Remaniement ministériel: Des pillards annoncés au gouvernement

Selon nos sources dans les jours à venir, la configuration gouvernementale pourrait changer, avec le retour de certains caciques du régime.

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La conduite des affaires de la cité n'a pas toujours été une sinécure. De temps en temps, il faut opérer des réglages parmi la classe gouvernante pour mieux relever les défis. Au Cameroun, le remaniement ministériel est devenu une tradition. Cette opération qui est perçue comme étant, une redistribution des cartes, soulève le plus souvent les passions. Les postes ministériels sont les charges les plus convoitées par les hommes, politiques. Il y en a qui sont prêts à tout donner pour décrocher un porte feuille. Certains compatriotes mettent même leur fortune en jeu pour être nommés Ministres.

Ceux-ci le plus souvent, financent les activités des partis politiques, construisent des temples et des chapelles, accordent leurs largesses aux couches sociales défavorisées, priment les élèves et étudiants etc. Avait la présidentielle de 2011, des caïds de la République ont délié leur bourse, pour faire établir des cartes nationales d'identité aux militants du parti des flammes. Depuis que la refonte biométrique du fichier électoral a commencé, des cadres du RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais) ne cessent de mobiliser leurs moyens financiers et matériels. Ils appellent les populations à s'inscrire massivement sur les listes électorales.

SÉDUIRE LE NUMÉRO UN CAMEROUNAIS

Toutes ces actions patriotiques cachent les ambitions politiques des uns et des autres. Ne dit-on pas souvent que rien n'est pour rien sur la terre des vivants? Bon nombre des collaborateurs du Président de la République sont là pour le séduire afin d'obtenir ses bonnes grâces. Ce jeu qui dure depuis 30 ans continue de porter ses fruits. Dans cette lutte effrénée pour la conquête des commandes de nos Ministères, tous les coups sont permis et c'est la gouvernance qui prend du plomb dans l'aile. C'est ainsi qu'on se retrouve avec des faire valoir à des postes stratégiques. Ceux-ci au lieu de remplir les missions pour lesquelles ils ont été désignés, font plutôt main basse sur le patrimoine de l'Etat.

Le retour annoncé de certains prévaricateurs aux affaires est de nature à faire perdre le sommeil au peuple. Des proches du locataire du Palais de l'Unité qu'on croyait avoir été écartés de la scène politique se préparent à rebondir. Malgré leur passé nuageux, ces ennemis de la croissance économique ne veulent pas s'avouer vaincus. Nombre d'entre eux ont été rendus coupables de malversations financières.

PERPÉTUER LA TRADITION

Ils devraient en principe faire l'objet des poursuites judiciaires. On a l'impression que la proximité avec certaine sphères, leur procurent une immunité inoxydable. Depuis de longues années, ce sont les mêmes visages qui défilent dans les différents départements ministériels. A chaque remaniement ministériel, on prend les mêmes et on recommence. Et ce sont toujours les personnalités les plus décriées et les infidèles à la politique du Chef de l'Etat qui se frottent les mains. Des sources nous indiquent que le Chef du gouvernement s'apprête, à fouiller dans le placard pour nous servir sa nouvelle équipe.

Les habitudes ayant la peau dure, nous risquons d'assister au même scénario que les années précédentes. Ils sont nombreux ceux qui, après une longue période d'éclipse ont pu refaire surface, en dépit de leur statut de prédateur de la fortune publique. D'aucuns sont convaincus qu'au pays de Ruben Um Nyobe, l'impopularité constitue un atout. Ce sont les dignitaires engloutis par des scandales politico-financiers qui bénéficient des faveurs du Président. Les critères de compétence et de fidélité, ne président plus aux nominations à des postes de responsabilités. La promotion n'est plus basée sur le mérite. En regardant le fichier des dirigeants camerounais ayant flirté avec les fonctions ministérielles, on se rend compte que certains individus détiennent les clés du gouvernement.

A défaut de voler de Ministère en Ministère, ces derniers entrent et sortent de la navette gouvernementale comme ils veulent. Nonobstant le temps qui passe, leur influence ne s'use pas. Une opinion bien répandue dit que ces hommes, connaissent les faiblesses du promoteur des Grandes Réalisations. C'est peut-être pour cette raison qu'il est difficile de se séparer d'eux. Paul Biya serait-il prisonnier des lobbies?

© Lucien Embom | Le Soir

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