Droit d’auteur: La CMC répond à Roméo Dika: «Le ridicule ne tue pas»

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Un expert en roublardise à qui Le Messager a bien voulu prêter ses colonnes dans sa livraison du mardi 23 avril 2013 s’est permis de faire des déclarations tonitruantes qui ont laissé pantois l’observateur que je suis.

Face au déni de la réalité de Roméo Dika, puisqu’il s’agit de lui, face à son manque d’humilité, à sa complicité déconcertante avec l’illégalité, à l’incurie et à la paranoïa, je me suis senti en devoir de rapporter quelques faits pour mettre à nu le mensonge éhonté de cet artiste musicien. Dans cette interview, outre la tendance à la victimisation et à la suffisance sotte qui s’en dégagent, ces propos, pour un homme qui a bel et bien eu un rapport d’intelligence avec la justice, constituent un vrai canular. Et concernant ses anciens amis de la soi-disant Socam dont il fait allusion avec une certaine morgue, ni la frime d’un verbalisme torrentiel, ni la comédie d’une impertinence tapageuse ne sauraient conférer à Roméo Dika une quelconque autorité morale. Et dans le cas d’espèce, il a tout simplement menti sur son compte.

Parlant du détournement des droits des artistes dans l’ex-Socinada (Société civile nationale du droit d’auteur), l’humilité n’aurait-elle pas voulue que Monsieur Roméo Dika se tût ?A moins qu’il soit subitement frappé d’une amnésie, a-t-il oublié que l’audit judiciaire de l’ex-Socinada réalisé en mai 2002 par trois experts (Dieudonné Nya Nounkeu, Jean Calvin Nyemeck Nyemeck et Claude Bernard Messy), conformément au mandat de la Cour d’appel du Centre à Yaoundé par notification de l’arrêt N°454/CIV du 28 septembre 2001 et de l’ordonnance N°40/CAB/PCAY du 1er février 2002, a révélé des malversations financières évaluées, au total, à 1.420.906.470 Fcfa (un milliard quatre cent vingt millions neuf cent six quatre cent soixante dix francs). Et il n’est pas inutile de relever, dans cette logique, que 595.495.651 Fcfa (cinq cent quatre-vingt quinze millions quatre cent quatre vingt quinze mille six cent cinquante et un francs) ont été imputables à Roméo Dika.

Toute chose qui a conduit à son inculpation, dans les formes légales, par le Tribunal de Grande Instance du Mfoundi. Et cette prescription, dont la durée légale est de trente ans, peut, faut-il le souligner avec insistance, être mise à exécution à tout moment. Les dénonciations délirantes de Roméo Dika contre ses acolytes d’hier, pure création de l’esprit fertile d’un homme aux abois, rendent compte de la confusion que veut entretenir ce dernier. Lequel, à dessein, mélange les faits, le droit et la politique.

La vérité, c’est qu’il y a une volonté manifeste d’abuser l’opinion. Mais personne n’est dupe. Par exemple, sa fameuse affaire relevant du Sycamu (Syndicat camerounais de musiciens) dont il est le promoteur et le président d’une part avec la soi-disant Socam dont il fut l’administrateur d’autre part est une véritable ignominie. Si ce n’est un conflit d’intérêt, comment qualifier cette étrange collaboration dans un but lucratif entre ces deux structures ? Si ce n’est un maraudage, comment Roméo Dika peut-il justifier les 35 millions de Fcfa qu’il revendique à la Socam ? Et sur quelle base ? Qu’un syndicat se détourne ainsi de ses missions régaliennes pour se muer curieusement en agence de communication est tout simplement incroyable.

En choisissant de faire un réquisitoire violent contre la soi-disant Socam après son exclusion de cet organisme de gestion collective pour se faire bonne conscience à bon compte, Roméo Dika, dans une mauvaise foi manifeste, feint d’ignorer qu’il s’est également enrichi honteusement de concussion et de pires abus. Aussi, faut-il reconnaître malheureusement que son passage au conseil d’administration de la soi-disant Socam ou encore à la tête du fameux Sycamu a viré à la cacophonie, laissant ainsi sourdre à tous les niveaux des récriminations d’ensemble dont l’essentiel porte sur des malversations financières et l’absence d’un plan de travail conséquent. Roméo Dika a ainsi cumulé tous les ratés, rivé qu’il était à combattre des rivaux fantômes. Là où ses fonctions l’interpellaient, il a favorisé l’approximation, la délation, la diffamation, le chantage et la calomnie, convaincu que cela pouvait donner le change pour un temps toujours plus long. Hélas ! Cette navigation a vu le rattrape aujourd’hui en lui prouvant que le bon travail et l’intégrité, s’il y avait songé un seul instant, pouvaient lui donner des raisons de rêver. Il ne saurait par exemple être discuté que l’affaire Roméo Dika donne à voir aujourd’hui, et sous son jour le plus détestable, le « spoil system » mis en place par le ministère des Arts et de la Culture dans le domaine du droit d’auteur depuis mai 2008. Et au moyen d’une instrumentalisation de l’opinion, notre quidam tente vainement de couvrir la réalité d’un voile mensonger.

