Service Civique: Bidoung Mkpatt noyé dans un autre scandale financier

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La responsabilité du PCA de l'Agence de Service Civique, qui a pris sur lui d'empiéter sur les prérogatives du DG, est engagée dans un détournement de plus de 765 millions FCFA.

A quelques jours de l'arrivée d'une équipe du Contrôle Supérieur de l'État (CONSUPE), c'est la panique totale à l'Agence de Service Civique National de Participation au Développement (ASCNPD) et au Ministère de la Jeunesse et de l'Éducation Civique (MINJEC), d'où sont partis des individus pour prendre une part active au grand festin financier organisé en août-septembre dernier par le Ministre-PCA, Pierre Ismaël Bidoung Mkpatt. En effet, celui-ci sans en avoir qualité a initié et paraphé de sa plus belle signature des textes portant constitution des «Comités techniques chargés du suivi des activités de démarrage et d'encadrement des jeunes volontaires dans les régions» et désignation «des membres des missions «chargées de la facilitation dans le cadre d'un séminaire national de formation des formateurs des volontaires du service civique». De véritables portes ouvertes au pillage massif des fonds de l'ASCNDP.

En effet, les sommes perçues par les uns et les autres pour des motifs discutables donnent le tournis et blessent la morale dans un pays où se nourrir est un problème pour l'écrasante majorité de la population. Un aperçu de ce pillage en bande organisée de l'argent public : Nanjoh Joséphine, qu'on présente comme cadre au MINESEC, a décaissé le 07 septembre 2012, 10 (dix !) millions FCFA, représentant les «frais de coordination et de suivi des activités», la même Nanjoh (sans prénom cette fois-ci) reçoit au mois d’octobre suivant 15 674 250 FCFA (quinze millions six cent soixante quatorze mille deux cent cinquante francs) rien que pour la «couverture médiatique pour la formation des formateurs». Que dire d'un certain AC (on ignore à quel quidam renvoient ces initiales) qui a décaissé 89 328 000 FCFA (quatre vingt neuf millions trois cent vingt huit mille) pour «le transport des volontaires en formation»? Nous sommes le 16 novembre 2012 et on est bien curieux de savoir quels moyens de transport ont été empruntés pour justifier une facture aussi lourde. Salée est la facture des «frais de restauration»: 411 739 500 FCFA (quatre cent onze millions sept cent trente neuf mille cinq cent francs) débloqués en liquide au mois de septembre dernier.

A l'occasion de quel banquet ? Les justificatifs, c'est la chose qui manque le plus à la suite des décaissements monstrueux cautionnés par le PCA de l'ASCNDP. Par contre les billets de banque sont distribués à gogo. Le même mois, un nommé Youssoufa (sans précision aucune sur son titre) obtenait 405 millions FCFA équivalent à des «frais de mission Sud, Sud-est, Littoral, suivi et évaluation». Missions, apprend-on, dont il ne se serait pas acquitté, grugeant impunément le contribuable. Bidoung Mkpatt fait honneur à sa réputation d'homme généreux avec les fonds publics en invitant même son «pire ennemi», Oswald Ayeketah, à la mangeoire. L'émasculé DG de l'ASCNPD aurait, entre autres décaissements, reçu en septembre dernier 10 (dix) millions FCFA pour les «frais de couverture médiatique dans les dix Régions» (cf. tableau 1).

Faits saisissants

Toutes ces importantes sommes d'argent répertoriées, de même que celles décaissées dans les mêmes conditions d'opacité et sans pièces justificatives fournies (cf. tableau 2), ont été retirées en liquide dans le bureau de l'ancien agent comptable de l'ASCNPD. Des indiscrétions puisées à bonne source laissent entendre que les coffres du bureau de l'agent comptable sont toujours remplis d'espèces sonnantes et trébuchantes, atteignant parfois le milliard.

Au rythme des décaissements opérés entre les mois de septembre et d'août, on peut bien comprendre le souci de Bidoung Mkpatt et ses comparses d'avoir des liquidités à disposition. Des fois, les retraits bancaires prennent un temps fou surtout pour des personnes qui non seulement ne veulent laisser aucune trace de leur crime économique, mais aussi s'en mettre plein les poches avant que ne tombe sur leur tête le décret qui «chasse de la mangeoire». L'ex Ministre des Sports et de la Jeunesse a connu une longue traversée du désert et cela lui aurait certainementinstruit de vite se «servir», avant que ne survienne une autre disgrâce présidentielle.

© Mamouda Labaran | La Météo

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