Vincent-Sosthène FOUDA: Monsieur Guillaume Soro a souillé la tombe de mes parents et insulté la mémoire du nationalisme camerounais

"En prenant la parole à Ngoa-Ekele, il a pensé avoir tué toute pensée en moi parce que les Dieux l’ont rendu insensé, eux qui peuvent troubler l’esprit du plus sage et rendre sage le plus insensé."

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En foulant la terre mienne, en y entrant par la capitale celle construite sur la tombe d’Ottou Tamba et d’Omgba Bissogo, Monsieur Guillaume Soro m’a arraché du doux sommeil qui m’enveloppe depuis si longtemps. En prenant la parole à Ngoa-Ekele, il a pensé avoir tué toute pensée en moi parce que les Dieux l’ont rendu insensé, eux qui peuvent troubler l’esprit du plus sage et rendre sage le plus insensé. En s’habillant du manteau certainement trop large pour ses épaules, de nos nationalistes, Douala Manga Bell, Um Nyobè, il ne s’est point purifié du sang et de la poussière des siens dont les gémissements outre-tombe me parviennent encore. Comme Africain je le sais, comme Camerounais encore mieux, on ne lave pas ses souillures dans une rivière qui n’est point vôtre ! Chacune de nos mères a dans le village une portion de rivière pour sa pêche à l’épuisette, lui, Soro devrait le savoir. Oui le sang du ministre Ahoua Don Mello n’arrosera pas la terre camerounaise. Dans le monde politique où l’on ne se fait pas de cadeaux, il y a des règles à défaut d’éthique.

Nous avons des signes que tout le monde ignore, mais que seuls nous connaissons. J’ai beau scruter l’univers politique, la noble politique, celle qui permet à l’Afrique de se construire et de se reconnaître dans le concert des Nations, je n’y vois pas M. Soro. Monsieur Guillaume Soro voudrait briser le péché du pouvoir? Ce n’est pas dans la modeste Cathédrale de Yaoundé, mais à la basilique de Yamoussoukro dans les yeux et sous le regard du Père fondateur de la Côte d’Ivoire, qu’il devrait le faire. Oui, on peut bien graver sur une épée « ultima ratio regum » de Richelieu et ne pas avoir la force du Roi Soleil pour l’assumer.

Oui, parce qu’il est des montagnes qui engendrent des souris. Oui, A cane non magno sæpe tenetur aper, Yaoundé n’est ni Daloa ni Odienne, le peuple Bamoun dans sa fierté n’est pas le peuple Senoufo, le peuple Ekang de Yaoundé n’est pas le peuple Attié d’Abidjan, voilà pourquoi aux portes du Cameroun s’arrête votre comédie ! La liberté dont est jaloux le peuple du Cameroun ne saurait s’accommoder de l’appel au massacre des seins, appel qui souille à jamais l’Abidjanaise de l’Abbé Pierre-Marie Coty. Le Cameroun, celui de la tombe où dorment nos pères, la terre que nos aïeux ont cultivée !

La mission qui est celles des femmes et des hommes comme moi n’est pas de revendiquer une histoire qui n’est pas la nôtre, mais justement de rester fidèles à l’Afrique pour que cette dernière progresse toujours en paix avec l’immense espoir, l’immense espoir dis-je, que tous les enfants de ce beau continent l’aiment sans bornes, à jamais !

© Dr Vincent-Sosthène FOUDA | Cameroun-info.net

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