Quelques exemples pour montrer comment Roméo Dika a atteint le paroxysme de la controverse : le 4 juin 2012, quelques individus, portés par des ambitions démesurées et ayant à leur tête Roméo Dika, prétendent avoir tenu une session extraordinaire du Conseil d’administration de la Cmc dans un hôtel à Yaoundé. Les fiches d’imputation des sorties de caisse de la Socam montrent bel et bien qu’il a reçu des fonds pour cette machination. Le 15 juin 2012, une session extraordinaire du Conseil d’Administration de la Cmc se tient à Yaoundé. Des actions de sabotage desdits travaux sont initiées par des individus en mal de sensation et conduits par Roméo Dika.

Quelle était la motivation véritable de ce dernier à travers des actes aussi indélicats ? Sans doute, la justification de l’utilisation des fonds mis à sa disposition par la soi-disant Socam. Le 25 juin 2012, sous l’instigation particulière de Roméo Dika, membre pourtant du Conseil d’administration de la soi-disant Socam, une assemblée générale extraordinaire de la Cmc se tient à Monatélé dans la Lékié. Une assise pourtant interdite aussi bien à Yaoundé qu’à Monatélé par les autorités administratives de ces deux villes pour défaut de qualité des organisateurs. Une fois encore, d’où provenaient les fonds ayant financé cette autre opération ? Les fiches d’imputation des sorties de caisse de la soi-disant Socam montrent bel et bien que Roméo Dika a reçu des fonds pour cette opération. Autre impertinence : le 8 novembre 2012, un groupuscule d’artistes conduits par Roméo Dika, aux fins de perturbation et de trouble à l’ordre public, organise une marche à Yaoundé pour protester contre une perception des redevances de l’ordre de 40 millions de Fcfa par la Cmc au Port autonome de Douala dans le cadre de ses missions régaliennes et conformément aux décisions de justice en sa faveur.

Les fiches d’imputation des sorties de caisse de la Socam montrent bel et bien qu’il a encore reçu des fonds pour cette manigance. La manipulation peu orthodoxe des fonds à la soi-disant Socam suivant une logique d’opacité n’aura-t-elle pas traduit, à dire vrai, l’ingéniosité de Roméo Dika à œuvrer pour la distraction des fonds sans qu’il soit aisé de reconstruire les traces et les procédures ? Avec la création de la soi-disant Socam en juin 2008 par la ministre des Arts et de la culture au mépris de la loi N°2000/011 du 19 décembre 2000 relative au droit d’auteur et aux droits voisins du droit d’auteur et du décret N°2001/956/PM du 1er novembre 2001 fixant les modalités d’application de la loi susdite, on espérait, malgré tout, pouvoir retrouver enfin un climat serein, propice au développement du droit d’auteur du domaine musical, au respect et à l’épanouissement du musicien. Il n’en a cependant rien été. Les couteaux ne sont pas rentrés dans les fourreaux.

Les musiciens se sont rangés en ordre de bataille : les uns attaquent, les autres contre-attaquent. Sous le regard hilare du public qui s’accommode de moins en moins de ce spectacle de mauvais goût et dans l’indifférence révoltante de la Cpmc et du Minac. A quand un sursaut surprenant de bonne gouvernance venant de la Primature et même de la Présidence de la République ? Aujourd’hui, le prétexte n’est-il pas tout indiqué pour le Premier Ministre et le Président de la République d’en savoir davantage sur le fonctionnement des organismes de gestion collective du droit d’auteur au Cameroun?

Par Manfred Moumi N., Journaliste, Responsable de la communication de la Cameroon music corporation (Cmc)

@Le Messager

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