Les ambassades africaines à l’étranger : Quelle honte !

La légende raconte qu’un certain Augustin avait demandé à son compère Ambroise si le repos hebdomadaire devait se célébrer le samedi comme à Milan ou le dimanche comme à Rome.

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Augustin s’était alors attiré la réponse suivante : « A Rome, fais comme les Romains ». Cette réponse, devenue par la suite une référence proverbiale, est en effet un conseil dont la sagesse continue de faire sens en nos temps contemporains, puisqu’elle nous enseigne le respect des traditions, usages et coutumes, des régions ou pays que nous visitons. J’ai d’ailleurs eu l’occasion de m’en faire le porte-voix dans une de mes chroniques où j’invitais les uns et les autres au respect des codes de conduite de leur société d’accueil. Certaines réactions qui firent suite à cet appel se sont montrées réfractaires parce qu’elles considéraient alors que s’intégrer, au sens où je les y conviais, revenait à se renier. Or ce n’est pourtant pas le fond de ma pensée. Je n’ai jamais laissé entendre qu’il faille copier bêtement tout ce que font les blancs. La preuve en est que j’ai par exemple vertement désapprouvé certaines de leurs pratiques odieuses, dégoutantes et perverses comme l’homosexualité; et j’ai souvent critiqué sans aucune pitié le regard suffisant qu’ils ont sur eux même, et celui condescendant qu’ils jettent sur les autres. En vérité, l’idée pour moi est de dire que quand on vit à l’étranger, il faut non seulement respecter les us et coutumes du pays, mais aussi, copier les pratiques qui sont bonnes, ou à tout le moins s’en inspirer.

Or le fait est que beaucoup d’entre nous, bien qu’ayant traversé la Méditerranée ou l’Atlantique, continuent de garder des comportements et des pratiques qui se situent aux antipodes des habitudes que nous observons dans nos pays d’accueil. Le plus souvent nous avons parfaitement conscience de ce contraste, mais nous ne faisons rien pour prendre exemple sur place. Pour illustrer le propos, je vais m’appesantir dans le présent billet sur le décor affreux et le spectacle honteux que nous offrent les représentations diplomatiques des pays africains à l’étranger.

En effet, et à quelques exceptions près, Afrique du nord comme Afrique centrale, Afrique de l’Est comme Afrique de l’Ouest, c’est du pareil au même quand on débarque dans les ambassades et les consulats des pays qu’ils représentent : Le service est d’une médiocrité inqualifiable, l’accueil est d’une sauvagerie spectaculaire, le personnel est d’une lenteur dont seuls les ânes détiennent le secret, les ordinateurs qui tiennent lieu de paravent pour cacher des visages somnolents, datent tous de l’âge de la pierre taillée. Dans les locaux, l’hygiène laisse à désirer là où la ponctualité vous demande de repasser.

Les querelles de langage finissent en coups de poing au visage. Standard téléphonique et toilettes ne marchent pas. Il vaut mieux chier chez soi avant d’aller chercher son passeport. Ainsi, dans ces représentations étatiques, on se croirait dans des porcheries diplomatiques. Ça crie comme au marché et ça sent de partout. Il n’y a ni rang ni ordre de passage. On est servi en priorité selon qu’on est « untel » ou qu’on connait « untel »; Ou alors, si on a la « chance » de parler la même langue maternelle que les connasses au guichet qui passent leurs temps à se limer les ongles.

Ces rombières, qui au passage sont les unes encore plus laides que les autres, arrivent au travail en retard mais elles prennent la pause avant l’heure. Et quand elles daignent lever la tête pour vous répondre, l’ampleur de leur agressivité n’a d’égal que l’envergure de leur incompétence. Pourtant quand on est moche, on peut au moins sauver les meubles en essayant d’être gentil. Oh que non ! Ces misérables tâcheronnes administratives ignorent la courtoisie et le sens de la discrétion. Des illettrés de la dernière promotion canapé qui n’ont aucun scrupule pour vous parlez sur un ton atrabilaire alors qu’elles sont payées à ne rien faire. Chez leurs collègues masculins, ce n’est guère mieux. Les soulards se confondent aux séropositifs, ils n’obéissent qu’à la loi de la magouille et des pots de vins.

Entre ceux qui passent leur journée à envoyer des textos à leur « bordelle », et ceux qui s’occupent en regardant des films pornos sur leur ordinateur ou en surfant sur facebook, on se croirait dans une pièce de théâtre où chacun essaie de jouer un rôle pour se rendre drôle, mais non… puisqu’ils sont tous sérieux dans leur fainéantise et leur farniente. Quant à l’ambassadeur, voilà le plus gros nullard de l’équipe. Lui on ne le voit jamais, sauf parfois quand une bagarre éclate entre un personnel de l’ambassade et un usager mécontent. Mais le reste du temps, il brille par son absence.

Vous déposez un dossier qui requiert sa signature, et vous avez le temps de mourir avant qu’il vienne le traiter car il n’en a cure. Vous venez pour un simple renseignement, mais personne n’est capable de vous répondre. On vous invite à vous rendre sur le site web de l’ambassade. Et quel site ! Même n’importe quel débrouillard en informatique pourrait créer mieux que leur torchon qu’on appelle ironiquement « site ». Finalement ces ambassades ne sont qu’à l’image de leurs pays : on garde les mêmes sales habitudes et les même sales mentalités propres à nos républiques bananières du tiers-monde où on s’arrange toujours pour que rien ne marche.

Et pourtant, nous vivons dans des pays où certes le service public n’est pas parfait, mais au moins il est de bien meilleure qualité. Faire la queue par exemple relève d’un simple réflexe inhérent au savoir-vivre. Dire « bonjour » n’est pas un vain mot. Respecter l’heure d’ouverture affichée n’est pas qu’un vœu pieux. Alors, pourquoi ne pas s’en inspirer puisque ça se passe sous nos yeux ?Ces parvenus qui travaillent dans les ambassades et les consulats vivent ici en occident, et dans le cadre de leur vie personnelle, ils sont aussi appelés à se rendre dans des services comme la poste pour expédier un courrier, ou la banque pour une transaction financière. Alors pourquoi ne traitent-ils pas leurs compatriotes avec autant de diligence que celle qu’ils reçoivent quand ils passent d’agent à usager ?

Il est grand temps que nos ambassades et consulats cessent d’être des foyers de persécution administrative, car il s’agit de la vitrine de nos pays à l’étranger. Nous n’en avons peut-être pas assez conscience, mais un mauvais accueil au guichet peut suffire à décourager un potentiel investisseur. Donnons leur envie de venir chez nous, et donnons nous des raisons de vanter l’image de nos Etats en abandonnant ce qui est susceptible de nous foutre la honte, tout en copiant ce qu’il y’a de bien chez les autres.

Tendancé !

© http://www.lachroniqueepicee.fr : Le Damoiseau

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