Cameroun: Lentement, le Cameroun s'en va à la dérive

misere-pauvrete-gros-ventre-paresse.jpg

Plus de cinquante ans après l’indépendance du Cameroun, ce pays continue à être empêtré dans de multiples dysfonctionnements.

L'on avait espéré un peu naïvement que la pluie des revendications populaires des années quatre-vingt dix viendrait nettoyer le pays de la kyrielle des maux qui la minent. Erreur. Elle est venue inonder le Cameroun dans le doute et l'exaspération. Pendant que sous d’autre cieux les démocraties se profilent à l’horizon donnant naissance à la prospérité et à de l'espoir, chez nous, c’est la désolation totale. Le Cameroun disait un contemporain, est devenu un pays où les espoirs n’ont plus de place. Le peuple désabusé est obligé de mendier chez le voisin même s’il faut emprunter la pirogue au risque et péril de sa vie pour s’y rendre. Personne n’échappe à la règle. Adultes, jeunes, hommes femme-enfant…

Tous les maux ont repris du galon, la zizanie du terrain, la dictature du service. C’est dans ce pays qu’un Préfet par exemple ou un commissaire de police qui à bout portant, tire sur des manifestants qui réclament leurs droits élémentaires sans que cela n’émeut personne. C’est dans ce pays que l’impunité a le vent en poupe. Et voilà que le climat social en prend un coup et l'économie s'en va à vau-l'eau. Peu d'études sur ce pays voisin du Tchad ne laissent réellement place à l'espoir : on ne cesse d'y répéter que le Cameroun s'enfonce et devient de plus en plus « un musée des maux de l'humanité..

L'image d'un pays abandonné à un groupe de gangsters paraît résumer l'ensemble des perceptions d’un pays qui tendrait à se confondre avec la misère, la corruption et la fraude et qui serait la patrie des crises diverses. Lentement, le Cameroun s'en va à la dérive Pourtant et fort heureusement, derrière ce décor tourmenté, de nombreuses contestations voient le jour en passant par les syndicats, les associations les mouvements sociaux de jeunes et de femmes, les organisations professionnelles, environnementales, des droits de la personne…, c'est toute la géographie sociale qui est en plein désespoir.

Au Cameroun, la classe politique au pouvoir et l'opposition dite institutionnelle sont les seules à régner en véritable maîtres comme dans une chefferie traditionnelle. Cette classe ne songe, ni à traiter les questions de citoyenneté ni de susciter un dialogue social. Chacun ne pense qu’à s’enrichir illicitement, à piller l’économie du pays. Au Cameroun, on nomme souvent des ministres et les relèvent de leurs fonctions quand on veut, un peu comme un jeu similaire au « Songo » pour un président qui s’ennuie à faire et à défaire son jeux avec des pions choisis en avance. Mais pour que le peuple se lève d’une seule voie pour mettre fin à ces années de souffrance, il faut qu’on la rééduque par tous les moyens nécessaires que possibles.

Il faut créer au sein de nos associations des espaces de démocratie, fédérer nos efforts dans une dynamique de réseau et offrir des alternatives concrètes aux pratiques sociales et de développement en vigueur. C'est le prix à payer pour échapper à la crise qui guette toute initiative de transformation sociale et d’alternance politique. A nous d'éviter la deuxième éventualité et de faire en sorte que la première se réalise car, en 2018 après le premier septennat de Biya, j’aurais 34 ans. Depuis 1984, date de ma naissance, je n’ai jamais connue de joie. Un autre Cameroun est possible mais, avec la volonté de tous sans discrimination aucune.

©Camer.be : Kemta Soubi'i

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau