Distinction: Manu Dibango encore honoré en France

L'artiste qui va bientôt célébrer son 80ème anniversaire a reçu une décoration de la municipalité parisienne le 17 septembre dernier.

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Le célèbre saxophoniste camerounais, Manu Dibango, vient d'être décoré en France de la médaille du «Grand Vermeil» de la ville de Paris. Cette décoration lui a été remise par Bertrand Delanoe pour sa relation particulière avec la France et la ville de Paris. En effet, le festival «Soir au village» créé par Manu Dibango, il y a 16 ans, est devenu une référence dans le domaine des musiques actuelles. L'icône camerounaise fête ses 80 ans le 12 décembre 2013. Saxophoniste, pianiste, vibraphoniste, chanteur, compositeur, arrangeur, chef d'orchestre et joueur de marimba, Manu Dibango naît le 12 décembre 1933 à Douala au Cameroun.

En 1973, «Soul Makossa» déferle sur les ondes aux Etats-Unis et devient un tube planétaire. Manu et son saxophone sont alors sous les feux des projecteurs internationaux. Trente ans plus tard, le titre est encore d'actualité, car extrêmement «samplé». De Michaël Jackson à Caméo, Full Force, C&C Factory, Jay-z, en passant par Jennifer Lopez, très peu ont résisté au Mamako, Mamasa, Mamamakosa sans y mettre leur touche. Symbole de la musique world, Manu Dibango la transporte au maximum sur tous les continents. Son action humanitaire aussi. S'il aime le gospel, c'est surtout parce qu'il lui rappelle son enfance. Sans grand hasard, il est aujourd'hui ambassadeur de l'éclosion de l'Acid-jazz.

Tout ça pour un seul homme. Ingrédient épicé de la scène musicale internationale, il vogue sur les courants musicaux comme il respire. Son nomadisme musical a récemment contribué â sa collaboration avec des orchestres classiques tels que l'Orchestre symphonique de Rotterdam (Métropole Orchestra), et dernièrement avec l'Orchestre de Paris. Manu incarne ainsi un demi-siècle de métissage des musiques africaines et de jazz, depuis ses débuts sur les scènes bruxelloises.

Devenu artiste de l'Unesco pour la Paix, Manu veut mettre son expérience et sa notoriété au service de l'universalité culturelle. Comme à son habitude, il compte bâtir un pont plus vibrant entre l'Afrique et l'Occident, à travers la culture. Car, et pour le citer, «on ne peut pas peindre du blanc sur du blanc, du noir sur du noir; nous sommes tous les révélateurs les uns des autres». A 80 ans, et toujours aussi en avance sur son époque, il reste un artiste infiniment respectable dont les mélomanes n'ont pas fini de découvrir le génie.

© J.N.N. | Le Jour

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