Yaoundé: Agressé au... piment !

Trois malfrats à bord d'un taxi ont usé du piment en poudre pour dépouiller leur victime. La petite délinquance a le vent en poupe.

0n connaissait des agressions à l'arme blanche, au pistolet, au «reculez un peu on est serré» dans les taxis etc. Ce qu'on n'avait pas encore vu, c'était une agression au piment. Aminou, un commerçant du quartier Dakar à Yaoundé, est sans doute l'un des premiers à en faire la douloureuse expérience. Comme il est de coutume le weekend, le jeune homme est envoyé par son patron au marché Mokolo pour effectuer un «versement» auprès d'un fournisseur.

Le taxi qu'il emprunte, a déjà trois occupants dont une femme à l'avant et le chauffeur. 50 mètres plus loin, la dame qui se présente comme un policier en civil, va brusquement changer de destination puis venir s'asseoir à l'arrière, raconte-t-il à son patron les yeux larmoyants. Voici Aminou coincé entre deux passagers. Rien de vraiment alarmant pour éveiller la méfiance du commissionnaire en cette matinée ensoleillée, ce d'autant plus que les quatre occupants débattent joyeusement.

Sans crier gare, sa voisine de gauche va commencer à lui fouiller les poches. Naturellement celui-ci se défend, plus vigoureusement encore quand le passager à sa droite entre dans la danse. «Eh! Tu veux bagarrer?», lui lance le pseudo policier. Celle-là il ne la verra pas venir: d'un soufflet savamment appliqué en plein visage, le chauffeur va partiellement étourdir Aminou.

Sur ces entrefaites, relate-t-il, son voisin de droite lui verse sur la face un liquide aigre, qui aussitôt lui picote douloureusement les yeux. Alors qu'il essaye encore désespérément de réaliser ce qui lui arrive, la dame de gauche lui assène du piment en poudre en pleine face. Le malheureux va pousser un cri strident qui laissera de marbre ses bourreaux. Les yeux en flamme d'Aminou le rendent incapable de résister. Ses tortionnaires, minutieusement, vont lui faire les poches dans le taxi immobilisé sur le no man's land qui borde le chenal d'évacuation des eaux du Mfoundi. D'un coup de pied dans le derrière, le malheureux sera finalement éjecté du véhicule, qui démarre en trombe en direction du quartier Mvog Atangana Mballa. Les malfrats emportent avec eux la somme de 90.000 FCFA.

Alors que l'attention semble cristallisée sur les crimes rituels, les agressions dans les transports en commun reprennent du poil de la bête. Il est à la fois admirable et écœurant de constater l'ingéniosité dont fait preuve les bandits pour dépouiller leurs victimes. Vivement, que les autorités en charge de la sécurité publique relance l'opération «Cobra» qui de son temps avait permis de mettre sous les verrous pas mal de petits délinquants.

© Ludovic Amara | La Météo

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