50ème anniversaire de l’OUA: Moukoko Mbonjo fait honte au Cameroun en faisant voyager une delegation d'artistes avant la date de leur invitation

Dans la précipitation ou la confusion, le Ministre des Relations extérieures a fait voyager une délégation d'artistes musiciens pour les festivités du cinquantenaire de l’OUA. Le Comité d'organisation n'étant pas au courant de leur arrivée, les a carrément renvoyés vérifier la date de l'invitation.

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Le Cameroun serait-il devenu l'empire des confusions à l'échelle internationale? Après l'incident diplomatique survenu au dernier sommet des Chefs d'Etats du golfe de Guinée, à l'aéroport de Yaoundé, à savoir la confusion de la photo du Président de transition de la Guinée Bissau, Manuel Serifo Nhamadjo, avec celle de son prédécesseur, voilà que le Ministre des Relations extérieures vient saler l'addition en confondant les dates des festivités auxquelles la délégation camerounaise était conviée. Une source proche du Ministère des Relations extérieures où trône Pierre Moukoko Mbonjo de son petit nom d'artiste Peter Moukoko, indique que lors de la célébration du 50ème anniversaire de l’OUA, le 25 mai dernier, plusieurs activités sportives et culturelles ont été organisées impliquant toute la diversité africaine.

C'est dans ce cadre qu'une invitation est adressée au Cameroun pour qu'il apporte sa contribution à la réussite de cet évènement, à travers l'envoi d'un orchestre d'une quinzaine de musiciens à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. Sauf que la petite précision qui échappe aux Camerounais, c’est que les festivités s'étalent sur une période d'un mois, et, le pays de Paul Biya sera plutôt convié pour prester en juin et non en Mai comme le Minrex l'a fait annoncer à toutes les instances dirigeantes au Cameroun. A la Primature, une autre source révèle qu'une correspondance du Minrex a atterri dans les services du Pm, sollicitant la saisine au Ministère des Arts et de la Culture pour que celui-ci envoie un orchestre d'animation à Addis-Abeba.

C'est ainsi, selon la même source, qu'une correspondance signée de Louis Paul Motaze arrive dans les services d'Ama Tutu Muna avec des dates transmises depuis le Ministère des Relations extérieures. Ne se doutant de rien, le Minac commet rapidement le montage d’un groupe d'artistes musiciens habitués à prester dans des grandes occasions et désigne comme chef de délégation, un cadre de son département en la personne de Joseph Jean Paul Eloundou Atangana. Ce dernier Malheureusement, prend le risque de mener sa mission sans échanger avec ses hôtes Addis-Abeba pour connaître les dates exactes des manifestations. Selon des sources crédibles, Joseph Jean Paul Eloundou Atangana qui appartient encore au siècle passé, c'est-à-dire qu'il ne s'est jamais arrimé aux nouvelles technologies de l'information et de la communication, n'a pas trouvé important d'échanger par mail avec ceux qui l'attendaient.

Accord parfait Conséquence, sa joie d'être arrivé à Addis-Abeba avec la délégation qu'il dirige, sera de très courte durée. La douche froide lui sera administrée quand à l'Ambassade du Cameroun en Éthiopie, on lui apprend que certes le Cameroun est attendu, mais il s'est trompé de date. Joseph Jean Paul Eloundou Atangana Eloundou tente alors par tous les moyens de démontrer qu'il n'a pas atterri dans la capitale éthiopienne au hasard en brandissant les documents signés par le Minrex, la Primature et le Minac. Rien n'y fait. Au contraire, un Camerounais travaillant à l'Ambassade va faire le reproche au chef de la délégation son imprudence en ces termes: «Vous aussi Camerounais, à quoi sert Internet? Vous auriez pu nous contacter par mail à l'adresse qui se trouve justement sur vos documents. Vous auriez pu éviter à ces pauvres musiciens de voyager inutilement ». Toute honte bue, la délégation n'a qu'une seule envie, celle de retrouver le bercail. Sauf que dans ce cas il faut s'apprêter à payer des frais supplémentaires pour cause de changement volontaire de dates de vol d'Addis-Abeba à Yaoundé. Ce qui encore une fois, n'a nullement été prévu par le Minac.

La seule solution pour laquelle opte Eloundou Atangana, c'est de rester en Éthiopie jusqu'à la date du vol retour pour Yaoundé. Pendant ce temps, les musiciens vont allègrement côtoyer la galère et l'oisiveté pendant une semaine entière, même s'ils seront payés plus tard pour une mission non accomplie. Ce sera beaucoup moins un problème pour le proche collaborateur d'Ama Tutu Muna que l'on pré¬sente comme un accro du tourisme, en tant que chef permanent des délégations qui partent généralement du Cameroun. Il confie néanmoins son entourage que la faute ne lui revient pas mais, plutôt au Ministre des Relations extérieures. Mais depuis que certains observateurs ont été mis au courant de ce camouflet à l'endroit de l'Etat camerounais, ils ont conclu que la négligence de Pierre Moukoko Mbonjo, ancien musicien sous l'appellation de Peter Moukoko, ajoutée à l'imprudence et l'ignorance de la modernité par Eloundou Atangana, un intrigant connu dans les couloirs du Ministère de la Culture, cela constituait un accord parfait pour une musique qui n'aura eu aucune chance d'être jouée à Addis-Abeba.

D'autres observateurs pensent même que Peter Moukoko qui a, selon une indiscrétion, horreur de son passé de musicien, n'a sûrement pas pris la peine qu'il faut pour vérifier l'information, les dates, les contours de l'organisation. On soupçonne également qu'il s'est certainement dit: encore une histoire de musiciens! Mais qu'a-t-il donc contre la musique qu'il a pourtant si bien pratiquée dans le passé? Son titre «le nouveau millionnaire» résonne encore dans la tête de plusieurs mélomanes qui réclament jusqu'aujourd'hui, son retour dans l'art, ne serait-ce qu'en tant que Ministre des Arts et de la Culture. Mais on n'y est pas encore.

© Conrad Atangana | La Nouvelle

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