Disparition de Melvin Tchamba Ngassam: De nouvelles révélations choquantes sur l'affaire

La famille et les amis demandent la reprise des enquêtes au Congo Brazzaville, sur les circonstances de l'évaporation mystérieuse de l'ingénieur forestier camerounais.

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Notre compatriote Melvin Tchamba Ngassam a disparu dans la nuit du 07 au 08 avril 2011 dans le district de la Zanaga en République du Congo. Cet ingénieur était en mission de travail pour le compte de la société Geospatial Technology Group Congo. Le technicien avait été initialement recruté, par GTG Cameroun sise à Tsinga et muté en octobre 2010 à la GTG Congo. Les conclusions des enquêtes administratives et judiciaires ont émis deux hypothèses. Notre concitoyen se serait suicidé ou alors aurait perdu ses repères en forêt congolaise. Un examen minutieux du rapport fait, dégage de nombreuses zones d'ombre.

La note d'analyse des procédures d'enquêtes menées en, territoire congolais fait ressortir une série de constats. L'article 117 alinéa 2 du code de la famille congolais, dispose que 6 mois après la disparition d'une personne sans nouvelle, qu'on pourrait la déclarer décédée. Le code en ses articles 109, 110, 111, 113, 114 et 115, dispose qu'il faudrait d'abord une présomption d'absence prolongée durant deux années, avant de demander un jugement de décès de la personne disparue. Dans le cas d'espèce, Melvin Tchamba Ngassam est porté disparu dans la nuit du 07 au 08 avril 2011.

Fort curieusement c'est seulement 18 jours après, que la GTG Congo a saisi le Juge et obtenu par jugement du 27 mai 2011 la déclaration de décès de sieur Tchamba Ngassam. Le Collectif Retrouvez Tchamba Ngassam Melvin relève que l'employeur s'est précipité pour dissimuler certaines irrégularités face à ce drame. Par ailleurs comment comprendre d'après certaines sources que, la société GTG Congo, ait décidé d'attribuer un treizième mois de salaire uniquement aux employés qui étaient en mission avec Tchamba Ngassam. C'était quelques semaines après sa disparition, alors qu'il n'y a jamais eu de treizième mois de salaire, ni avant 2011, ni après 2011 au sein de cette entreprise? Comment comprendre que le Directeur régional de GTGC à Pointe Noire ait demandé aux gendarmes chargés de garder à vue, les collègues de Melvin Tchamba qui étaient en mission avec lui, d'affirmer qu'il s'agissait d'une affaire familiale, alors que l'ingénieur aujourd'hui disparu se trouvait loin et hors du Cameroun? Le Collectif a noté beaucoup d'incohérences sur l'arrivée tardive, des employés de GTGC à Zanaga entre 20 et 22 heures.

En effet, le récit parle de leur arrivée entre 19h 30 et 20 heures à Zanaga. Aussitôt arrivés, ils sont accueillis par leurs collègues des lieux et prennent un repas par la suite. Certains employés seraient allés regarder le match après le dîner. Les employés disent être rentrés dans leur chambre avant 22 heures. Ces délais semblent être courts pour toutes ces activités, à moins qu'ils aient arrêté de regarder le match avant la fin.

Le Collectif Retrouvez Tchamba Melvin pense que les enquêtes n'ont pas suffisamment exploité, le listing des dernières communications téléphoniques de l'ingénieur, les 30 jours précédant sa disparition. La société GTG Congo n'a pas remis à la famille Tchamba, ce téléphone encore moins sa puce. Lors de l'escale de Dolisie, il n'est dit nulle part que l'équipe conduite par Tchamba Ngassam Melvin a travaillé dans la nuit pour l'installation des logiciels. Dans le rapport, Jacques Diollase Ndinga affirme que l'installation du logiciel s'est faite la nuit avec le coordonnateur des services informatiques de la société ASIA Congo, le nommé Cyrillo Allagao. La disparition de Melvin Tchamba a été dénoncée aux autorités judiciaires congolaises par plainte datée du 21 avril 2011.

Cette saisine des autorités judiciaires était trop tardive. GTGC n'a pas fait assez de médiatisation autour de la disparition de l’ingénieur forestier. Ce qui semble curieux au regard de la fonction qu'il remplissait au sein de l'entreprise. Avant l'implication du Collectif, il n'y a pas eu une seule trace d'avis de recherche lancé par GTGC dans les médias congolais. Jean Jacques Hector Ngono, le Sous-Préfet du district de Zanaga a adressé au MINREX le 13 mars dernier un rapport. Ce document regorge beaucoup d'incohérences. Sur un plan purement protocolaire, on serait fondé à se demander pourquoi, il reviendrait au Sous-Préfet de Zanaga d'adresser ce type de correspondance au Ministère des Relations Extérieures. Le principe de réciprocité voudrait que cela soit fait par le Ministre congolais des Affaires Etrangères.

Une descente du père de Melvin Tchamba au Congo, ne lui a pas permis de mettre le doigt sur la vérité. L'Avocat de la GTG Congo a convoqué le patriarche Tchamba pour un arrangement à l'amiable. Ses déplacements en terre congolaise étaient surveillés à la loupe. Il n'a pas accepté la suggestion de l'Avocat. Du côté congolais, cet épisode a été mal interprété. On a demandé à papa Tchamba de laisser tomber ce dossier. Il est question pour lui de ne plus évoquer la disparition de son fils. D'après nos investigations, la disparition mystérieuse de Melvin Tchamba ne serait pas la première à GTG Congo. On signale d'autres disparitions tout aussi troublantes. Seulement, le cas Melvin Tchamba Ngassam ayant connu une forte médiatisation, GTG Congo aurait opté de faire un jugement de déclaration de décès.

Cette initiative a été prise pour clore le dossier et passer sous silence toutes revendications éventuelles. Le rapport de la justice congolaise fait état de ce qu'on aurait retrouvé un médicament dans le sac de Melvin Tchamba Ngassam. Ce médicament dénommé Fluctine Genpharma 20 mg contenant de la fluoxétine serait un antidépresseur. Selon le rapport de la justice congolaise, il est dit que ce produit pharmaceutique est préconisé dans les épisodes dépressifs majeurs et dans les troubles obsessionnels compulsifs. Au vu de toutes ces incohérences et démarches malsaines, le Collectif Retrouvez Tchamba Ngassam Melvin pense que GTG Congo aurait pour but de démonter que notre concitoyen est décédé. Il est question de passer à autre chose, sans que l'opinion ne soit éclairée. Depuis le 12 mars 2013 le Collectif a entrepris de mettre sur pied, une pétition citoyenne en ligne pour recueillir un maximum de signatures. Ce document sera ensuite remis aux gouvernements congolais et camerounais.

© Lucien Embom | Le Soir

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