Démission du pape: Une visite de Paul Biya au Vatican annulée

Selon notre confrère Jeune Afrique, la démission de Benoit XVI contrarie les projets du président camerounais qui voulait s’y rendre fin mars 2013

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Le président camerounais est une des victimes collatérales de la vacance du siège apostolique qui commence le 1er mars 2013. Le chef de l’Etat camerounais entendait donc reprendre le chemin de l’Occident aussitôt revenu au Cameroun après 12 jours de visite de travail en France entre le 28 janvier 2013 et le 7 février 2013. Paul Biya, de confession catholique, envisageait une visite au Saint siège de l’église le 28 mars 2013. Du moins l’information figurait dans l’agenda du Pape Benoît XVI avant qu’il ne soit chamboulé du fait de l’annonce de la renonciation du souverain pontife qui prend effet le 1er mars 2013.

D’après le journal panafricain Jeune Afrique qui annonce cette nouvelle en exclusivité, Paul Biya dont la dernière visite au Vatican remonte à la béatification de Jean Paul II en mai 2011, va devoir attendre l’élection d’un nouveau pape pour se rendre à Rome. Des sources dignes de foi, Le Messager a appris que cette énième visite que s’apprêtait à rendre le président camerounais au Saint siège, doit être vue à travers deux prismes : l’un, d’un chef d’Etat qui réchauffe les contacts avec un homologue [le Vatican est un Etat dont le pape est le chef] et l’autre, celui d’un fidèle catholique qui va à la rencontre du chef de l’église romaine.

Cette dernière grille de lecture a plus d’intérêt pour Gérard Amougou. Le chercheur en sciences politiques qui note que la visite avortée du président de la République aurait été la 3e en huit ans, observe que vu l’âge du président (80 ans) son origine et son parcours scolaire [Paul Biya, fils de catéchiste a été pensionnaire du séminaire] il est clair que dans les étapes décisives de sa vie, il recherche des forces auprès de l’église. Pour l’attester, le politologue rappelle la messe « sollicitée » par le président au lendemain de sa dernière prestation de serment, le 4 novembre 2011. « Le président a atteint l’âge où tout homme songe à ses rapports avec l’absolu, la mort.

Chacun vit cette période en fonction de son éducation, de sa culture. Il est possible que le chef de l’Etat qui a côtoyé l’église depuis le berceau ait choisi de la vivre près de l’église. Voilà, à mon avis, une grille de lecture intéressante de ce regain d’engouement pour la région affiché par Paul Biya », commente-t-il. En rappel, durant 30 ans d’exercice du pouvoir, Paul Biya aura reçu le pape à trois reprises. Jean Paul II en 1985 et en 1995 et Benoît XVI en 2009.

Engagé dans la laïcité avec le retrait de la mention «Le Cameroun est placé sous la protection de Dieu» au cours de la réforme constitutionnelle de 1996, il a fait retro pédalage en 2011 en poussant l’essentiel des ministres issus du gouvernement du 9 décembre 2011 à faire dire une « messe » dans leur localité d’origine en signe d’action de grâce au Très Haut. La pratique était ainsi devenue un phénomène de mode.

© Rodrigue N. TONGUE | Le Messager

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