Musique: Le retour de François Misse Ngoh

Huit ans après «On ne vit qu'une fois» son dernier album sorti en 2004, François Misse Ngoh fait son grand retour dans les bacs avec «Opération épervier», son nouvel opus sorti en ce début d'année 2013. Une galette de dix titres à travers lesquels il évoque plusieurs sujets de société. Comme le titre de l'album le suggère, François Misse Ngoh se penche sur les maux qui minent la société camerounaise et jette un regard sur le principal sujet de conversation au Cameroun depuis quelques années, l'«opération épervier» qui a déjà jeté en prison plusieurs hauts commis de l'Etat.

L’auteur de «La vie c'est terrible» se félicite de cette initiative du président de la République Paul Biya, et l'encourage à en faire d'avantage. S'en servant pour prétexte, il s'adresse aux jeunes et les appelle à emprunter un chemin différent pour le salut du Cameroun. Dans la chanson éponyme, il leur demande de travailler dur, de renoncer à l'argent facile. L'artiste y déplore également des phénomènes comme la fuite des capitaux et la corruption, responsables selon lui de la déliquescence actuelle au Cameroun. «Opération épervier» aborde également d'autres sujets comme la pauvreté, («Muna nyuwe ») ou l'amour («Sengane mba»).

L'amour, un sujet que François Misse Ngoh a déjà exploité avec bonheur par le passé avec des titres comme «Lalpha et l'oméga» ou «Feu rouge». Pour délivrer ses messages, le chanteur a choisi plusieurs styles. «Opération épervier» est ainsi un album éclectique qui propose évidemment du Makossa, mais aussi de la salsa, du blues et même du coupé décalé ivoirien. Sorti lundi 7 janvier 2013, «Opération épervier» est le 10e album de François Misse Ngoh, un artiste qui n'a quasiment jamais quitté la scène depuis ses débuts il y a quarante ans. Il est l'un des rares chanteurs de sa génération à publier encore des albums, contrairement aux Toto Guillaume, Ekambi Brillant, Nkotti François et autres Sallé John.

Certes «Opération épervier» n'a pas la magie des ses productions passées, («Ayoyo», «La vie c'est terrible», «Na bwe ne»), mais il a le mérite de refléter l'honnêteté d'un artiste qui a toujours travaillé dur pour satisfaire son public. Inutile donc de chercher à travers ce produit le François Misse Ngoh très inspiré des années 1970 et 1980. Il a disparu pour faire place à un artiste qui s'est adapté à son époque et qui, tant bien que mal, continue de mener sa barque.

Ce qui, on l'espère, inspirera peut-être ceux qui ont définitivement disparu de la scène. L'opus «Opération épervier» a été entièrement enregistré à Douala, et est produit par l'artiste via sa maison de production «Grand Misse production» (GMP) basée à Douala.

© Baleba Baleba | L'Actu

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