Installation au Chantier naval: Robert Nkili plaque les employés et les invités

Le ministre des Transports, qui devait présider la cérémonie de prise officielle de fonction du directeur général et de son adjoint, a précipitamment rejoint Yaoundé, sans explications. Des spéculations y voient un ordre de la présidence de la République.

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Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic), jeudi 20 mars 2014. Des employés autour des tentes dressées pour accueillir les personnalités et autres invités conviés à la cérémonie d’installation du nouveau directeur général et du directeur général adjoint du Cnic. Des groupes de danse rivalisent de talents. La canicule qu’il fait en ce mois de mars finissant n’altère en rien la détermination de l’ensemble des ouvriers de cette entreprise qui aspirent à un vent de changement managérial. A 10h, tout le dispositif est en place pour accueillir le ministre des Transports, arrivé la veille dans la cité économique pour la cérémonie au Port autonome de Douala. Près d’une heure après, pas l’ombre de Robert Nkili, même pas celle de Bernard Bayiha, et encore moins de Robert Maxime Aka’a Alo’o.

Les fauteuils prévus pour le directeur général et son adjoint sont vides. Certaines personnalités piaffent d’impatience de voir commencer une cérémonie pourtant annoncée pour 10 heures précises avec le mot de bienvenue du président du conseil d’administration, lui aussi resté introuvable. A 11 heures passées de quelques minutes, las d’attendre, certains commencent à vider le lieu. Non sans délier les langues. « Le nouveau directeur général a exigé comme condition préalable à son installation que l’on recapitalise l’entreprise à hauteur de plusieurs milliards de Fcfa. C’est pour cela qu’il n’a pas daigné venir pour la cérémonie d’installation », croient savoir des sources proches de la direction du Chantier naval et industriel du Cameroun. D’autres assimilent la situation au fait que des tractations en haut lieu se poursuivent. Et que « la présidence de la République aurait instruit au ministre des Transports de surseoir à la cérémonie le temps de voir un peu plus clair dans le dossier ». En tout cas, des sources se confrontent.

Colère des employés

Joint par nos soins quelques heures après, l’un des responsables de la cellule de communication du ministre des Transports confie au reporter que la cérémonie a été renvoyée sine die. Pour quelle raison ? « Nous sommes en route pour Yaoundé. Tout ce que vous devez retenir c’est que l’évènement du jour n’aura pas lieu comme initialement annoncé. Il a été renvoyé. Vous serez informé de la nouvelle date en temps opportun », dit-il laconiquement. Au chantier naval et industriel du Cameroun, les employés sont en colère. « Ce qui se passe dans cette société dépasse la sorcellerie. Cela ne s’est jamais passé nulle part au Cameroun. Un directeur général et son adjoint qui ont été nommés par le conseil d’administration et qui ne sont pas installés…

Cela sort de l’ordinaire. On ne peut pas demander aux gens de venir assister à une cérémonie et puis, personne ne vient leur expliquer pourquoi celle-ci a été reportée », fulmine un employé. Qui tance le président du conseil d’administration et le ministre des Transports qui seraient, à son avis, les principaux responsables de toute « la cacophonie » organisée au Cnic. « Il y a de grands bandits ici qui méritent d’être en prison mais qui jouissent de la protection du Pca. Robert Nkili doit lui-même réparer le désordre qu’il a créé. Il y a des partenaires qui veulent travailler avec l’entreprise mais qui ne savent pas qui est leur interlocuteur », dénonce-t-il. Scrutant désespérément le ciel, les employés du Chantier naval et industriel du Cameroun sollicitent une prompte intervention de la présidence de la République.

En rappel, Bernard Bayiha, et encore moins de Robert Maxime Aka’a Alo’o ont été nommés à la faveur d’un conseil d’administration du Cnic à Yaoundé le 12 mars 2014. L’entreprise annonçait leur installation officielle deux jours plus tard, avant de se rebiffer et la programmer hier. Comme un spectre, la cacophonie qui rôde autour de l’entreprise depuis l’a fait une fois de plus reporter…à une date ultérieure. En attendant, le Cnic est sans directeur général. A suivre….

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