Yaoundé: Peur du choléra à Efoulan

Abandonnée depuis des années à sa soif, la population de ce quartier a recourt à l'eau des puits et de pluie, faute du précieux liquide distribué par la Camerounaise des eaux.

La nuit du 31 mai au 1er juin 2013, André, habitant du quartier Efoulan dans l'arrondissement de Yaoundé Ill, s'est brutalement réveillée autour de 2h du matin et a couru vers le robinet dans la cour commune. Mais, comme depuis plus de six semaines, le robinet est sec. Aucune goutte d'eau ne coule. L’eau stockée dans ses bouteilles depuis le mois d'avril est complètement finie. Acheter de l'eau minérale à 400 F Cfa / 1,5 I n'est pas évident.

Faut-il boire l'eau du puits? Ce serait une solution suicidaire à cause des maladies éventuelles: choléra, dysenterie amibienne, fièvre typhoïde, diarrhée chronique et parfois, c'est la mort! Lorsque l'eau de la Camwater arrive après plus de six semaines, d'abord, elle a une couleur douteuse, puis avec le temps, une nappe jaunâtre déposée au fond des récipients. A 7h ce samedi, le puits chez Christophe Patio est pris d'assaut par les enfants du quartier. C'est le puits le plus Prisé de la zone. Mais ici, cacophonie et bataille rythment le temps. Heureusement qu'il y a de l'eau en abondance mais, pour quel utilité? N'empêche, pourvu qu'il y ait de l'eau et adviendra que pourra …Une longue file de consommateurs se dressent, chacun attend son tour.

Un plus fort se charge de tirer de l'eau du puits pour le verser dans les récipients. «Nous sommes obligés de nous ravitailler au puits car, nous n'avons pas de choix. Nous prenons le soin de la bouillir avant de boire. Je ne compte même plus depuis combien de semaines l'eau de la Snec ne coule plus. Nous vivons au jour le jour à Efoulan», révèle Assana, 13 ans. Pour Kounda Hammis âgé de 14 ans, le problème d'eau potable est devenu un véritable serpent de mer. «Ce puits est comme notre source de ravitaillement. Le problème d'eau est trop inquiétant ici à Efoulan, c'est vraiment compliqué. Ça fait plus de trois semaines que l'eau ne coule plus», se défoule-t-il.

En plus du puits de Christophe Pado, celui de Marie Ebilikike Bathssana, Délégué à l'hygiène et à la salubrité du CAD, sert de boisson. Ce puits est très bien construit et couvert à sa surface sécurisée par un cadenas. «Je préfère boire de cette eau que de boire l'eau de la Camwater. Mon mari a amené un échantillon aux brasseries et après des vérifications et des tests, ils ont déclaré que l'eau de ce puits est plus potable et saine que l'eau de la Camwater. Depuis que nous la buvons, nous n'avons jamais eu des maladies hydriques. Je verse régulièrement l'eau de javel dedans. Presque tout le quartier vient se ravitailler ici», explique-t-elle.

© André T. Essomé Essomé | L'Actu

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