Hymne national: Vers une nouvelle appellation

La question importante a été au centre des échanges d'une conférence-débat organisée le 17 avril 2013 à Foulassi dans la Région du Sud du pays.

La petite localité de Foulassi, près de la vile de Sangmélima dans la Région du Sud Cameroun, a grouillé de monde hier 17 avril 2013. Membres du Gouvernement, professeurs d'université, personnalités diverses sont venus prendre une part active à la conférence-débat organisée dans cette localité, dans le cadre de la célébration des Cinquantenaires de l'Indépendance et de la Réunification du Cameroun. Et c'est le Ministre, Directeur Adjoint du Cabinet Civil de la Présidence de la République, Joseph Le, qui a présidé la cérémonie, en sa qualité de représentant personnel du Président du Comité National d'Organisation(CNO)des Cinquantenaires de l'Indépendance et de la Réunification, le Ministre, Directeur du Cabinet Civil de la Présidence de la République, Martin Belinga Eboutou.

Avec à ses côtés le Président de la Commission études conférences et débats du CNO des Cinquantenaires, le Pr. Jacques Fame Ndongo, Ministre de l'Enseignement Supérieur. Cette conférence-débat, qui avait pour thème «L'hymne national», était donc l'occasion pour les différents intervenants de soulever plusieurs aspects de la question de l'hymne national: la nature juridique et le rôle politique d'un hymne national, la conciliation des trois versions de cet hymne, les repères qui ont soutenu le choix de la musique de cet hymne et la prétendue misogynie de l'hymne national du Cameroun.

Il s'est aussi agi d'évaluer et d'apprécier la contribution des communautés religieuses dans le processus de l'indépendance et la réunification, 50 ans après. L'un des temps forts de cette conférence, était sans conteste l'intervention de l'un des témoins de la naissance de l'hymne national du Cameroun, le patriarche Anatole Adolphe Ebongo, âgé actuellement de 102 ans. Elève de la 26 promotion de l'ancienne Ecole Normale de Foulassi, où a été composée l'hymne national (Les textes par René Djam Afame et la musique par Samuel Minkio Bamba), le patriarche Ebongo reste le témoin de cette importante création de ses deux camarades de regrettée mémoire, qui en 1929 avaient créé «le chant de ralliement», qui sera adopté en même temps que la devise du Cameroun par l'Assemblée Législative comme hymne officiel le 26 octobre 1957.

La conférence a lancé un débat sur la récriture de l'hymne national: certains soutiennent qu'il faille récrire totalement l'hymne national, d'autres estiment qu'il faille garder les paroles et la musique en l'état, d'autres qu'il faille tout simplement harmoniser les paroles. Mais pour le Ministre Jaques Fame Ndongo, «nous retenons que la mélodie est la même, le rythme et la cadence sont les mêmes, c'est déjà formidable. Les Camerounais des régions d'expression française et d'expression anglaise se reconnaissent entièrement dans cet hymne-là, puisque chaque Camerounais chante soit en anglais soit en français et c'est la République qui gagne». Le patriarche Ebongo, lui, a tout simplement proposé que l'hymne national du Cameroun soit rebaptisé «La Foulassienne». Pour le Pr. Jacques Fame Ndongo, «c'est une proposition qui sera soumise à la haute sanction des plus grands décideurs de la République».Mais il s'agit avant tout de célébrer ces «patriotes de la première heure qui n'étaient que des adolescents de 17 et 18 ans et qui ont eu une imagination inénarrable pour faire ce qu'ils ont fait, car l'hymne national reste quand même entièrement inhérente à l'imagination créatrice de ces adolescents à qui la nation toute entière rend encore une fois un très vibrant hommage, un hommage immortel».

© Nelson Ze Evina | Le Soir

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