Mboa BD en immersion

La troisième édition du festival international a fait courir à Yaoundé le week-end du 24 novembre dernier. Pas de graffitis ou de gribouillis. Dans le hall d’exposition de l’Institut français du Cameroun, antenne de Yaoundé, où sont exposées les planches de créateurs de bandes dessinées africains, il n’y a pas de place pour les enfantillages.

A cette troisième édition du festival international de la bande dessinée « Mboa BD », la technique était présente, l’art insufflé par les meilleurs crayons aussi. Les planches d’artistes algériens, camerounais, congolais, gabonais, ivoiriens, maliens, marocains et de la RDC, ont servi de tableaux aux problèmes de la société africaine. Les thèmes des œuvres proposées relèvent d’une certaine maturité. Un tableau de l’Afrique donc, souvent noir, souvent gai, mais pas vraiment rose. On parle de politique, de guerre, de colonisation, de jeunes bourrés, de filles qui séduisent leur professeur pour de bonnes notes, de cannabis, de sexe… bref, pas que des sujets pour les petits. C’est que la BD africaine monte d’un cran.

Elle se veut beaucoup plus engagée, et comme toutes les autres formes d’art, dénonce, de manière subtile ou non, des désastres sociaux. Que ce soit dans les projets en cours tels que « La vie d’Ebène Duta » de Joëlle Ebongue (Cameroun) ou dans les projets édités comme « Jungle urbaine » de Thembo Kash (RDC), les réalités africaines transparaissent sans équivoque.

Avec leurs crayons, ils refont l’Afrique, la caricaturent et l’encensent chacun au gré de son inspiration. Du 21 au 24 novembre dernier, c’est une plateforme d’expression pour les amateurs et les professionnels qu’a offert ce troisième « Mboa BD », organisé par un groupe de jeunes dessinateurs camerounais baptisé le collectif A3. D’après Georges Pondy, auteur de BD, chargé des ateliers du collectif A3, « l’objectif est de promouvoir la bande dessinée camerounaise, et de donner aux jeunes l’opportunité de rencontrer des connaisseurs, d’apprendre à leurs côtés. » En marge du festival, plusieurs ateliers ont eu lieu pour aider les amateurs à parfaire leurs créations.

Monica NKODO cameroun tribune

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