L'amant de sa femme lui raconte sans le savoir comment il a été cocufié

 

Elle trahissait pour la première fois, mais le destin est parfois cruel. Ce jour M.M à qui la chance semblait sourire, se préparait à voyager pour Nkongsamba en partance de Douala avec un ami. Le jeune prit deux billets, content de faire une surprise. Au dernier moment, l’ami annule son voyage. MM revend son second billet à un voyageur retardataire.

Très sympa, il se présente : BB, Enseignant de langue anglaise dans un établissement d'enseignement secondaire à Douala, A l’appel, les deux voyageurs prennent place dans le véhicule. Devant eux, une fille midinette en jean, jouait à la vedette. Nos deux comparses ne manquent de lui faire la cour. Occasion de reconnaître, qu’ils ont le même goût.

La causerie dévie sur les femmes. BB, content de trouver un compagnon, qui partage la même passion que lui, et d’autre part un nouvel ami pour son prochain séjour, lui narrait tous les bons coins de la capitale où on pouvait se taper les belles « nanas ». En cours de route, le car s’arrêta pour un poste de contrôle. MM voulant sortir son paquet de cigarettes de sa poche, fit sortir une carte qui tomba aux pieds de son compagnon, qui la ramassa pour la lui remettre. Après avoir pris la carte, il se rend compte que c’est la photo d’une femme, souriant à belles dents.

Comme atteint d’une décharge électrique, il se lève brusquement en bégayant : « c’est qui… ? MM riant, lui dit : « c’est une femme que j’ai connue il y a environ 6 mois, on vivait ensemble. BB toujours éberlué, et très pensif, essaye de se ressaisir, car son compagnon ne se rendait pas compte du changement dans son comportement quand il lui a malencontreusement montré la photo.

Poussant le cynisme, il lui dit : « super-man que tu es un vrai Don Juan ! Celle-là est très belle, je voudrais que tu me racontes votre aventure du début jusqu’à la fin. Ça nous fera passer le temps. Car je te tire le chapeau, tu es plus fort que moi ». Le cœur battant à rompre, il attend, comme si son destin en dépendait. On aurait dit un condamné, attendant le Régisseur lire une fiche de grâce, lui permettant de vivre dans cette prison avec réduction de peine, ou la liberté pure et simple. Mais c’est la vie, la joie et la déception sont nos véritables compagnes.

Le jeune homme, flatté dans son orgueil de mâle, lui répondit : « Grand-frère sans problème, attendons que le chauffeur s’amène, je te raconterai cette aventure digne d’un roman ». Après ces mots, il sortit du car pour retrouver son calme et essayer de se faire croire que cette photo ne pouvait pas être celle de sa douce épouse. Peut-être, c’est une ressemblance, car le rire de cette femme a quelque chose de vulgaire.

Or, sa Maimouna, l’objet de ses rêves et de ses désirs, avait même du mal à regarder les gens dans les yeux. Comme la piqûre d’un scorpion, la douleur gagna petit à petit la personne de BB. Toute l’euphorie de retrouver le plus tôt la douce Maimouna, s’est dissipée, la nuit magique qu’ils devront passer ensemble, avait perdu de son éclat. Car c’était toujours comme ça, chaque fois qu’il partait en voyage, le plaisir nocturne de la veille, et celui de son arrivée était les plus merveilleux. Ils retrouvaient l’atmosphère de leurs nuits de noces.

Le chauffeur mit le moteur en marche et MM regagna sa place, sans remarquer la torpeur de son ami, qui broyait du noir. On aurait dit un étudiant qui attendait le résultat d’un examen. Le jeune commença d’un air taquin, « tu vas m’indiquer chez toi… ». Le cœur battant la chamade, il dit : « tu me fais voir la photo, je ne l’avais pas bien regardée. Elle est très fascinante ». BB lui tendit la photo. Comme si c’était électrique au toucher, elle lui brûla les doigts, et tomba. Il balbutia une excuse.

