Face à la progression de l’infertilite : L’Afrique se lance dans la fécondation in vitro

La Procréation médicalement assistée (Pma) n’est plus une pratique médicale propre aux quatre continents.

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L’Afrique, berceau de l’humanité où il y a un début de la progression de l’infertilité, est obligée de recourir à la fécondation in vitro. La fécondation in vitro gagne l’Afrique où le taux de fécondité reste pourtant élevé, comparée aux autres continents. C’est la conclusion d’une étude réalisée par les chercheurs de l’Institut de recherche pour le développement (Ird), l’Université de Paris Descartes, Paris V et l’Institut national des études démographiques (Ined) parue dans le n°68 de « Sciences au Sud ».

Le recours à la Procréation médicalement assistée (Pma) s’explique, en réalité, par l’augmentation du taux d’infertilité sur le continent noir. « Fécondation in vitro au Cap, à Douala, à Lomé ou à Dakar, l’Afrique s’ouvre à la Procréation médicalement assistée. Les demandes, très importantes, sont liées à une forte prévalence de la stérilité sur le continent », affirment les chercheurs, qui précisent que toutefois la question reste absente des débats publics et des priorités des politiques sanitaires. Cette subite progression de l’infertilité sur le continent noir est due, selon les spécialistes, par la négligence des affections sexuelles antérieures ou le non traitement de celles-ci.

« La prévalence de la stérilité est à rapprocher de celle très élevée des infections sexuellement transmissibles. Les spécialistes du Sida évoquent ainsi un triangle vicieux Vih-Mst-Infécondité », avancent les scientifiques. Ils affirment également que l’épidémie de Sida, qui sévit sur le continent, suscite une demande spécifique de la Pma pour permettre aux nombreux couples sérodiscordants de procréer sans risquer la contamination du partenaire sain.

Progression de l’infertilité Outre les problèmes sanitaires, l’infertilité engendre des problèmes sociaux. Pourtant, jusqu’ici, les pays africains n’accordent pas une attention particulière à cette triste réalité. « Aucun pays africain n’offre de prise en charge économique de la stérilité, même si à l’évidence la question a des répercussions économiques non négligeables ; mobilisant les capacités d’investissements de la population », indique l’anthropologue Frédéric Le Marcis. Néanmoins, les chercheurs précisent que le recours à cette technique médicale n’est pas le même dans plusieurs pays. Si dans les pays anglophones son transfert est structuré autour de l’Afrique du Sud et du Ghana, dans les pays francophones, c’est au Cameroun et, dans une moindre mesure, au Togo et au Sénégal que la fécondation in vitro fait son entrée.

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