EUROPE, PROSTITUTION : CES POPOTINS NOIRS QUI ORNENT LES TROTTOIRS EUROPÉENS

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Alors qu’elles croyaient avoir échappé à la misère en arrivant en Europe, de jeunes Africaines se retrouvent prises dans l’enfer de la prostitution.Certaines y laissent leur vie.

L’histoire est racontée dans le journal L’Hebdo. Une fille de 20 ans prénommée Rasmata, en échec scolaire mais avec une plastique de rêve, rencontre Franki, un Européen de 38 ans, fils unique de son père, propriétaire de plusieurs grosses entreprises.

Très vite, ce « gentil et prévenant » monsieur lui propose le mariage et dans la foulée, le couple s’envole pour la France.

Pour Rasmata, c’est le bonheur assuré, du moins croit-elle. La suite est un plutôt un cauchemar qu’elle était loin d’imaginer. Dès qu’ils ont déposé leurs affaires, le « mari » disparaît afin, prétexte t-il, d’aller « chercher des provisions nécessaires en attendant le retour du personnel de maison en congé pour un mois ». Après de longues heures de courses, il réapparaît, non chargé de beefsteaks et de yaourts, mais accompagné de « deux hommes aux mines patibulaires » à qui il leur lance : « voilà le bétail ! ». Rasmata comprend qu’elle est tombée dans un piège que des mains criminelles lui ont tendu. D’après L’Hebdo qui a recueilli son témoignage, elle est « enchaînée aux barreaux d’un lit, ballonnée, fouettée puis violée toute la nuit et de toutes les manières ».

On ne sait pas combien de temps a duré le calvaire de Rasmata qui l’a « psychologiquement traumatisée », mais elle a eu la chance, même si ça peut paraître choquant de le dire, d’être rapatriée par la police au pays où elle va tenter de se reconstruire. Car, ce qui est arrivé à Rasmata est loin d’être un cas isolé. Des milliers de jeunes filles africaines arpentent nuit et jour les trottoirs européens, contraintes à la prostitution par de véritables trafiquants humains, membres de réseaux mafieux disséminés dans plusieurs pays européens. Dans de nombreux cas, les proxénètes s’étaient présentés comme de charitables personnes, désireuses seulement de venir au secours à des gens en situation de détresse. Les tanties et les tontons « bienfaiteurs » qui ont réussi dans les « affaires » en Europe, les princes charmants rencontrés en Afrique ou sur Internet ne sont en réalité que des criminels camouflés.

Grâce à Amely-James Ko Bela, on en sait un peu plus sur les filières de la prostitution opérant entre l’Afrique et l’Europe. Présidente d’une organisation non gouvernementale qui lutte contre les exclusions et les discriminations, elle a publié en 2004 un livre, « La prostitution africaine en Occident, vérités, mensonges, esclavages », résultat de douze ans d’enquête sur le sujet. Un document terrifiant qui montre à quel point « l’esprit sadique et fertile de l’homme est capable de produire des aberrations qui vous donne des urtications ». La clientèle est essentiellement européenne et trouve dans ces popotins noirs et musclés, l’occasion unique d’assouvir leurs fantasmes les plus délirants. On apprend ainsi que contrairement à leurs collègues européennes, les prostituées africaines acceptent toutes les demandes du client et s’adonnent à des pratiques humiliantes qui s’appellent scatologie, ondinisme, zoophilie ou encore coprophragie.

Des barbarismes phonétiques qui traduisent une réalité toute aussi barbare car ils désignent une sexualité exprimée avec toutes les déjections que le corps produit. Contre une forte somme d’argent, des filles dégustent des excréments humains ou font l’amour avec des animaux sous les regards de leurs maîtres, heureux de goutter ces « moments d’intenses plaisirs pour eux-mêmes ». Des pratiques dégradantes que beaucoup de prostituées préfèrent cependant pour ne pas avoir à supporter quarante ou cinquante passes par jour. « La prostitution africaine a fonctionné durant des années de façon anarchique. La tante ou l’oncle qui vit en Europe va voir ses sœurs et leur demande de lui confier leurs filles afin de les scolariser ou leur trouver du travail » explique l’auteur du livre. En fait, ces bonnes intentions affichées se transforment en cauchemar pour les filles, livrées à la prostitution et l’argent récolté va alimenter les comptes bancaires de ces philanthropes d’un genre nouveau.

