Homosexualité: Répression tous azimuts des adeptes

Souffrant de déficit criard sur la législation régissant la pratique au Cameroun, les adeptes de cette forme de sexualité continuent d’essuyer les affres d’une société à l’essence conservatrice en la matière. Pourtant, ce ne sera pas faute pour les avocats et autres membres de la société civile d’avoir œuvré pour une dépénalisation de la pratique, aidés en cela par diverses organisations assimilant son interdiction à une restriction indue des libertés individuelles. On se serait attendu que les actions entreprises depuis quelques années par diverses organisations de défense des droits de l’homme intègrent, dans leurs revendications, la dépénalisation de l’homosexualité au Cameroun. Mais c’était sans compter avec la réticence des conservateurs qui continuent d’astreindre les pratiquants de celle-ci à une discrimination des plus préjudiciables. Toutes choses qui alimentent conséquemment un plus grand activisme de certains des pratiquants pour à la fois sensibiliser l’opinion qui n’a de cesse de ranger la pratique dans les déviances sectaires.

Si l’on ne peut en méconnaître la réalité à bien d’égards, il n’en demeure pas moins vrai que les adeptes opérant pour ainsi dire dans l’illégalité, deviennent des cibles faciles pour les forces de l’ordre qui écument pour ainsi dire, tous les lieux de loisir identifiés comme cadres de rencontres des adeptes. En effet, qu’il s’agisse du Snack dénommé la Canne à Sucre à Deïdo, ou encore le Bois d’Ebène, elles y écument ceux des individus simplement soupçonnés d’être des adeptes de ce type de sexualité. Attitude qui dénote de la répression indue dont ces derniers font l’objet, singulièrement les jeunes filles incapables d’opposer la moindre résistance si d’aventure les force de l’ordre les ciblent. Ainsi en a-t-il été de Ngo Nkou Bayiga Blandine, 30 ans sonnés mais dont le crime est de soutenir la pratique ouvertement, clamant à qui veut l’entendre, l’attardement de la société camerounaise. En effet, elle subira une filature en règle des éléments des forces de l’ordre prétendument commis à la traque des homosexuelles.

Mieux, s’appuyant sur la marginalisation dont était cette dernière au sein même de sa famille pour ses positions sur la pratique, lesdits éléments des forces de l’ordre parvinrent facilement à la piéger, au sortir d’une virée nocturne arrosée du Snack dénommé la Canne à Sucre. Suffisant pour ces derniers pour lui coller l’étiquette d’homosexuelle, alors même qu’à aucun moment elle ne fut prise sur le fait. En fait, cette dernière payait un lourd tribut à la marginalisation évoquée supra, tant il est vrai qu’elle fut dénoncée avant son interpellation auprès des éléments des Equipes Spéciales d’Intervention Rapide (Esir) commises au contrôle régulier des lieux de loisir la nuit tombée. Et comme ces derniers disposaient de son portrait, ils n’hésitèrent littéralement pas à lui mettre le grappin dessus, non sans qu’elle subisse par ailleurs des tortures quotidiennes durant son internement. Et depuis lors, elle aurait réussi a s'échapper et ne serait plus revenue dans son quartier, se terrant depuis lors dans un lieu tenu secret car, craignant pour sa sécurité.

© Muna Dimbambe | Aurore Plus

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