Urbanisation en dents de scie: Mbanga, une ville en décrépitude

En dépit de quelques bâtiments administratifs (Sous-préfecture …et maison du parti du Rdpc) qui apportent un plus à la physionomie de la ville, cet arrondissement situé à près d’une soixantaine de Km de Douala et dont l’élite souhaite vivement son érection en chef lieu de département va à vau-l’eau.

Dimanche 2 juin 2013. La ville qui compte environ 60 000 habitants qui vivent pour l’essentiel de l’agriculture grouille d’activités. En ce jour de célébration de la journée sportive organisée par les Brasseries du Cameroun et filiales, les habitants de Mbanga ont été brusquement tirés du sommeil au bout du petit matin. Pour le premier visiteur, la petite ville ne paie pas de mine. Des maisons d’habitation situées le long de l’axe routier ont une architecture qui diffère les unes des autres. Certaines presque abandonnées en rajoutent à l’image mélancolique de la ville.

A l’instar des autres villes du triangle national, l’arrondissement n’a pas de plan d’urbanisation. L’incivisme y a fait son lit. Outre la construction de la nouvelle sous-préfecture non loin de la brigade de gendarmerie, la réfection de la tribune officielle qui accueille les personnalités pendant le défilé du 20 mai, la maison du parti du parti du Rdpc située à un jet de pierre du commissariat de sécurité publique de la ville, certains bâtiments publics sont en piteux état. Véritable lieu de rencontres, les locaux de la mairie présentent un visage des plus hideux. Il y a longtemps qu’un peintre est passé par là.

A quelques encablures, l’hôpital de la localité affiche une mine de deuil. Ici l’on note un manque criard d’infrastructures. Celles qui existent sont complètement en décrépitude. « Nous avons besoin du matériel de travail et des bâtiments pour être efficaces. Dans l’urgence, cet hôpital attend une radio, un appareil d’échographie. Nous sommes tout de même heureux d’annoncer que depuis des mois, nous avons été promus au rang de Upec (Unité de prise en charge de personnes vivantes avec le Vih/Sida) », fait observer le directeur. Si des efforts sont faits dans le cadre de la lutte contre l’insalubrité, grandes demeurent cependant les difficultés des populations. « Oui, Mbanga est aujourd’hui une grande agglomération d’environ 140 mille habitants et nous avons des problèmes.

Cependant, avec le conseil municipal, nous faisons des efforts pour travailler par priorité. Dans le plan de campagne, il y a en urgence l’électrification de quelques villages, la réhabilitation des pistes de collecte, des bornes fontaines, des routes communales. Dans certains quartiers, il y a des lampadaires à poser pour résorber l’insécurité », reconnait cependant le maire Mbonjo Jacques. Autre difficulté à laquelle l’exécutif communal n’a pu trouver de solutions, le chômage. Malgré une importante activité économique du secteur primaire, le taux de chômage est des plus élevés du pays : environ 60%, en raison de l’absence d’industries et de sociétés du secteur secondaire et tertiaire. Une situation économique qui est à l’origine de l’exode rural, notamment en direction de Douala. Cette proximité explique aussi en partie le taux d’alphabétisation plus élevé que la moyenne nationale, beaucoup de parents envoyant leurs enfants étudier dans les écoles et lycées de Douala. L’on y note également des tensions se traduisant par des revendications de droits de propriété et des procès concernant le foncier. Ainsi va la ville de Mbanga.

© B-P.D. | Le Messager

Infrastructure sportive: Le stade municipal de Mbanga se meurt

Jadis entretenu par la municipalité, ce pôle d’attraction où se sont déroulées certaines des plus belles rencontres sportives de l’histoire du sport-roi de notre pays a perdu de sa superbe. On se croirait dans un champ de patate. Impossible de penser qu’il s’agit d’un stade de football. Pourtant le stade municipal de Mbanga fait partie de ces espaces de jeu qui ont eu le privilège d’abriter des rencontres de hautes factures du championnat d’élite. « C’est ici que se déroulaient les matches des 16èmes de finale de la coupe du Cameroun. Les plus belles victoires de l’étoile sportive de Mbanga ont été acquises sur ce stade qui faisait la fierté de la ville et de ses habitants. C’était le seul lieu où nous nous retrouvions pour passer des moments inoubliables de foot… », Se souvient, nostalgique Charles Dibon.

Aujourd’hui âgé d’une soixantaine d’années. Ce fanatique du football dynamité par l’alcool dit avoir perdu toute envie d’aller au stade. « Nous n’avons plus une équipe forte. En plus le stade a perdu son lustre. Il se détériore de jour en jour », constate-t-il avec regret. Parlant justement de la décrépitude, le stade municipal de Mbanga n’a plus de barrière et est désormais accessible à tous. Des passants qui se rendent en ville y ont trouvé un vrai raccourci. « Pour se rendre à l’école ou au palais de justice, les piétons passent par le stade. Des personnes de moralité douteuse se retrouvent nuitamment ici pour fumer du chanvre indien», déplore un moniteur de sport. A l’inexistence d’une clôture autour de ce stade, il faut greffer l’absence d’électricité et une aire de jeu envahie de hautes herbes. Dans cette ville mi-urbaine, mi-rurale qui souffre d’une carence en infrastructures de loisir et sportives, l’on note entre autres une absence de piscine. Les seules qui existent se trouvent dans ce qui tient lieu d’hôtels.

Toute chose qui pourrait aussi expliquer ou justifier la baisse de niveau sportif de la jeunesse par rapport au reste du pays. Pourtant cette ville qui fut connue grâce à un chanteur populaire, Lapiro de Mbanga notamment avec ses tubes à succès No make erreur et Lefam so, vécu des moments de gloire en 1970 et 1980 avec l’équipe locale de football, l’Etoile de Mbanga qui avait une certaine popularité. C’est le 30 avril 2013 que la commune de Mbanga a adopté son dernier compte administratif en présence de la tutelle et des observateurs du milieu sportif. Lequel est arrêté en recettes à la somme de 258 790 302 Fcfa, en dépenses à la somme de 239 237 806 Fcfa, avec un excédent de recettes sur les dépenses d’un montant de 19 554 496 Fcfa.

Au cours de cette séance du conseil, Mbonjo Jacques, l’actuel maire n’avait-il pas annoncé des travaux qui devront être engagés avant la fin de son mandat, avec en prime la réhabilitation du stade de football et surtout un complexe multisport pour la pratique du tennis, du basket et du volley. Que pet-on attendre de ce maire et de son conseil qui ne jouent plus que les prolongations. Grâce à la magnanimité du président Biya.

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Date de dernière mise à jour : 11/06/2013