L’Africa Fashion Week s’invite à New York

Broad Street s’illumine. Le quartier financier de New York a revêtu ses plus beaux habits de lumière. La mode africaine est à l’honneur ce jeudi soir. Le «Ballroom» -littéralement, la «salle de bal»- sert de décor au spectacle des défilés. Un bouquet final, au terme d’une semaine de rencontres avec les créateurs, à la découverte du Fashion District de Big Apple. Plusieurs centaines de personnes envahissent ce temple de la mode au style corinthien. Les colonnes de mosaïques invitent au voyage.

Un mannequin foule le catwalk au son d’un tube remixé de George Michael. Le designer caribéen Francis Hendy mène la première danse avec une collection masculine bariolée. Les denims turquoises et roses flirtent avec des chemises aux imprimés exotiques. Les costumes sont dépareillés et assortis de boléros. Quelques modèles féminins surgissent des coulisses, vêtus de combinaisons larges en jersey blanc et fleuri. La présentation s’achève sur la traditionnelle robe de mariée, vestale et vaporeuse. La robe de mariée créée par Francis Hendy (Photos Lucie Dancoing)

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Robes pastel, imprimés tribaux

L’Ethiopie s’empare du podium. La styliste Mafi fait défiler ses créations modernes. Les jeunes filles portent des lunettes fluos à épaisse monture -similaires au célèbre modèle «Wayfarer»- griffonnées de feutre, capuches flanquées sur le visage. La ligne découle des collections croisière: jupes longues, pantalons skinny et shorts à rayures pastel. Les vestes sans manches fluides sont brillantes ou d’un blanc virginal.

Les shows s’enchaînent dans un festival de couleurs. Récemment lancée, la marque Kibonen s’inspire des motifs graphiques des vêtements traditionnels africains, identité culturelle revendiquée par le designer. Misant sur ses accessoires, il décline pochettes et sacs au féminin comme au masculin. La collection Geraldo Fashions est davantage épurée. Les silhouettes à la peau d’ébène sont drapées dans des pantalons en mousseline rose poudré et blouses asymétriques à encolure dentelle. La transparence des matières fait scintiller d’imposants colliers ornés de perles et de tissus. Des pièces de la marque Mafi

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Une nouvelle scène

La dernière danse sera pour l’audacieux Bill Witherspoon. Les premiers pas de son «first face» font vibrer l’assistance. Vêtu d’une large fourrure, un autre mannequin s’amuse devant l’objectif des photographes. Suit une parade d'éphèbes aux corps sculptés, simplement vêtus de maillots de bains à paillettes colorés. Une salve d'applaudissements accompagne les modèles en coulisses.

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L'une des pochettes Geraldo Fashions, assortie aux bijoux Une trentaine de stylistes représentant la diaspora africaine ont fait défiler leurs créations dans cette salle de bal. «Nous voulons percer sur la scène de la mode new yorkaise et démolir les stéréotypes» nous, assure Adiat Disu, fondatrice de l’agence Adirée à l’initiative de l’événement. L’industrie du luxe est en plein essor. Et la mode africaine et afro-américaine sort les griffes.

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