Aujourd’hui, la prostitution africaine qui est devenue industrielle, est entre les mains de soi-disant hommes d’affaires originaires surtout des deux Congos, du Cameroun, du Ghana, de la Sierra Leone, du Liberia et du Nigeria. Dans ces pays, mêmes des épouses en apparence très respectueuses ne résistent pas à l’appât du gain. Hébergées par des parents ou des intermédiaires qui leur trouve des clients et à qui elles reversent des commissions, de « braves mères de famille » arrivent régulièrement en Europe et y exercent, durant quelques semaines, le plus vieux métier du monde. Avec, on s’en doute, le consentement du mari qui ne souhaite qu’un fructueux séjour à son épouse, nourrissant de secrets espoirs de recevoir des cadeaux au retour de celle-ci. La prostitution africaine en Europe a malheureusement de beaux jours devant elle, d’autant que les victimes n’osent pas encore, comme l’a fait Rasmata, dénoncer les souffrances qu’elles endurent, qu’au pays beaucoup de familles vivent de l’argent du sexe et que les proxénètes n’hésitent pas faire taire les filles trop bavardes. Au cours de son enquête, Amely-James Ko Bela, a découvert, stupéfaite, que les parents ou tuteurs légaux de mineurs se comportent comme des proxénètes.

Dans les appartements, des parents sans scrupules prostituent leurs propres enfants dont certains ont à peine cinq ans. Ce phénomène, qui a pris de l’ampleur depuis quelques années est difficile à combattre car il est impossible de croire que des gens qui rendent visite à une famille sont en réalité des clients pédophiles. Avec la complicité de l’administration des pays africains et des consulats européens, « ces trafiquants d’êtres humains » obtiennent très facilement des visas leur permettant d’effectuer plusieurs rotations entre les deux continents. « Comment peut-on accorder cinq visas à une femme qui, au titre du regroupement familial en avait déjà obtenu autant moins de trois ans plus tôt ? » se demande Amely-James Ko Bela.

Le livre aborde également la prostitution masculine, très peu médiatisée mais en pleine expansion. Comme les femmes, des hommes trouvent dans cette activité de quoi arrondir les fins de mois quand ce n’est l’unique source de revenus. Tels des gigolos, de vigoureux Africains sont payés par des hommes pour faire l’amour avec leur propre épouse. « Ces prostitués se croient doublement gagnants », explique Ko Bela puisque, pensent-ils, ils se « font plaisir tout en étant rémunérés », mais l’affaire peut tourner au cauchemar pour ceux qui y prennent goût.

En effet, le client qui a payé dirige tout : le lieu, l’heure, la durée et la manière échappent au « toutou » à qui il est par ailleurs interdit de jouir dans la femme ! Qu’elle soit féminine ou masculine, la prostitution africaine en Europe est la plus exposée aux maladies sexuellement transmissibles, notamment le sida puisque les prostitués acceptent des rapports non protégés. Très active dans le milieu immigré en France, l’association Aide-Fédération que dirige Amely-James Ko Bela a décidé de mener une campagne de sensibilisation dans les pays africains pour « dire la vérité aux parents sur ces tantes et ces oncles qui abusent de leur confiance, et qui livrent leurs enfants à la prostitution et de mettre aussi les autorités devant leurs responsabilités ».

© Lefaso.net : Joachim Vokouma

Commentaires (1)

1. MARCEL PIEBOJI PIEBOJI (site web) 28/02/2013

Si les filles pouvaient savoir ke l'internet es un divertissement pour des rencontres dites amoureuse, arrêter de croire ke vous pouvez trouver l'homme ou la la femme de votre vie devant un clavier, arrêter de croire ke l’Europe ou les Etats unis sont des paradis sur tête, ici au Camer tu peu tout avoir, arrêter de rêver.

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