Remaniement ministériel à venir : un tsunami de grande amplitude annoncé

La seconde moitié du mois de décembre risque d’être littéralement fatidique pour bon nombre de membres du gouvernement actuel, tant il est désormais établi qu’au moins 80% de l’actuelle équipe devra rendre son tablier, non sans que pour certains cela s’empire avec des poursuites judiciaires, pour détournements de deniers publics.

Paul biya signature des actes

On savait Biya attaché à un calendrier sociopolitique qu’il maîtrise seul. Mais tenu par des contingences d’un genre particulier, celui-ci lui aura quelque peu échappé, faisant ainsi du remaniement ministériel quasi automatique au sortir des élections de proximité, un véritable serpent de mer. N’empêche que la préoccupation pour disposer d’une nouvelle équipe à même de s’approprier les enjeux qui interpellent plus que jamais le Cameroun dans sa quête d’émergence, ne l’aura guère quitté, à en croire les indiscrétions plutôt recueillies à bonne source et induisant des critères plus probants de désignation des futurs membres du prochain gouvernement.

Et bien que lesdites indiscrétions constituent en l’état actuel de folles supputations, aussi longtemps que le gouvernement à venir ne sera rendu public, il y a tout de même lieu de croire qu’enfin, Paul Biya aura compris qu’il ne faille pas toujours fonder le choix des hommes sur les avis de quelques proches, se recrutant aussi bien dans les cercles du pouvoir que familiaux, comme ce fut le cas de nombreuses années durant. Une option qui aura ainsi permis de commettre aux affaires, d’illustres inconnus doublés d’incompétents notoires qui plombèrent conséquemment la pleine réalisation de la vision de l’homme du 06 novembre 2014. Et, entre tares et tergiversations préjudiciables à plus d’un titre, ces mêmes collaborateurs de Paul Biya ne s’offusquèrent guère de faire de la course à l’enrichissement illicite, leur mode opératoire et ce, en dépit de la mise en branle de l’opération d’assainissement des finances publiques, connue sous la dénomination de l’Opération Epervier.

Taire les déficits structurels

Disséquant les défis qui interpellent notre pays et tenant en gros de la réduction significative des déficits structurels multiformes, on peut valablement épiloguer sur la portée qui sera celle du gouvernement à venir, tout au moins en ce qui concerne les missions qui seront les siennes. Et dans cette optique, si la bataille de la résorption du déficit énergétique est en passe d’être gagnée au su des nombreux chantiers relevant dudit secteur d’activités, il n’en est de même d’autres secteurs tous aussi névralgiques au plan socioéconomique. Pourtant ce n’est point faute de ne pas disposer ni de ressources humaines à même de conduire les projets relevant de ses différents secteurs et encore moins de potentialités socioéconomiques réelles pouvant assurer le développement rapide de nombreux secteurs.

En fait, le déphasage opérationnel doublé de la non appropriation des enjeux sectoriels, en peuvent valablement oeuvrer au rayonnement industriel pourtant entendu comme socle par excellence de toute croissance durable et préalable à toute émergence socioéconomique. Dès lors, on en était à colmater les brèches maquillant ainsi maladroitement des insuffisances criardes. Toutes choses qui ont ainsi fait dire à Paul Biya lui-même que l’une des raisons fondamentales de nos performances timorées est l’inertie des membres du gouvernement pourtant enclins à se positionner en personnalités incontournables dans leurs ressorts territoriaux d’origine. Une propension qui alimente conséquemment un clientélisme inhibiteur de toute initiative et alimente au contraire, une voracité à nulle autre pareille.

Favoriser l’avènement d’hommes neufs Au-delà, l’impératif d’impulser une dynamique nouvelle articulée sur des personnalités à la virginité sociopolitique affirmée, est tel que Paul Biya ne saurait se hasarder à perpétuer le fameux jeu de chaises musicales à a fonctionnarisé bien de membres de l’actuelle équipe. Et devenue sclérosée, on ne pouvait rien en attendre et pire, ils deviennent de véritables poids financiers et moraux pour le gouvernement tant, il faut toujours leur adjoindre des appoints pour essayer de redresser la barque qui leur est confiée. Mieux encore, l’impératif d’adoption de la gouvernance à tous points de vue ne s’accommode guère de la subsistance de véritables poids morts que sont devenus de nombreux membres du gouvernement actuel à la fois rongés par l’âge et impopulaires à souhait.

Du coup leur sortie du gouvernement s’impose d’elle-même. Sauf de croire que ces derniers seraient indécrottables et commis à vie au sein des équipes gouvernementales successives auxquelles ils ont jusqu’ici participé. Si dans ce registre, certains comptent plus d’une vingtaine d’années au sein du gouvernement, d’autres moins bien lotis s’échinent à battre ce record en multipliant pour ce faire lobbying et autres manoeuvres pourtant très éloignées des performances qu’on attend d’eux. Toutes choses qui en viennent à rajouter aux urgences d’élaboration d’un gouvernement mieux à même de taire les tares ici décriées. Bien évidemment, comme la finalité recherchée est à la relance à tous points de vie de la vie socioéconomique et politique nationale, il faudra nécessairement privilégier de nouveaux membres plus à même de s’approprier au plus vite les enjeux nouveaux qui sont les nôtres.

Exalter la symbiose gouvernementale

Fort de ce qui précède, il est clair qu’il faille par ailleurs resserrer les rangs au sein de la prochaine équipe gouvernementale. Car, outre les récriminations évoquées supra, on aura remarqué une permanente bataille de positionnement entre les membres des différentes équipes gouvernementales. Toutes choses qui n’autorisent guère l’avènement d’une symbiose gouvernementale entendue comme le socle de la complémentarité. Or, y allant plutôt en rangs dispersés, les membres des équipes gouvernementales ont fait le lit d’un désordre institutionnel lui-même renforcé par le laxisme en matière de contrôle d’effectivité des missions qui leur sont assignées. Or, avec une équipe où tous les membres se savent interchangeables et conséquemment évalués à leurs performances réelles, il s’en suivra certainement une saine émulation qui ne semble pas faire partie du vocabulaire des gouvernements successifs sous le Renouveau, sauf peut-être en ce qui concerne les coups bas récurrents auxquels se livrent lesdits membres.

Une assertion fondée autant en l’instrumentalisation sibylline de la presse, quand il ne s’agit simplement pas d’adversité ouverte. Pourtant, il est évident qu’en l’absence de symbiose minima, il devient difficile d’envisager des performances globales arasées et porteuses au mieux de cet indispensable espoir sans lequel, les actions gouvernementales ne sauraient bénéficier ni de l’adhésion des populations et encore moins, susciter une plus grande implication de celles-ci à la mise en oeuvre réussie desdites actions. Comme quoi, Paul Biya semble l’avoir compris en décidant de se départir d’au moins 80% de l’effectif actuel.

© Le Détective : Amadou Soulé

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