Enquête : la prostitution quitte la rue pour internet

On ne le dira assez et on savait notre pays, fier de ses hommes, de ses femmes et de ses enfants. Mais au fil des temps, les camerounais ont découvert à leur détriment la perte progressive de leur dignité voire leur embellie.

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Au centre de cette véritable chute, la mondialisation avec ses nouvelles technologies. Certes, de nombreux acteurs de la vie socioculturelle diront qu’Internet est venu combler un certain nombre de lacunes dont souffraient les Africains. Mais hélas, cette invention a plutôt servi à dépraver nos mœurs. Pendant que certaines personnes recherchent des informations sur la toile, d’autres pensent à autre chose. Une enquête menée par nos soins au sujet de la fréquence de visites des sites de recherchent matrimoniales et de rencontres révèle des résultats significatifs.

Au soir du 20 juin 2014, sur le site Internet Affection.org, sur 125786 annonces à consulter, 22 000 sont des Camerounaises. Le site de rencontre rencontres-francophones.net/afrique/cameroun/ est aussi concerné par l’inscription massive des Camerounais et des Camerounaises avec au compteur des abonnés, 5 180 875 membres parmi lesquels l’on retrouve 452 000 Camerounaises. Wiziou.fr affiche des milliers de membres dont les Camerounais (es). Amoureux.com n’affiche pas le nombre total des abonnés mais présente plus de 2300 Camerounais (es) inscrites dès que l’on les recherche dans son moteur de recherche. Le site de rencontre canadien Reseaucontact.com affiche 1 413 529 membres inscrits parmi lesquels 145 000 Camerounais.Noulove.com indique 3 667059 parmi lesquelles 2115 Camerounais.

Le site de rencontre meetic.com affiche également 589 Camerounaises sur un total indécis. Le site Internet rencontres-francophones.net donne la possibilité de rechercher des femmes par régions parmi lesquelles dans la région du centre au Cameroun, l’on retrouve 759 inscrites suivies de 563 à Douala Quand nous jetons un regard curieux sur ces sites Internet répertoriés parmi tant d’autres, nous constatons qu’en moyenne sur 600 000 visiteurs sur un site, 189 000 sont des Camerounais. Le pourcentage de cette présence dans ces sites est répartie ainsi : Cameroun 52,7%, suivi de la Côte d’Ivoire 49,83%, du Bénin 30,4% , du Togo 32,02%, du Sénégal 35%, du Mali 25% et du Maghreb 27,85%. Le Cameroun encore champion ! ! ! Certains sites Internet sont plus crus que les sites de rencontre classique.

Le site/ blog, http://escortcam.unblog.fr/ par exemple offre un service d’Escort girls camerounaises aux visiteurs en déplacement. Les demoiselles présentées sont disponibles à tout moment. Sur ce site d’escort girl, tous les contacts se font de prime abord par mail et ensuite par téléphone. Les appels restent nombreux. Ses clients ? Des expatriés, des camerounais de la diaspora ou des timides, des gens qui fantasment sur une catégorie de femme. Cette étude même si elle paraît approximative frise la réalité et laisse indubitablement entrevoir des inquiétudes.

Une autre découverte, allez dans nos cybercafés, vous allez constater que dans certains parmi ces cybers se trouvent désormais des box de conversation VIP avec des rideaux servant à « cacher l’intimité du client qui très souvent doit se déshabiller pour les bons yeux de son correspondant » nous confie Michel T, propriétaire d’un cybercafé au quartier Akwa à Douala. Toujours dans nos cybercafés, selon Mademoiselle K. les femmes pour la plus part appâtent les “clients connectés” dans les sites de rencontres, les conduisent sur la messagerie instantanée, et usent de tous les moyens possibles pour extorquer de l’argent à leurs correspondants ou mieux encore elles espèrent trouver un mari blanc. Celles qui parviennent Pour François P., propriétaire de deux cybercafés à Yaoundé,la majeure partie des occupants de ses ordinateurs ne sont que des demoiselles ou des dames quelquefois mariées qui, à longueur de journée surfent dans les sites de recherches amoureuses et matrimoniales.

Et pourquoi pas les Ghanéennes ou les Centrafricaines ? N’est ce pas le résultat d’un contrecoup d’une éducation morale non maîtrisée ? Pourquoi a-t-on suspendu les leçons de morale dans nos classes du primaire ? Pour le sociologue Eric Mballa de l’université de Douala, cette attitude honteuse est liée à un problème d’éducation. Nous savons tous ajoute t-il, que l’éducation est un facteur essentiel de formation de l’individu pour son intégration dans le système social. Elle devra être un facteur déterminant dans le développement économique, politique et social du pays. D’où l’urgence de sa revalorisation. Le législateur camerounais est muet face à l’expansion de la prostitution sur le net. En public l’activité est condamnée mais individuellement,dans les cybercafés, les bureaux, à domicile, les sites coquins sont regardés sans honte NB: Certaines données chiffrées nous ont été offertes par les administrateurs de certains site Internet

@Hugues SEUMO/ Camer.be

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