Un agent d’AES Sonel prépare un sit-in devant l’Ambassade des Etats-Unis a Yaoundé

Souffrant d’une pathologie professionnelle depuis 4 ans, cette électricienne de formation revendique sa prise en charge. Malgré 30 ans de bons et loyaux services, son employeur l’a complètement délaissée dès qu’elle est tombée malade.Aes sonel 3 466x350

Face à cette situation désastreuse, Julienne Massouo a décidé de passer ses derniers jours, devant l’ambassade des Etats-Unis à Yaoundé. C’est sa manière à elle, de montrer au monde entier toutes les misères que subissent les employés d’AES Sonel. Le calvaire de Massouo a commencé à Garoua. « Je parcourais plus de 400 kilomètres à moto pour faire des dépannages. Les opérations qui pouvaient s’étaler sur 2 ou 3 jours, la hiérarchie me demandait de les conduire en 1 jour. C’est pour cette raison que j’ai le disque déplacé. Actuellement, je marche en m’appuyant sur une béquille. Au départ, nous étions 5 à souffrir de la même maladie.

Comme nous n’avons pas été pris en charge, 4 de mes collègues sont morts». Ces propos qui sont de nature à couper le souffle aux cardiaques, prouvent que la sécurité sociale n’est pas garantie à AES Sonel. En raison de la santé chancelante de Julienne Massouo, deux évacuations sanitaires ont été recommandées par les services médicaux de la ville de Garoua. La première c’était en 2009 et la deuxième en 2011. Le médecin de la société d’AES Sonel s’est farouchement opposé à ces décisions. Du 22 au 24 décembre 2010, Julienne Massouo a fait une grève de la faim dans le chef-lieu de la région du Nord, pour revendiquer sa prise en charge. Les médias ont même filmé cette scène horrible et ont voulu diffuser les images. Mais ils ont été soudoyés par certaines autorités de la ville. C’est pour cette raison que les cris de détresse de Julienne Massouo ne sont pas parvenus aux oreilles de la communauté nationale. Pour calmer les esprits, les responsables d’AES Sonel ont accordé un billet d’avion à Massouo.

A défaut de l’évacuer vers l’Occident, la pauvre Julienne s’est retrouvée à Douala pour une contre expertise. La contre expertise a confirmé qu’il fallait à tout prix l’évacuer. Dès lors, l’électricienne a été abandonnée pendant un mois par ses collègues dans la capitale économique. En février 2011, le directeur des ressources humaines qui ne voulait pas que Julienne Massouo ébruite l’affaire, a annoncé qu’il était entrain de finaliser le dossier devant aboutir à son évacuation sanitaire. En 2012, Massouo a saisi le Premier Ministre (PM), le ministre du Travail et de la Sécurité Sociale (MINTSS), le ministre de l’Energie et de l’Eau (MINEE), et le Ministre de la Protection de la Femme et de la Famille (MINPROFF).

Tous ces cadres du régime ont demandé à notre concitoyenne de mettre un bémol à son action de revendication. Une semaine plus tard, le PM a écrit au MINTSS qui à son tour, a saisi son collègue de l’Energie et de l’Eau. Le MINEE a instruit à l’employeur AES Sonel de procéder à la prise en charge de Massouo. AES Sonel jusqu’à ce jour, refuse de fléchir face aux injonctions gouvernementales. Le différend de travail opposant Julienne Massouo à cette société, n’est qu’un aspect de l’enfer que les travailleurs vivent au quotidien. Depuis la privatisation de la structure, les frustrations ne font que s’amonceler.

Les conditions de vie des salariés sont devenues très exécrables. Il y a un véritable problème de sécurité sociale au sein de cette structure. Les agents ne sont utiles que lorsqu’ils sont en bonne santé. Mais dès qu’ils tombent malades, on les abandonne comme de vulgaires torchons et l’on est en droit de se poser la question de savoir s’il n’existerait pas une complicité entre l’assureur et le médecin de l’entreprise. D’après des informations recueillies sur le terrain, à la fin de chaque année, le médecin d’AES Sonel reçoit des gratifications de la part de la société d’assurance. Moins les employés sont pris en charge au cours de l’année, plus son enveloppe prend du volume. Où est donc passé le sens du patriotisme? Julienne Massouo dit qu’elle passera ses derniers jours devant le bureau de Robert Patrick Jackson pour obtenir gain de cause.

@cameroun-info.net

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