Cameroun,Notes de lecture:Eric Essono Tsimi, « Le principe de double nationalité au Cameroun », L’Harmattan, novembre 2012

Eric Essono Tsimi:Camer.beOn est Camerounais ou on ne l’est pas. Dans son ouvrage, Eric Essono Tsimi plaide pour la refondation du code de la nationalité au Cameroun...

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Notes de lecture.Il s’appelle Francis Dooh Collins. Il serait un expert financier. En 2006, il est commis par le ministre de la Justice de l’époque, Amadou Ali, pour traquer les fonds publics détournés et supposés planqués dans des paradis fiscaux à travers le monde. Pour cette opération, Dooh Collins reçoit environ 800 millions de francs Cfa. Sept ans plus tard, l’expert financier n’a pas ramené le moindre centime.

Décrit par les Américains dans les câbles wikileaks comme un « imposteur mythomanes », Dooh Collins sent le danger et songe opportunément à sa nationalité française. Il sort son passeport français pour tenter d’échapper à une inévitable bourrasque. Il est stoppé net à l’aéroport. Avril 2012. Présidentielle française. De nombreux Camerounais apprennent, ahuris, que l’administrateur directeur général de la Société nationale des hydrocarbures (Snh), Adolphe Moudiki, est en réalité un Français, fier de l’être. Ce jour-là, on le voit aligner devant l’ambassade de France où il s’apprête à accomplir son devoir de citoyen… français. Ces deux anecdotes ont chaque fois suscité le débat autour de la question de la double nationalité au Cameroun. Eric Essono Tsimi, dans son ouvrage « Le principe de double nationalité au Cameroun » a un avis plutôt tranché : « Le choisi c’est le choisi. »

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Pour l’auteur, si le développement du Cameroun implique qu’on prenne en compte l’apport de chacun de ses fils où qu’il se trouve, il reste qu’il s’inscrit en faux contre ce qu’il appelle « la nationalité camerounaise à temps partiel » et souhaite plutôt le principe du « un individu, une seule nationalité ». « La double nationalité peut se révéler un bourbier, écrit-il. Elle n’est la solution à aucun problème actuel.

Le Cameroun a un devoir impérieux de consolidation de son esprit public. La nationalité camerounaise s’arc-boutera toujours sur des éléments volontaires et moraux. L’acquisition de la nationalité camerounaise doit être sous-tendue par deux exigences : reconnaissance et engagement. » Suffisamment documenté, le livre d’Eric Essono Tsimi a le mérite d’aborder, de manière courageuse et presque frontale, un sujet que les politiques évitent soigneusement.

De nombreux Camerounais disséminés dans le monde souhaitent que ce principe soit admis dans la législation de leur pays d’origine. Mais, ils ont en face d’eux, d’autres Camerounais qui ne voient dans la double nationalité que calcul et opportunisme… Les politiques, quant à eux, observent. Le débat est ouvert. Eric Essono Tsimi, « Le principe de double nationalité au Cameroun », L’Harmattan, novembre 2012, 75 pages.

© Le Jour : Jean-Bruno Tagne

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Date de dernière mise à jour : 11/06/2013