Le jeune homme profita pour rire et dit : « grand-frère, tu es toi aussi séduit par cette femme, c’est ma plus dure conquête, et la femme parfaite dans tous les sens. Elle pleura, quand elle se donna à moi, disant que c’est la première fois qu’elle a trahit son mari qu’elle aime plus que tout au monde. Je te la présenterai, car je veux la pousser à divorcer pour la marier » Le souffle coupé, BB lance la question qui lui brûle les lèvres « quel est son nom ? ». MM flatté dans son orgueil répondit « ma belle s’appelle Maimouna, elle loge à Douala Bessengue ».

BB voulait demander beaucoup de choses, mais il était dépassé par ce brusque volte-face du destin. C’était peut-être une façon de payer, les cornes qu’il avait fait porter à d’autres maris. Incroyable. L’amant de sa femme assis à côté de lui ! Un cauchemar ! Il eut un sourire, ce qui poussa son compagnon à continuer son récit : « j’ai connu Maimouna à la gare routière de Bonaberi. Il se dégageait en elle une sensualité sauvage, des mimiques, tout en elle exhalait le désir de plaire, de séduire. Nous nous sommes rencontrés au guichet.

Elle me dit : « vous allez à Nkongsamba? » Le cœur battant, je répondis « oui, j’ai ma mère là-bas et vous ? Le sourire aux lèvres, elle dit : « depuis mon mariage, je n’avais pas mis les pieds à Nkongsamba, c’est la ville natale de mon mari. J’y vais pour trois mois car mon mari est parti faire un stage de 4 mois à l’extérieur ». A bord du car, nous nous sommes assis l’un à côté de l’autre. Heureuse de cette embaume, elle ne put cacher sa joie, en disant : « mon guide est à côté de moi, j’espère que tu m’accompagneras chez moi ».

Je nageais dans un bonheur si neuf pour moi, et j’aurais voulu que ce voyage continues pour toute la vie. On était deux au monde. Arrivés à Mbanga, le temps que dure l’arrêt, je lui ai offert de la viande et de la boisson, malgré sa réticence, je faisais tout pour lui montrer que j’étais plein de sous, qu’elle ne regrettera pas son séjour à Nkongsamba. Arrivés à destination, je l’ai accompagnée dans sa belle famille où elle me présentant comme le mari d’une de ses copines. En partant, j’ai donné de l’argent à sa belle-mère, qui me fit des bénédictions. Tout heureux, j’arrivai chez moi, après un bain, je préparais mes sœurs en conséquence, en leur expliquant ce que j’attendais d’elles.

Le lendemain, en compagnie de mes sœurs, je lui ai rendu visite. Elle se sentait désespérément seule. Je l’aidais à tromper sa solitude. Mais l’occasion n’allait pas tarder à venir, une sortie dans la boîte de nuit en compagnie de mes sœurs qui s’éclipsèrent par la suite. Profondément plongé dans son récit, MM ne remarqua pas l’air hagard de BB. Le jeune compagnon toujours bavard lui dit : « après la soirée, je l’ai ramenée ; les larmes aux yeux, elle me dit que c’est la première fois qu’elle à trahi son mari. J’admirai tous les jours davantage la beauté de son caractère et de son âme.

Et je me disais que pour celle-là, j’irai plus loin que d’habitude. Car dans la vie, nombreux sont les hommes à vouloir bâtir leur bonheur sur le malheur des autres. Et cette femme il me la faut ». C’est toujours comme ça, les grands coureurs de jupons croient être les seuls à avoir le luxe de se taper toutes les « nanas ». Mais quand ils apprennent que quelqu’un se farcit les leurs, ils perdent la raison et croient être l’objet de toutes les malédictions du destin. Quel sera le comportement de BB quand il retrouvera son épouse ? L'on n'en sait rien

© Camer.be : Yolande Tankeu

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