BURKINA FASO,FESPACO 2013: LE SÉNÉGAL RAFLE LA MISE

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Ça y est. La moisson de la 23e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) est faite.

Parmi les pays participants, c’est le Sénégal qui a raflé la mise avec deux Etalons de Yennega à savoir celui de l’or qui est revenu à Alain Gomis avec son film « Tey » et l’Etalon de bronze, remporté par Moussa Touré avec « La pirogue ». En plus de ces prix, le Sénégal s’en est tiré avec plein d’autres.

Quant à l’Etalon d’argent, il est revenu à l’Algérienne Djamila Sharaoui avec son oeuvre « Yema ». La proclamation des résultats a été faite au Stade du 4-Août le 2 mars dernier au cours d’une cérémonie qui a connu la présence du chef de l’Etat du Burkina Faso, Blaise Compaoré.

« Aujourd’hui est la dernière journée de la vie de Satché. Il sait qu’il va mourir ce soir et accepte avec beaucoup de courage son imminente fin. Il entreprend de parcourir les rues de son passé à Dakar. Tour à tour, il visite ainsi la maison de ses parents, son premier amour, ses amis d’enfance avant de finir par se réfugier auprès de sa femme et ses enfants. Cet ultime moment est à la fois plein d’appréhensions mais aussi de joies… » ; voilà le synopsis du film « Tey », qui veut dire « aujourd’hui », du réalisateur sénégalais Alain Gomis qui a damé le pion sur les 19 autres qui étaient en compétition pour l’Etalon d’or de la 23e édition du FESPACO. Ce film, déjà sélectionné au festival de Berlin, a, par son originalité et sa qualité, séduit les membres du jury de la catégorie long métrage qui l’ont, à l’unanimité, décerné le trophée le plus prestigieux du festival, l’Etalon d’or de Yennega.

Un trophée que le réalisateur franco-sénégalais a reçu des mains du président du Faso Blaise Compaoré. Les membres du jury de la catégorie long métrage ne sont d’ailleurs pas les seuls à être tombés sous le charme de ce film puisque le jury du prix spécial de l’Union économique et monétaire ouest- africaine (UEMOA) a été également impressionné. Il a, en effet, décerné le prix du meilleur long métrage à « Tey ». A la deuxième marche du podium, on retrouve l’Algérienne Djamila Sharaoui qui, avec son film « Yema », a reçu l’Etalon d’argent. La marche du podium est refermée par un autre sénégalais.

Moussa Touré avec son film « La pirogue ». Un film qui, en plus de l’Etalon de bronze, a reçu deux autres prix officiels et un prix spécial à savoir celui de l’ambassade des Etats-Unis, de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO), et un des prix spéciaux, celui du meilleur long métrage de l’UEMOA. Outre ces prix, le Sénégal s’en est tiré avec plein d’autres. Il a, en effet, raflé tous les prix spéciaux proposés par l’UEMOA : le meilleur documentaire est revenu à Khardiata Pouye avec son film « Cette couleur qui me dérange », le meilleur court métrage à Moly Kané avec « Mory » et les deux prix du meilleur long métrage sont revenus à Moussa Touré et à Alain Gomis avec respectivement la « Pirogue » et « Tey ». On retrouve également le Sénégal dans la catégorie documentaire dans laquelle le 3e prix a été décerné à Ousmane William Mbaye avec son film « Président Dia ».

Le prix de la meilleure interprétation masculine est également revenu à Saul William du Sénégal. C’est donc peu de dire que le Sénégal a raflé la mise en cette 23e édition de la biennale du cinéma africain. Derrière le Sénégal, au niveau des prix officiels, on retrouve le Burkina Faso et le Gabon qui comptabilisent trois prix chacun. Pour le Burkina, il s’agit du prix de la meilleure fiction des écoles qui a été obtenu par le jeune Jean- Baptiste Ouédraogo de l’Institut supérieur de l’image et du son avec « Une partie de nous », le prix spécial du jury dans la catégorie série obtenu par Guy Désiré Yaméogo avec « Waga love » et le prix de la meilleure interprétation féminine décerné à Mariam Ouédraogo qui a joué dans le film « Moi Zaphira » de Apolline Traoré. Une mention spéciale a, en plus, été décernée à Boubacar Diallo pour son film « Congé de Mariage ». Pour ce qui concerne le Gabon, pays invité d’honneur de l’édition2013, il s’agit du prix de la meilleure affiche, de la meilleure série télévision et du poulain de bronze qui sont revenus respectivement à Henri Joseph Koumba, à Samata Biffot et à Dialemi Nadine.

A part ces trois pays, les autres qui étaient en compétition sont repartis soit avec un ou deux trophées ou sans rien. On note que les prix ont été remis au cours d’une cérémonie qui a été riche en couleurs en son, en lumières et en spectacle. Pour ce qui est de la musique, c’est le talentueux groupe Magic System qui a été invité à la clôture de l’évènement. Ce groupe, dirigé par l’emblématique A’Salfo Traoré, a plongé le public dans la nostalgie en reprenant leur tube qui a cartonné ces dernières années. Quant au spectacle, il a, comme à l’ouverture, été orchestré par le danseur Seydou Boro, cette fois-ci avec « Le masque ». Une représentation qui a permis aux festivaliers d’apprécier la puissance et la richesse des masques démontrées par plus de 2OO danseurs. Mais avant ce spectacle et le cérémonial des feux d’artifice qui ont marqué la cloture de la 23e édition du FESPACO, le délégué général de l’évènement a annoncé cette bonne nouvelle aux festivaliers : « Pour l’édition à venir, le prix de l’Etalon de bronze passera de 3 à 5 millions, celui d’argent de 5 à 10 millions et celui d’or de 10 à 20 millions de F CFA ». Une annonce qui a été accueillie par un tonnerre d’applaudissements. De quoi donc galvaniser les réalisateurs qui doivent se mettre au travail dès à présent, s’ils veulent inscrire leur nom dans le palmarès de la 24e édition qui est prévue du 28 février au 7 mars 2015.

© Le Pays : Yannick SANKARA

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