Le « new way » de Sélavie L’humoriste

L’humoriste camerounaise connaît le succès en France avec son spectacle « Selavie vous colonise ».

Pour la critique française, elle est la Anne Roumanoff camerounaise. Son spectacle « Selavie vous colonise » est décrit comme rafraîchissant, pétillant… Joué tous les samedis au Théâtre Les feux de la rampe à Paris, le One Woman Show de Selavie Newway met en parallèle deux mondes, ou alors deux façons de voir le monde. Les Africains et les Européens sont mis face à face, leurs cultures, attitudes et autres mimiques sont scrutés par l’humoriste. Un tableau comparatif des sociétés « blanche et noire », que le public français accueille de manière plutôt positive.La conquête des spectateurs des scènes parisiennes ne s’est pas faite en un claquement de doigts.

Le parcours de Selavie Newway est digne d’un scénario hollywoodien, avec ses jours sans et ses rebondissements. Mais cette jeune fille, qui a fait rire plus d’un aux éclats sur la chaîne Canal 2, n’a cessé de s’accrocher à son rêve : jouer dans le Jamel Comedy Club. Le chemin a été long. « J’ai commencé en 1996 avec Tchop Tchop. En 2000, j’ai travaillé avec le groupe “ Les Quatros du rire”. A Douala, nous avons collaboré avec la radio RTM, puis Canal 2 nous a abordés », se souvient Selavie. En 2002, elle joue dans le « One to One », un show comique de Canal 2.Partant sur ce succès, un an plus tard, elle décide de lancer une carrière en solo.

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Le pari est osé, surtout pour une femme dans le milieu de la comédie au Cameroun. Mais Selavie s’en sort bien. « J’ai eu plusieurs contrats. Je devais produire un court métrage toutes les semaines. J’étais la première femme à gérer ce type de programme à la télévision », se rappelle l’artiste. En cinq ans, elle s’établit une réputation au pays, et se dit que c’est le meilleur moment d’exporter ses talents. C’est décidé, la France sera sa terre promise. Pas tout de suite… « J’arrive en France en 2008. J’ai eu du mal à m’intégrer, parce que mon travail n’avait pas de valeur pour eux », regrette la comédienne. Selavie se lance alors dans une course aux castings, et aux formations en cinéma, puis en One Man Show. C’est là qu’elle rencontre René-Marc Guedj, qui deviendra son producteur. Il lui offre sa première scène ouverte à Paris au Théâtre Les feux de la rampe, et depuis, spectacles et festivals s’enchaînent pour la comédienne. Elle se fait remarquer par le promoteur du Jamel Comedy Club. Un rêve devenu réalité pour Selavie qui se voit offrir l’opportunité de jouer dans le show prestigieux de Jamel Debouzze, ce 5 novembre. Du 22 au 24 novembre prochain, elle est invitée au festival « Les rires du monde » à Saint-Denis. Le public semble l’avoir à la bonne. Cette année, Selavie N. a remporté le Prix du Public aux « 40 ans des Blancs-Manteaux », et a été sélectionnée au 17e Festival d’Humour de Rocquencourt, puis au 3e « Antigel » (Festival d’Humour en Yvelines). Jusqu’où ira Selavie N.

Monica NKODO

« C’est le fruit d’un travail de longue haleine » Selavie Newway, humoriste.

selavie4.jpgSelavie Newway : « Je ne regrette pas mon choix.»

A votre avis, pourquoi votre spectacle « Selavie vous colonise » a-t-il reçu un si bon accueil auprès du public français ?

Tout simplement parce que ce spectacle est adapté à la culture française et à la culture africaine. Je parle de moi, de mon arrivée à Paris, de ce qui m’a surpris. Rassurez-vous, le spectacle touche aussi bien les Noirs que les Blancs. Tout le monde en prend pour son compte. Le plus important quand l’on voit un spectacle, c’est de rire et de pouvoir en parler après aux autres. Ils aiment bien le spectacle maintenant, mais ça n’a pas été le cas au départ. Cela a été très difficile. Il fallait adapter les spectacles au public français. A cet effet, j’ai dû faire appel à des coachings, afin d’adapter les phrases au contexte français. On a fait un travail de longue haleine. Ils adhèrent désormais; ils comprennent. Propos recueillis par Monica NKODO

Vous aviez tout de même couru un gros risque en quittant le Cameroun, pour recommencer tout à zéro…

J’ai un souci, je n’aime pas vraiment la routine. Si j’ai quitté le Cameroun, c’était par envie de découverte. Au pays, j’ai souvent regardé le Jamel Comedy Club,et je me suis promis d’être un jour sur cette scène. Je n’ai eu aucune formation au Cameroun, et je voulais pouvoir transmettre quelque chose aux autres. Comment transmettre en ne sachant pas grand chose? J'ai donc décidé d'aller voir ailleurs, quitte à tout perdre, et à faire des sacrifices. Aujourd’hui, je ne regrette pas mon choix, je fais des rencontres, ça me plaît. Je ne voulais pas me limiter qu’à ma carrière au Cameroun.

Comment avez-vous vécu votre expérience avec Le Jamel Comedy Club ?

Comme je vous le disais plus haut, cette émission, je la regardais à la télévision comme tout le monde, et j’ai eu envie de faire partie de cette équipe. Alors quand les organisateurs du Jamel Comedy Club m’ont donné l’opportunité de m’y exprimer, je n’ai pas hésité. Il y a quelques mois, quand j’ai dû prester sur scène pour le Jamel Comedy Club, j’ai vécu une expérience plutôt traumatisante (rires). J’ai tremblé, mais j’ai fait l’un des plus beaux passages. Je crois que c’est ce qui les a poussés à refaire appel à moi pour le 5 novembre.

En plus de l’humour, vous touchez aussi au cinéma. Des chances de vous voir virer de bord ?

J’ai fait des formations en cinéma, mais je n’ai pas eu beaucoup de rôles en France, si ce n’est quelques figurations. Mais j’ai toujours la tête dans le cinéma. J’ai justement eu un rôle dans un court métrage, « Zoba Niama », réalisé par Hervé N’Kashama. Même si mon envie de percer dans le cinéma est bien-là, pour l’heure, je dois me concentrer sur le One Man Show

Propos recueillis par Monica NKODO

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SOURCE: CAMEROON TRIBUNE

Selavie au théâtre des feux de la Rampe tous les Samedis soir à 21h30 jusqu’au 21 decembre 2013.  Vos billets à tarif réduit sur http://www.billetreduc.com

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Date de dernière mise à jour : 03/11/2013