Levée de rideau ce samedi pour le festival Ecrans Noirs 2013

Les «Ecrans Noirs», 17e du nom, s’allument ce samedi. Les productions camerounaises ont la part belle.

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12 films du terroir sont en compétition, signe selon les organisateurs que l’on assiste à une révolution du 7e art au Cameroun. Technique et esthétique sont devenues acceptables, tant et si bien qu’une dizaine de films camerounais peuvent désormais être proposés dans des festivals de grande envergure. Il est vrai que ces 12 films se retrouvent dans une même catégorie (Ndlr : Ecran du film camerounais), mais c’est déjà un bon début. « Waka » de François Elong s’extirpe du lot, et tutoie d’autres productions pour l’Ecran d’Afrique centrale. Cinq autres prix sont à décerner : l’Ecran d’or destiné au meilleur long métrage, l’Ecran du film documentaire, l’Ecran du court métrage et l’Ecran du film-école pour récompenser les apprenants de diverses écoles. Le thème de cette 17e édition des Ecrans Noirs, « Production et diffusion cinématographiques en Afrique : potentialités et limites de l’innovation technologique », dénote une certaine aspiration à une formation accrue pour les jeunes, et à un accompagnement plus poussé des cinéastes déjà trempés dans le domaine.

Des astuces leur seront prodiguées par des experts du milieu cinématographique, des universitaires et des spécialistes de l’économie au cours d’un colloque. Sont annoncés entre autres, Gaston Kelman, Arthur Si Bita, Eloi Bela Ndzana… Le Boulevard du 20 mai accueillera le village du festival. Les cinéphiles auront droit à deux types de projection. D’abord en salles avec les Instituts français du Cameroun de Yaoundé et Douala, le Goethe Institut, le Centre culturel espagnol, etc. Des projections de films en plein air, en partenariat avec le Cinéma numérique ambulant (CNA), sont également envisagées dans huit quartiers de Yaoundé.

Les organisateurs prévoient également des rencontres professionnelles au village du festival autour de la thématique et une autre au Goethe Institut autour de la thématique du film documentaire ; mais aussi des conférences-débats et des formations en production ouvertes à une dizaine de jeunes apprenants. Le cinéma n’est pas le seul centre d’intérêt du festival. La preuve, le « Ciné Talent », ce clin d’œil fait aux jeunes, présentera une compétition de Miss Master Ecrans noirs, des concours de danse et de karaoké.

Marcel Epee Mbody, directeur du festival Ecrans Noirs: «Des films de qualité»

Quelle particularité les Ecrans Noirs proposent-ils cette année ?

Le festival est à sa 17e édition et tourne autour d’une thématique particulière. Cette thématique prend en compte notre environnement technologique. Le deuxième point qui fait sa particularité, c’est la mise sur pied de deux compétitions. Une pour les films camerounais, et une autre pour les films africains. Nous avons décidé de mettre en place ces deux compétitions au regard de l’évolution de l’environnement cinématographique au Cameroun. Par le passé, nous avons vu peu de films sur le marché, et à présent il existe plus de productions au niveau quantitatif, mais aussi en termes de qualité.

12 films camerounais en compétition, c’est beaucoup plus que les années précédentes. Pourquoi ?

Le niveau est devenu plus acceptable, mais cela ne veut pas dire que nous n’avions pas un niveau avant. Il est vrai que c’était assez difficile de trouver plus de deux films camerounais capables de faire concurrence aux films étrangers. Nous suivons l’évolution de ces films, et aujourd’hui, nous avons des productions qui, de par leur qualité, sont capables d’être classés en compétition. Ceci s’explique par le fait que, de plus en plus, il existe des instituts de formation dans les métiers de l’audiovisuel. Nous en avons dans le Centre, le Littoral, à l’Ouest et à l’Extrême-Nord. Nous avons pensé que c’était intéressant de mettre une plate-forme pour ces jeunes apprenants. L’occasion leur est donnée de présenter ce qu’ils savent faire.

Plein de films camerounais, mais aucun d’eux ne fera l’ouverture demain…

Certes, les « Ecrans Noirs », c’est un festival camerounais, mais nous ne pouvons pas seulement nous cantonner à présenter des films camerounais par patriotisme. Nous encourageons d’abord la qualité et le message transmis. Les films programmés sont très intéressants. D’ailleurs, notre challenge à chaque édition est de choisir le meilleur. Nous allons dans des festivals à travers le monde entier pour repérer et proposer de bons films. Le film d’ouverture répond à cette politique. C’est « Toiles d’araignée » du Malien Ibrahima Toure, choisi pour sa qualité technique et sa thématique. Ce film a obtenu le prix Sembene Ousmane au Fespaco 2013, et il est offert par une structure avec laquelle nous sommes en partenariat. Il s’agit d’un film qui parle de mariage forcé, d’univers carcéral, mais surtout d'amour.

@Cameroon Tribune

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Date de dernière mise à jour : 29/06/2013