Cameroun - Habillement : 99% des Camerounais abonnés à la friperie

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La révélation est du ministère de l’Industrie, des mines et du développement technologique (Minimidt).

D’après le Minimidt, 99% de la consommation des vêtements est importée et provient notamment de la contrebande (Chine, Nigeria) et de l’importation massive et croissante des produits de friperie.

On apprend que ces importations sont passées de 67 milliards Fcfa en 2008, à 97 milliards en 2011, soit une augmentation de 30 milliards Fcfa en trois ans seulement. A en croire le Minimidt, ce sont donc 99% des ménages camerounais qui sont aujourd'hui abonnés à la friperie.

Le domaine qui excelle le plus est celui des vêtements. Vient ensuite celui des chaussures, ceintures, foulards et autres effets vestimentaires de seconde main venus d'Europe, c'est-à-dire déjà porté par le Blanc, qui les change systématiquement au rythme des saisons. A Douala, deux points de vente sortent du lot.

Les marchés Central et Nkol Oloun. Le déballage se passe aux premières heures de la journée, généralement entre 5 et 6 heures du matin. Certains acheteurs, pour s’alléger la tâche, se sont simplement abonnés chez des fripiers de profession qui les informent à chaque arrivage, afin qu'ils soient les premiers à arriver au « bateau » pour se servir en priorité mais pas à vil prix. Le commerce de la friperie connaît une véritable explosion dans les marchés du Cameroun. De Yaoundé à Garoua, de Bafoussam à Ebolowa de Douala à Maroua, des milliers de Camerounais vivent de ce commerce qualifié de lucratif. Ce marché, apprend-on, est en nette augmentation, à cause la de précarité socio-économique des populations dont le pouvoir d’achat est faible.

Problèmes de santé C’est justement cet argumentaire qui est déployé pour justifier le rejet des vêtements cousus sur place, qui pourtant, sont de bonne qualité, mais relégués au second rang à cause des prix jugés trop élevés, par rapport à la friperie. Du coup, les acteurs de la filière coton-textile-confection broient du noir, depuis quelques années. « Les opérateurs locaux de cette filière, pourtant considérée comme un gisement d’emploi et porteur de croissance, ne contrôle que 1% du marché national.», révèle le directeur de l’Industrie au Minimidt. Ce qui est ridicule.

C’est le marché de la friperie qui dicte sa loi. Seulement, si les consommateurs trouvent leur compte au plan vestimentaire, la friperie, à en croire professionnels de la santé, les usagers de ces biens à bas coûts s’exposent à de nombreux problèmes de santé. En effet, plusieurs virologues apprennent que les dessous de la friperie constituent un véritable nid à microbes. Généralement, expliquent les médecins, la femme est exposée aux mycoses, infections dues à un champignon, la vaginite, inflammation de la muqueuse du vagin et bien d’autres maladies de la peau.

© La Nouvelle Expression : HBE

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