Etoudi: Un nouveau-né retrouvé dans des toilettes

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C’est une histoire plus que scandaleuse. La petite, « la Grâce » a été sauvée de justesse par une courageuse habitante du quartier Etoudi qui se rendait dans lesdites toilettes pour ses besoins.

C’est une histoire plus que scandaleuse. La petite, « la Grâce » a été sauvée de justesse par une courageuse habitante du quartier Etoudi qui se rendait dans lesdites toilettes pour ses besoins.

Le bébé « la Grâce », de son nom, hérité du centre de santé où elle a été conduite, sera à jamais reconnaissante à la jeune Odette Philomène Manga qui, par son courage, a réussi à sécourir ce petit être du « tombeau » où elle allait hâtivement finir ses jours.

Comme c’est si souvent monnaie courante dans certaines villes du Cameroun, une jeune génitrice a encore attenté aux jours de son propre enfant, la chair de sa chair, le sang de son sang, après neuf douloureux mois de grossesse.

 

C’est donc ainsi que, la mère de ce nourrisson de sexe féminin, habitant le quartier Etoudi à Yaoundé, a décidé de mettre fin à la vie du bébé auquel elle venait de donner la vie. C’est dans les toilettes du camp où elle habite qu’elle choisit de jeter son bébé. À en croire les riverains, il est 22h. Ils s’accordent sur cette heure, car c’est à partir de ce moment qu’ils ont commencé à entendre des vagissements émanant des toilettes. Les premiers qui s’y rendaient pour leurs besoins, craignant un acte de sorcellerie, s’enfuyaient en entendant les cris du bébé.

C’est Odette qui, prenant son courage à deux mains, alors que, dit-elle, elle y allait pour prendre son bain pour de se rendre à l’Eglise, a entendu ces mêmes pleurs inhabituels, venant du fond des latrines. Nous sommes alors jeudi 7 février 2013. Certainement mue par son instinct de mère, elle est allée chercher sa voisine pour qu’ensemble elles essaient de savoir ce qui se passe.

Enquête difficile

Sur les lieux, elles se rendent compte qu’effectivement un bébé gît au fond de la fosse sceptique. Elles alertent le voisinage, et les sapeurs pompiers. C’est tous ensemble qu’ils parviennent à sortir le nourrisson du trou. Il est à peu près 6h du matin. Heureusement, elle est encore en vie. Tout de suite, elle est conduite au centre médical Marie Reine d'Etoudi. C’est là que, après s’être occupée d’elle et l’avoir mise hors de danger, l’infirmière Laurette Mbeze la baptise « la Grâce », car « elle a été sauvée de justesse de la mort, et c’est une grâce de Dieu », rapporte-t-elle.

À son arrivée au centre de santé, poursuit l’infirmière, les asticots lui sortaient de tous les orifices. Mais, après soins, elle était hors de danger, pesait 2.250 kg et avait au moins 24h de vie. Elle a été conduite après son rétablissement dans les services sociaux. Sur les pas de sa génitrice, une enquête a été ouverte au commissariat du sixième arrondissement d’Etoudi. Mais la difficulté pour retrouver la génitrice criminelle réside dans le fait que les toilettes qui constituent la scène de crime appartiennent au camp, et tout le monde venait s’y soulager, même les clients des bars environnants.

© Florette MANEDONG | Le Messager

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