourquoi l’attention s’est focalisée sur nous, alors qu’à côté de nous les Américaines se sont aussi embrassées», a-t-elle dit. La controverse sur la loi homophobe a été alimentée par les propos de la tsarine de la perche russe, Yelena Isinbayeva: en Russie «nous nous considérons comme des gens normaux où des garçons sont avec des filles, et des filles avec des garçons», avait-elle notamment déclaré pendant les Mondiaux (10-18 août).

Après les vives critiques suscitées par ces déclarations, Isinbayeva avait indiqué avoir été «mal comprise.» Furieux, l’entraîneur de l’équipe de Russie d’athlétisme, Valentin Maslakov, a estimé dans une interview au quotidien Sovietsky Sport mardi que la controverse autour des propos d’Isinbayeva était un «délire» occidental. «C’est tout simplement une nouvelle tentative de déverser de la boue sur la Russie avant les jeux Olympiques de Sotchi (dans le sud de la Russie, en février 2014, ndlr).

Les Européens et les Américains aiment ça. C’est comme s’ils nous voyaient encore nous promener dans les rues en peau de renne avec des ours en laisse», a-t-il lancé. L’Eglise orthodoxe russe a elle aussi pris la défense de Yelena Isinbayeva en accusant les médias occidentaux «de ne plus tolérer la liberté d’expression.»

© LIBERATION avec AFP : Source

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau