AFRIQUE:QUAND L'EXIL SÉPARE LES COUPLES :: AFRICA

honte020412300.jpgPartie en mission aux Etats Unis d'Amérique depuis bientôt deux ans. Elle a abandonné ses enfants à son époux au Cameroun. Elle promet toujours au téléphone de revenir « demain ». Mais en vain…Lorsque Monsieur Kouamo s’est marié avec Mademoiselle Manka devant l’officier d’état civil de la ville de Kumba, (Région du Sud-Ouest) au Cameroun, il ne doutait aucun instant que c’était pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce que la mort les sépare.

 Mais, à ce jour, Kouamo n’a pas été séparé de son épouse par la mort, mais par un départ sans retour de son épouse. Cette dernière n’a jamais dit ce qu’elle exerce comme activité aux USA. Elle se contente dit-on, d’envoyer quelques fois des centaines de dollars pour réinstaller la confiance dans son ménage.

 Au Cameroun tout comme en Afrique et ailleurs dans les quatre coins du monde, ils ou elles sont de plus en plus nombreux (ses) à avoir abandonné leur foyer pour aller à l’étranger... à la recherche du bien être.

 L’exil est en train de dépeupler les familles africaines. Quand ce n’est pas le père qui s’en va, c’est la mère ou encore les enfants. Et si c’est la grand-mère qui retrouve l’un d’eux dans son exil, elle refuse à son tour de retourner dans son pays d'origine.

 L’amour dans les foyers tend à disparaître au profit du rêve de s’évader pour l’étranger.6

 Personne ne se pose des questions sur la profession du membre de la famille qui a réussi à quitter son pays natal. Tout se résume autour des sommes d’argents que ceux restés au pays reçoivent. Ainsi se gère le quotidien des familles vivant séparées à des centaines voire des milliers de kilomètres.

Tenir le coup en l’absence de son mari ou de la femme, n’est pas facile. Surtout que les conditions dans lesquelles les personnes ayant abandonné leur famille ne sont pas du tout honorables.

Ce qui fait mal, c’est l’absence de l’être aimé dans l’éducation des enfants. Les enfants cherchent toujours leur papa ou leur maman. Mais la réponse qu’ils reçoivent est la même à chaque fois qu’ils sont inquiet : il va venir.

En Afrique chacun veut être comme l’autre quelle que soit la voie empruntée et le phénomène de l’exode des femmes et des hommes mariés toucherait davantage les zones urbaines selon les enquêtes de l’association Partage / Cameroun, publiées le 20 décembre 2012.

 Selon la même association, les cybercafés des grandes villes africaines, sont bondées des femmes mariées qui, de plus en plus sont les plus intéressées par les sites Internet proposant des liaisons avec des Européens.

 Certains hommes acceptent le départ de leur épouse parce qu’ils se sentent limités financièrement. Contrairement aux femmes qui ne souhaiteraient pas que leur époux s’exile.

 Dans plusieurs ménages de nos jours en Afrique, la séparation c’est l’option que certaines femmes choisissent lorsque leur conjoint ne donne plus signe de vie et ne transfère plus d’argent. Quelque fois, ce sont les transferts d’argent que l’exilé effectue en direction de sa famille qui maintient le ou la partenaire resté (é) au pays.

 Certaines épouses esseulées finissent par prendre un amant. Pour retrouver la chaleur et de la tendresse d’un homme et vis versa. L’exilé quant à lui se « dépanne » comme ça se dit dans le jargon des immigrés en Europe.

 Que faire ? Rester et pleurnicher devant ses gosses ou partir pour ne plus revenir ? That’s the question.

© Camer.be : Hugues SEUMO

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