Construction du 2eme pont sur le Wouri: Gros flou autour de l'attribution du marché

II ne manque pourtant pas de tenter à donner une explication dans une interview accordée au quotidien Mutations du 26 septembre dernier, en déclarant l'appel d'offres infructueux, et en précisant que la société Razel est un «groupement d'entreprises qui a été techniquement qualifié pour l'ouverture des offres financières, mais elle présente un dépassement de 10 milliards de FCFA de la provision budgétaire des travaux».

A ce stade on se serait attendu à un autre appel d'offres Que non, le ministre a préféré un arrangement parce que «le règlement du marché stipule que le maître d'ouvrage engage les négociations avec le mieux disant pour une revue à la baisse des prétentions financières», avant de poursuivre tout en se dédouanant que «par définition, le principe de la négociation c’est le maintien de l'offre technique mais l'amendement de la méthodologie, la reconsidération de certains éléments gravitant autour de la réalisation et surtout, le rabais commercial...».

Tout est dit, le ministre semble avouer qu'il a subit des pressions. «Lorsque la convention de financement proclame le respect de la concurrence et de la transparence; le code des marchés publics le réaffirme, que toutes les autorités vous y encouragent, partageant ainsi la pertinence de vos convictions personnelles, vous ne pouvez que persister dans cette voie. Mais sil advient que d'autres préoccupations imposent un changement de cap et que le nouveau vous est indiqué, vous mettez tout en œuvre pour ce nouveau cap. Tel est la quintessence des péripéties de cet appel d'offres». Le terme" indiqué" ici a tout son sens. Toutefois, le ministre Amba Salla aurait subi des pressions. Mais de qui? De la France certes, avec l'entremise d'une camerounaise.

Françoise Etoa

Ce nom a été célèbre dans l'affaire qui l'a opposé à Jean Claude Bekolo Mbang. Une affaire d'escroquerie qui attend son dénouement au tribunal de grande instance d'Ekounou. Bekolo Mbang l'a avoué à mots découverts: «Françoise Etoa était venue me voir dans mon bureau pour que je l'aide à rencontrer le ministre Amba Sulla. Sine die j'ai appelé le ministre qui est venu et nous avions tenu une tripartite». Sauf que les termes de ce huit dos d'un autre genre étaient considérés comme un secret d'Etat. Selon nos sources, des pots de vin auraient circulé. On parle d'une négociation ou chaque partenaire devait avoir 50.000.000 de FCFA. Mais dame Françoise Etoa n'est jamais rentrée en possession de son pactole, soulagé par un certain...Bekolo Mbang?

On comprend dès lors pourquoi le ministre des Travaux s'est empressé de déclarer l'appel d'offres infructueux et d'engager des négociations avec Sogéa-satom, une société appartenant au groupe français Vinci construction. Selon nos recoupements, dame Etoa n'était rien d'autre que la démarcheuse de ce groupe au Cameroun.

Tractations Dame Etoa n'était pas la seule.

L'Agence française de développement, qui financera le projet à hauteur de 88 milliards sur les 100 nécessaires, a également contribué à l'attribution du marché à Sogéa-satom. Mi octobre, le chef de l'Etat Paul Biya reçoit au palais de l'Unité le Pdg de Vinci construction, venu en mission commandée. Selon des indiscrétions crédibles, François Hollande aurait touché un mot à propos à Biya lors de son séjour congolais.

L'ambassadeur de France également aura pesé de tout son poids pour que cette société soit attributaire du marché. En tout état de cause, c'est une mafia qui aura influencé l'acquisition de ce marché avec le concours d'une franco-camerounaise qui malheureusement s'est fait flouer.

Source: Sans Détour

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