Ce que pèse La France au Cameroun

Malgré la percée chinoise, la France reste le principal investisseur et le premier partenaire commercial du Cameroun. Droits de l'homme, démocratie, coopération : les mots convenus ne manqueront pas, au cours des échanges entre Paul Biya et son hôte français, pour meubler la conversation.

Pourtant, plus simplement, les rencontres entre chef d’Etats français et camerounais ont d'abord pour fonction d'assurer à la France un place toujours prépondérante dans le système économique camerounais et bien entendu, d'ouvrir de nouvelles brèches pour les firmes hexagonales qui souhaitent développer leurs affaires au Cameroun, En effet, la voilure des implantations française au Cameroun est impressionnante, et difficilement égalable.Car, même si ces dernières années on assiste a une montée en puissance de la chine dans la signature de gros contrat, la présence française se matérialise concrètement par une centaine de filiales de grands groupe tricolores, et quelques deux cent entreprises appartenant a des ressortissants français établis au Cameroun.

Une situation que reconnaissent les autorités françaises, pour s'en réjouir : «La France est l'un des tout premiers investisseurs étrangers. La présence française s'appuie sur une centaine de filiales et quelque 200 entreprises appartenant à des ressortissants français ; elle est tres diversifiee (exploitation pétrolière, cultures de rente, exploitation forestière, sucre, brasseries, cimenterie, téléphonie mobile, logistique et transport ferroviaire, téléphonie mobile, banque, assurance).

Les groupes français sont notamment presents dans les secteurs des hydrocarbures, de l'agroalimentaire, du ciment, du bois, du BTP, des télécommunications et de la logistique. En outre, l'implantation d'environ 200 PME-PMI fondées par des Franco-Camerounais témoigne de la vitalité des liens économiques tissés entre nos deux pays », peut on lire dans une fiche-pays du ministère français des affaires étrangères, consacré au Cameroun.

Dans le détail, on note que même si la mastodonte total s'est désengagée de sa composante exploration et production au profit de Perenco un autre groupe français spécialisé dans le forage des petits puis pétroliers, de nombreuses autres firmes françaises prospèrent dans les métiers juteux. Par exemple, GDF-SUEZ étudie le projet de liquéfaction du gaz sur le site de Kribi tandis que dans la téléphonie mobile, Orange réalise des gains plantureux. Idem pour l'agro industrie, avec la production des bananes d'exportation, et d'huile de palme.

Plus connu, le groupe Bolloré est présent dans les ports notamment avec gestion du terminal a conteneurs de Douala et son projet d'exploiter un des terminaux du port en eaux profondes de Kribien plus du chemin de fer Douala-Ngaoundéré et des firmes de transit. Autres grandes entreprises françaises connues, les Brasseries du Cameroun et Cimencam, qui dominent respectivement les secteurs des boissons et du Ciment.

En plus de cette forte présence des entreprises qui rapatrient des bénéfices importants, les échanges commerciaux entre les deux pays font du Cameroun un débouché de choix pour les produits français. Ainsi, malgré l'apparente invasion du marché camerounais par les produits chinois, la France reste le premier fournisseur du Cameroun devant la Guinée équatoriale (pétrole) et la Chine. Le solde commercial France-Cameroun en 2011 a présenté un excédent de près de 224 milliards Fcfa au bénéfice de la France sur un total de d'environ 415 milliands d'exportation françaises vers le. Cameroun.

Les exportations françaises vers le Cameroun, en hausse constante sont constituées de produits pharmaceutiques (55 milliards Fcfa), de produits agricoles (52 milliards), de machines industrielles (50 milliards) et de matériels informatiques (37,3 milliards). Les importations françaises (190 milliands de francs Cfa), consistant principalement en pétrole, bananes, cacao, aluminium et bois.

© La Nouvelle Expression : François Bambou

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