Cameroun: 60% des filles sexuellement actives à 16 ans

Le gouvernement a saisi l'opportunité de la Journée mondiale de la population, le 11 juillet 2013 à Bafang, pour proposer des actions permettant de juguler la sexualité précoce.

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Pour commémorer la 24è édition de la Journée mondiale de la population (JMP) le Fonds des nations unies pour la population (Unfpa) a axé sa sensibilisation sur les «Grossesses des adolescentes». La raison étant, selon l'Unfpa, que dans le monde, «plus de 16 millions adolescentes accouchent chaque année et que 9 filles sur 10 âgées de 5 à 19 ans sont mariées». Au Cameroun, 60% des adolescentes de 15 à 19 ans sont sexuellement actives dès l'âge de 16 ans, d'après l'Enquête démographique et de santé et à indicateurs multiples (EDS-Mics) 2011. 25% d'entre elles ont enceintes.

Présidant la IMP à Bafang ans la Région de l'Ouest le 11 juillet 2013, M. Emmanuel Nganou Djoumessi, Ministre en charge de l’Économie et de l’aménagement du territoire (Minepat), a proposé quelques solutions pour juguler cette «précocité de la procréation des adolescentes». Il a appelé la communauté éducative à lutter contre pratiques coutumières qui favorisent les mariages précoces. Le Minepat pense aussi qu'il est nécessaire d'entretenir le dialogue avec les jeunes et démystifier les questions de sexualité dans les causeries familiales. Last but not the least, encourage les consultations pré et post natales.

Dans la liste des actions qui ont déjà été entreprises par le gouvernement, M. Nganou Djoumessi cite l'élaboration et la mise en œuvre d'une stratégie sectorielle de la santé et le Plan national stratégique de la santé des adolescents et jeunes qui en découle. En outre, le Minepat parle de «la réouverture de la filière Sages-femmes dans les écoles de formation des personnels sanitaires, l'intégration de l'information et de l'éducation à la sexualité dans les programmes scolaire, la vulgarisation des méthodes contraceptives avec tout récemment la réduction des coûts du préservatif féminin».

Si les solutions proposées par le gouvernement sont mises en œuvres, le Minepat a l'espoir que des adolescentes ne seront plus retirées de l'école très tôt et ne seront plus souvent mariées dès l'enfance. Elles n'affronteront plus ainsi une grossesse avant d'atteindre la maturité physique, affective et sociale nécessaire pour devenir mères. Car, indique ce Ministère, «les conséquences de ces grossesses se font ressentir tout au long de leur vie et se répercutent sur leurs enfants, les générations futures et sur le processus de développement des nations. Les grossesses des jeunes filles constituent, de ce fait, un problème de développement qui réduit les opportunités et enlisent les jeunes mères démunies, ainsi que leur communauté dans la pauvreté».

© Sylvain Andzongo | Repères

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