Déontologie-pratique du journalisme: Défaut de l'utilisation citoyenne de la liberté d'expression au Cameroun

Les journalistes de plus en plus s'égarent du professionnalisme et de la vérité de l'information que leur imposent leur métier. Un séminaire pour leur recyclage a été initié par la société civile les 17 et 18 avril 2012 à Douala.

Ils étaient une vingtaine de participants, en l'occurrence les hommes de medias, à être formés du mercredi le 17 au jeudi 18 avril 2013. Une des salles de conférence du Capitol Hôtel dans la métropole économique a servi de cadre à la formation. L'initiative est de l'ONG «Un Monde Avenir», en partenariat avec d'autres associations telles «Zenü Network», «Article 55», «Reach out», etc. Parmi les modules abordés, nous pouvons citer: la liberté d'expression et responsabilité citoyenne du journaliste, les conditions de travail de ce dernier, le concept de journalisme citoyen.

Des intervenants n'étaient autres que les promoteurs des organisations et des enseignants agrégés ayant fait leurs preuves dans le métier de journalisme. Sur la question de la liberté (l'expression et responsabilité citoyenne, il a été noté de prime abord que la liberté est l'état d'une personne qui n'est pas sous la dépendance absolue d'une autre, l'absence de contraintes (externes ou internes). La liberté d'expression quant à elle, est le pouvoir d'agir au sein d'une société organisée selon sa propre détermination mais dans les limites des règles de l'art définies par cette société. Autrement dit «le droit de dire ce qui n'est pas interdit de dire.

La contrainte dont on parle et que la liberté n'admet pas est la contrainte illégitime (la censure), amorale (contre les normes) et immorale (pour protéger un certain nombre d’éléments)», définit Jean Baptiste Sipa de l'association «Article 55». Pour ce dernier, c'est la responsabilité du journaliste qui confère à la presse son pouvoir, tant que le journaliste comme c'est malheureusement le cas de nos jours, ne saisit pas que la liberté d'expression est un instrument qui fait de lui ce qu'il est, non une fin, la presse perd son pouvoir et flétrit sa crédibilité, a-t-on retenu. La liberté d'expression, aussi mal appréhendée, donne naissance à l'absence de vérité dans les faits qu'on rapporte.

Pourtant le journaliste doit, apprend-on, utiliser la liberté d'expression avec discernement, indépendance et courage. Eviter de publier un article pour faire plaisir à un individu en compensation d'un présent reçu, être conscient du fait qu'a tout moment, il est responsable de la société aussi bien que les administrateurs publics (maires...). «A la seule différence que son rôle est un rôle d'éveil, d'éclairage, d'interpellation, d'éducation. Il ne faut pas aliéner son pouvoir par le matériel. L'information est le fondement de la société et du savoir», conseille l'ancien Directeur de publication du quotidien à capitaux privés «Le Messager». Les participants ont mesuré l'ampleur de leur mission et la délicatesse des mots usités considérés alors comme des armes redoutables. Ils réagissent. «J'ai été heureux de participer à la formation car la misère, les mauvaises conditions de travail et le non respect de la Convention collective par nos patrons font que régulièrement nous nous écartons du code de déontologie du journaliste. Un séminaire comme celui qui prend fin à l'instant permet de revoir notre manière de gérer l'information», se réjouissent les destinataires de la formation.

Leur rôle est d'autant plus délicat quand on sait que les articles 1 et 21 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme leur confèrent une liberté qui deviendrait tyrannique si elle n'est pas accompagnée d'une responsabilité rigoureuse. Révélateur du passé, témoin du présent, instigateur de l'avenir, le journaliste doit analyser les faits et projeter son analyse dans l'opinion afin que celle-ci soit participative et citoyenne, d'où le lien entre la liberté d'expression et la responsabilité citoyenne, expliquent les orateurs. Sans oublier que seule la vérité libère et garantit la liberté du journaliste. Même s'il subit des intimidations et autres pressions, il doit garder à l'esprit que la vérité est le rempart de sa profession.

© Linda Mbiapa | Aurore Plus

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