Douala: Une veuve et ses enfants menacés de mort par des individus se réclamant proches de l’assassin de son mari

C’est une dame profondément inquiète que nous avons rencontrée le lendemain de la Fête de noël 2012. Elle nous a raconté ce qui lui est arrivé ces jours-ci : « J’ai été convoquée par le juge d’instruction du Tribunal de grande instance (Tgi) du Wouri (Tgi)à Douala- Bonanjo, où j’ai été informée de ce que le bourreau de mon époux a été arrêté, puis détenu à la prison centrale de Douala. Mais, j’ai été surprise dans la nuit du samedi 15 au dimanche 16 décembre 2012 par des individus armés de couteaux et de machettes, lesquels ont fait irruption chez moi et m’ont menacé », a souligné veuve Noubeth née Françoise Ngounou. A la question de savoir exactement quelles menaces ont été proférées à son endroit, Mme Françoise Noubeth répond que ces individus lui ont dit ceci : « Si notre ami est condamné Madame, vous pouvez être sûre d’être vous et vos enfants sur notre prochaine liste», a-t-elle précisé.

Une famille en détresse

Soutenue au quotidien par Laurentine Ketchanga Nya, la sœur cadette d’Ernest Noubeth, Mme veuve Noubeth est dans tous ses états: «Ma vie et celle de mes enfants sont menacés. Ce qui veut dire que le bourrau du fond de sa cellule est en train de commanditer des actes à travers ses complices. Je vous prie de préserver tout ce qui reste de feu mon époux », dit-elle avec émotion. Mme Françoise Noubeth est l’épouse du jeune promoteur économique Ernest Noubeth qui avait été assassiné dans la nuit du 11 au 12 juin 2007 à son domicile, situé non loin du carrefour Tonnerre à Bepanda, à Douala. Militant engagé dans un parti politique de l’opposition, Ernest Noubeth fut assassiné alors que se déroulaient les préparatifs des élections municipales et législatives du 22 juillet 2007. D’aucuns se demandent encore aujourd’hui si cet assassinat n’avait pas un lien quelconque avec ces élections qui devaient permettre de renouveler les conseils municipaux et doter l’Assemblée nationale de nouveaux députés.

Dans l’espoir que les circonstances et les mobiles réels de la disparition tragique de son époux seront élucidées un jour, Françoise Noubeth nous a relaté cette version des faits du bourreau: « Il déclare avoir lutté avec mon époux et c’est dans sa chute qu’il s’est ouvert le crâne, et que c’est par la suite qu’il est décédé une semaine après de suite de ses blessures », a déclaré Mme Noubeth qui se rappelle surtout que tous les personnels compétents, notamment le commandant de brigade de Bépanda, le sous-préfet escorté du commissaire de police du Commissariat du 7ème Arrondissement de la ville de Douala et le médecin légiste, étaient venus enlever la dépouille de son époux, baignant dans son sang, au matin du 12 juin 2007 pour la morgue de l‘Hôpital Laquintinie de Douala. Ernest Noubeth avait été conduit à sa dernière demeure à Banekane par Bangangté, dans la région de l’Ouest Cameroun, le samedi 23 juin 2007.

© Edmond Kamguia K. | La Nouvelle Expression

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