L’ambassade des Etats-Unis mêlée a une affaire d’escroquerie

La mutuelle du personnel de cette institution diplomatique est accusée de « recel d’abus de blanc seing » d’une somme de 50 000 000 Fcfa, dans un litige impliquant deux de ses employés. Ce mercredi 5 décembre 2012 s’ouvre, au tribunal de première instance de Yaoundé Centre administratif statuant en matière correctionnelle, le procès Paul Bayemi contre Jacques Roland Goueth, David René Mbilla et autres.

Ces deux derniers, employés de l’ambassade des Etats-Unis à Yaoundé, sont accusés de faux et usage de faux, tromperie envers associés et faux en écriture de commerce par le premier, un homme d’affaires peu encore connu jusqu’ici. C’est le 28 novembre 2012 que les citations à comparaître ont été adressées aux différentes parties de cette affaire qui court depuis 2008.

Après plusieurs années d’enquête, de collecte des données et de recoupement des informations, le parquet décide ainsi d’examiner au fond cette affaire d’escroquerie aux ramifications politico-diplomatiques. D’après des recoupements opérés à plusieurs sources, c’est en décembre 2007 que les trois personnes sus-citées décident de mettre sur pied une Société anonyme à responsabilité limitée (Sarl) dénommée Gbm, au capital de 1 000 000 Fcfa.

Celle-ci est dotée d’un compte bancaire de 75 000 000 Fcfa que Paul Bayemi, constitué comme gérant statutaire, a provisionné aux 2/3. Dans la plainte qu’il dépose auprès du Procureur général près la Cour d’appel du centre le 19 décembre 2012, celui-ci écrit « qu’en raison de la confiance qui semblait de mise entre les actionnaires, le plaignant signa effectivement cinq chèques et ordres de virement à blanc, qu’il abandonna entre les mains de ceux-ci.

Que courant mars 2008, le requérant constata qu’une somme de Fcfa 50 000 000 avait été virée du compte de la société vers le compte de l’ambassade des Etats-Unis à Yaoundé, chose qu’il trouva très curieuse ».

Ambassade des Etats-Unis

Après recoupements, il s’avère finalement que les 50 000 000 Fcfa querellés ont atterrit, non dans le compte propre de l’ambassade, mais dans celui d’un organisme associé à savoir la mutuelle du personnel, plus connue sous son acronyme en anglais Ameccu. D’après le plaignant citant ses associés, « cette opération avait été initiée pour permettre l’obtention par la société d’un marché de Fcfa 500 000 000 auprès de l’ambassade des Etats-Unis et que la somme virée représenterait l’apport personnel de 10% ».

Près d’un an après pourtant, le marché n’est toujours pas attribué à l’entreprise. D’après des sources à l’ambassade, celui-ci n’a même jamais été lancé. Saisi par le plaignant au mois de juin 2011, l’ambassadeur des Etats-Unis n’a pu ordonner un revirement bancaire de la somme querellée vers le compte de départ. Le président d’Ameccu, Johnson Ntuba, malgré une demande d’explication adressée à ses personnels, n’a pas non plus consenti à cette opération.

Contactés par courrier officiel par La Nouvelle Expression, ni l’un, ni l’autre non cru devoir apporter de réponse aux questions du reporter. Par une requête adressée au président du tribunal, Paul Bayemi a pu obtenir, le 06 juin 2012, une ordonnance de saisie conservatoire des créances d’Ameccu. Ordonnance qui a été exécutée cinq jours plus tard. Le plaignant, qui dit avoir cru en la bonne foi de cette institution, veut désormais la poursuivre pour «recel de faux et usage de faux, recel de tromperie envers associés et recel d’abus de blanc seing ».

© La Nouvelle Expression : Serge-Lionel Nnanga

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau