Opération Epervier: Comment Paul Biya a ordonné l'arrestation de Iya Mohammed

Le chef de l'Etat n'a pas digéré la défaite du Cameroun dimanche dernier à Lomé.

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Opération Epervier: Comment Biya a signé l'arrêt de mort de Iya

Paul Biya n'a pas regardé le match des Lions indomptables Cameroun-Togo à la télévision comme tous les camerounais. Le chef de l'Etat du Cameroun a passé son après-midi à l'hôtel intercontinental de Genève dans sa suite avec son épouse. Il a par ailleurs eu des entretiens de ses plus proches collaborateurs avec qui il a fait le déplacement pour avoir leurs points de vue sur certains dossiers. Lorsque le match s'achève peu après 18 heures, Paul Biya n'a pas le résultat de la rencontre. Pourtant d'après nos informations, il était parfaitement informé que les Lions indomptables devaient jouer un match de qualification pour la coupe du monde, Brésil 2014.

Mutations a appris de sources généralement bien informées, qu'après la défaite des Lions indomptables, des responsables de la présidence de la République ont échangé afin de déterminer l'opportunité d'informer le chef de l'Etat sur le score final de la rencontre de Lomé et partant sur la situation du onze national de football. Après près d'une heure de tractations, la décision est finalement prise de lui transmettre «la mauvaise nouvelle». Celle de la contre-performance du Cameroun face au Togo. «Ce dimanche, Paul Biya et sa délégation n'ont pas travaillé très tard comme à l'accoutumée», confie notre source.

Peu avant 21 heures, la nouvelle tombe sur sa table. Il est déjà dans sa suite. Notre source précise que «rares sont les moments on il a vu le chef de l'Etat dans cet état». Après quelques minutes, il prend son téléphone et décide de partager l'information avec certains membres de sa délégation. Ceci malgré le fait que plusieurs d'entre eux se sont déjà retirés dans leurs chambres.

Au cours de l'entretien, le président de la République demande à chacun s'il est au parfum de la défaite des Lions indomptables. «Personne ne s'attendait un appel du chef», précise un autre informateur. «Pourquoi c'est toujours la même chose ? Pourquoi il faudrait toujours que lorsqu'une seule personne n'est pas la on ne gagne pas ? (en référence à Samuel Eto'o, absent du match contre le Togo, officiellement pour cause de blessure) Il faut que ça change. Ces gens vont me faire passer une mauvaise nuit», aurait tempêté le président Biya. Avants de raccrocher.

Fifa

«A ce moment, certains responsables de la délégation camerounaise ont effectivement perdu le sommeil», précise notre interlocuteur. Le chef de l'Etat a alors engagé des consultations avec ses proches, y compris au Cameroun pour savoir «quelle était la mesure à prendre dans l'urgence pour changer la situation. C'est alors que: «ses collaborateurs, dont des hauts responsables à la présidence de la République, ont demandé le départ de Iya Mohammed de la Fécafoot et lui ont proposé la manière dont il fallait opérer». C'est comme cela que le directeur général de la Sodecoton, qui est arrivé au Cameroun, peu avant minuit, en provenance de Lomé au Togo, sera finalement arrêté au levé du soleil lundi matin par une unité de la gendarmerie, à l'hôtel Hilton, où il a l'habitude de faire escale. Le non moins président de la Fécafoot sera conduit manu militari au secrétariat d'Etat à la Défense.

L'interpellation de Iya Mohammed a donc été cuisiné à feu vif, sur instruction du chef de l'Etat. Car, lorsque Paul Biya s'envole le 26 mai dernier pour un «cour séjour privé» en Suisse, il laisse derrière lui une vaste polémique sur la non-tenue de l'Assemblée générale de la Fécafoot qui devait avoir lieu la veille. Celle-ci sera annulée le 25 mai par le Premier ministre, qui a prétexté que les pouvoirs publics ne pouvaient pas assurer la sécurité des délégués. Le lundi 27 juin, alors qu'il s'apprête à embarquer à Douala pour une réunion de la Fifa, Iya Mohammed est rappelé en urgence par Philémon Yang. Au cours de l'échange avec le Pm, il lui aurait été clairement que sous haute instruction du chef de l'Etat, la Fécafoot doit pouvoir obtenir auprès de la Caf et de la Fifa, l'organisation par le Cameroun des coupes d'Afrique 2017 ou 2018. Par ailleurs, l'encore patron de la Fécafoot a été invité à ne pas fournir des arguments à la Fifa pour suspendre le Cameroun.

© BORIS BERTOLT | mutations

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