Défilé Dior - Printemps/été 2013

Particulièrement attendu, le premier défilé prêt-à-porter de Raf Simons chez Dior tente de rompre définitivement avec l'ère John Galliano en écrivant une partition où épure et efficacité remplacent théâtralité et opulence...

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En décidant d'ouvrir son défilé sur diverses déclinaisons du smoking (entre veste-bar aux proportions maitrisées, pantalons fittés et robes-vestes), Raf Simons donne le ton : la femme Dior en a définitivement fini avec les corsets et autres carcans passéistes. Sous la houlette du créateur belge, la belle endormie se libère en effet de l'héritage Galliano et embrasse une nouvelle féminité, faite de lignes fortes, de sensualité et d'intemporalité.

Fort de son incontournable grammaire minimaliste, Simons lui imagine ainsi une garde-robe aussi élégante que contemporaine, avec comme pierre angulaire la robe blazer. Déclinée sous toutes les coutures, cette dernière joue avec la notion de sex appeal, tout en se conjuguant sur une note ultra chic. On remarque au passage la réapparition - sous une forme plus épurée - des micro robes couture aperçues lors du défilé de juillet, qui s'avèrent ici tantôt sublimes, tantôt un brin moins convaincantes.

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S'en suivent des passages en demi-teinte, où l'expérimentation prend souvent le pas sur la joliesse des silhouettes. Difficile en effet d'être transporté d'enthousiasme devant les mix blazers/organza et autres toilettes aux patchs en sequins manquant d'évidence...

Raf Simons ne tarde cependant pas à reprendre le pouvoir en livrant de mutines créations aux plissés asymétriques dégoulinant en traine fluide sur d'amples shorts carbone, puis en condensant sur une seule et même robe toute sa magie créative : entre ligne A, ajours subtils et doublures jaune acide, le créateur parvient ici à marier harmonieusement classicisme, radicalité et twist novateur.

On note également la présence de quelques variations réussies autour de la petite robe noire (dont les jeux de plissés suffisent à lui insuffler une délicate allure juvénile), sans parler de la sublime toilette bustier bleu marine aux jupons asymétriques et à l'énergie poétiquement moderne.

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Et si l'on regrette que le défilé ne se soit pas conclu sur cette élégante note "soir" (les robes du final associant ample jupon fleuri et top carbone légèrement translucide faisant un peu trop penser à l'apparition quelque peu ratée de Léa Seydoux en Dior automne/hiver 2012-2013), on ne peut globalement que saluer la prestation de Raf Simons.

En décidant d'affranchir la femme Dior de ses froufrous baroques et de lui offrir un ADN revisité empreint de minimalisme, ce dernier parvient en effet à la faire entrer une bonne fois pour toutes au sein du 21e siècle...

Voir toute la collection : http://www.style.com/S2013RTW-CDIOR

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Date de dernière mise à jour : 20/12/2012