CAMEROUN - TÊTES BRÛLÉES : ÇA BRÛLE À NOUVEAU DANS L’ÉCURIE

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A la faveur d’un spectacle programmé le mois dernier, les différents protagonistes ont ressorti leurs sabres.

Mardi 19 février 2013, l’ambiance est tendue dans le hall du centre culturel français de Yaoundé, qui attend d’accueillir en cette fin de journée la dédicace du livre sur l’un des génies de la musique camerounaise passé comme un météore : «Zanzibar Epeme Théodore : La passion du Bikutsi». Livre coécrit par Joseph Fumtim et Anne Cillon Perri et édité par Ifrikiya. La tension est à couper au couteau entre Jean Marie Ahanda, créateur du mythique groupe de musique Les Têtes Brûlées et ceux qui composent en ce moment cette écurie créée au début de la décennie 1980. La pomme de discorde : le premier cité aurait demandé aux responsables du Ccf d’annuler le spectacle prévu trois jours après, précisément le 22 février 2013.

«Ils m’ont convoqué à la gendarmerie parce que j’ai dit qu’ils n’avaient pas le droit de programmer un spectacle sans mon accord. Je reste quand même le propriétaire du label Têtes Brûlées», explique Jean Marie Ahanda, visiblement désabusé. Selon Roger Bekongo, présenté aujourd’hui comme le leader du groupe, «nous avons porté plainte contre Jean Marie Ahanda à la brigade de gendarmerie d’Emombo [Yaoundé, Ndlr] pour abus de confiance.

Il ne s’est pas présenté», confie-t-il. En effet, Jean Marie Ahanda ne reconnaît en ce groupe aucune existence. Dans une correspondance électronique avec l’un des responsables du Ccf de Yaoundé, Jean Marie Ahanda écrit : «J’apprends que vous programmez les Têtes Brûlées sans ma permission. Comment réagiriez-vous après ma plainte ? Ce nom est une marque déposée à l’Oapi à cause de ce genre de comportement. Je vais d’abord contacter votre directeur et lui signifier notre conversation et votre refus de m’écouter». Peine perdue car, le spectacle sera programmé et les Têtes Brûlées se seront produits le vendredi 22 février 2013 avec les quatre membres de l’actuel groupe.

«Nous avons saisi un avocat, qui nous a rassuré que nous pouvions nous produire», confie Roger Bekongo. Le groupe est composé de Roger Bekongo (solo), André Afata à la batterie, Tundé à la guitare rythmique et Jacky Bass, la seule femme, à la guitare basse. Jean Marie Ahanda, se souvient le leader du groupe Roger Bekongo, leur avait servi une correspondance le 23 novembre 1994 avec en objet «fin de contrat». Jean Marie Ahanda leur apprends qu’il se retire comme «Manager» du groupe.

Cofondation

En même temps, il précise que «Je reste l’unique propriétaire de ce nom et seul décideur de son avenir au Cameroun comme à l’étranger. Cette fin de contrat vous autorise à vous produire comme et où bon vous semble, à la seule condition de ne pas utiliser la marque Têtes Brûlées à l’affiche sous peine de poursuites». Dans le même échange procédé via le réseau social Facebook, Jean Marie Ahanda lance : «Les Afata n’ont qu’à créer leur groupe ou me demander avant tout mouvement mon accord. Il s’agit de la défense de mon droit, et non du chantage. Car, je ne demande rien en échange. Les profiteurs qui veulent profiter à retardement de ce que nous avons fait doivent attendre de contribuer d’abord», écrit Jean Marie Ahanda. La correspondance est plus que claire. D’où la rixe quasiment évitée au Ccf le 19 février dernier. Lors de cette cérémonie de dédicace, les «Têtes Brûlées» avait repris les deux titres à succès de Zanzibar : «Essigang» et «Nadège».

Or, la réplique de la partie adverse semble musclée. Pour l’actuel leader du groupe, leur détermination réside sur le fait que c’est à lui que Zanzibar a légué les Têtes Brûlées. «Un matin, lors des répétitions, Zanzibar m’avait dit : Roger, les Têtes Brûlées ne doivent pas finir parce que je ne suis plus là, alors que tu es là !» D’ailleurs, ajoute-t-il, «tant qu’on aura besoin de nous pour jouer, on va le faire. Des textes existent. Peut-être que c’est Jean Marie Ahanda qui a raison, peut-être pas. Mais, c’est nous les Têtes Brûlées», confie Roger Bekongo, qui estime que Jean Marie Ahanda, cofondateur du groupe (avec Zanzibar), les avait roulés dans la farine en leur faisant signer un contrat en anglais.

«Nous étions en France et il nous a fait signer un contrat en anglais, sachant que nous ne sommes pas allés à l’école», se plaint Roger Bekongo. Le contrat date du 11 juin 1988. C’était alors le début de la «guerre» entre Jean Marie Ahanda, journaliste culturel à Cameroon Tribune, cofondateur des Têtes Brûlées et les autres membres du groupe, dont l’autre cofondateur Zanzibar. Et, visiblement, la hache de guerre n’a jamais été enterrée. Des choses ont été dites, comme chez la plupart des Africains, sur le décès de Zanzibar

© Source : Mutations

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