Grandes surfaces: Des produits avariés dans les rayons

Au mépris des conséquences sur la santé, pâtisseries et plats à emporter décomposés sont vendus aux clients.

Telle une furie, Virginie Ngono, la trentaine révolue, débarque dans une boulangerie au quartier Mvog-Atangana Mballa à Yaoundé. «Remboursez-moi! Quels sont ces gâteaux pourris que vous m'avez vendus? Vous testez les gens ou quoi? Vous savez que vos aliments sont avariés et vous prenez l'argent? Faites-vite», martèle la cliente: Les serveuses se regardent. Aucune n'ose se diriger vers la caisse. La honte et la désolation se lisent sur leurs visages.

«Vous attendez quoi? Remboursez-moi», hurle la dame, frappant du poing sur le comptoir. «Vous êtes sûrs que vous avez acheté ces gâteaux ici?» tente une vendeuse, décuplant la rage de la cliente. Des propos peu amènes s'en-suivent. Au final, le commerce reconnaît son erreur et la dame est remboursée. Entre-temps, d'autres clients entrés dans la boulangerie sont repartis sans rien acheter. Virginie Ngono explique que ce n'est pas la première fois qu'elle achète des produits avariés dans une boulangerie ou des grandes surfaces à Yaoundé. Et à l'observation, les victimes de ces commerces ne se comptent plus. Aurélien Bikak lui n'a jamais oublié le jour où il a acheté des yaourts périmés et un plat de haricot sans saveur. Ils sont donc nombreux à avoir été déçus après des emplettes.

Mais le «scandale» pas¬se généralement sous silence par¬ce que découvert une fois loin du magasin. Comme Virginie Ngono, beaucoup pensent que les gérants connaissent les calendriers de préparation des aliments et la date à la-quelle il faut s'en débarrasser. Mais ils ne le font pas. La quête du profit étant leur finalité. Interrogés, les vendeurs se dédouanent. Ils indexent plutôt les responsables des magasins dont nombre d'entre eux, n'ont pas souhaité s'exprimer sur la question. Ce faisant, des yaourts, salades, pâtisseries et autres plats à emporter, avariés, continuent d'être proposés aux clients.

Refusant de la dénoncer une fois la supercherie découverte, les consommateurs laissent proliférer une pratique dangereuse pour la santé. Phénomène dont l'éradication, propose Alain Mandong, sociologue, passerait par une intensification des contrôles par les autorités compétentes, de tout ce qui est mis sur le marché camerounais. Avec la mise sur pied des moyens de répression. Mais en attendant, les nutritionnistes conseillent de bien observer tout ce qu'on achète. Si, par exemple, une boîte de conserve est bombée, n'hésitez pas à la jeter. Tout comme les mets ayant perdu leur saveur habituelle. Question d'éviter une intoxication alimentaire.

© Elise Ziemine | Cameroon Tribune

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