Décès des “Eperviables” à Kondengui : Mouroir ou antichambre pour l’au-delà ?

Il y a eu les disparitions d’Angoula, ancien directeur des Télécommunications, celui-là même qui avait reçu la dot de Paul Biya lors du mariage de Chantal à Nanga-Eboko, de Bo’oto à Ngon, ancien directeur des Impôts et ancien Ministre des Finances, mort en prison.

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Il y a également eu les disparitions de l’ancien Ministre du Budget, Henri Engoulou, décédé à l’Hôpital Central de Yaoundé ainsi que celle de l’ancien ambassadeur du Cameroun aux Etats-Unis à Washington, Jérôme Mendouga décédé à l’Hôpital Général de Yaoundé. EN DÉCIDANT de mettre en détention préventive Gervais Mendo Ze, professeur de linguistique et stylistique, maître de chant, Paul Biya a lancé un signal fort à la communauté des pilleurs des caisses de l’Etat. Cela fait depuis 2009 que l’ancien mariologue avait été épinglé par le Contrôle Supérieur de l’Etat (Consupe) pour prévarication des biens publics, redevance audiovisuelle, arrimage de la Crtv sur satellite pour le sommet France-Afrique de 2001 à Yaoundé.

Arrimage

Cependant, quand on regarde de près cette affaire rocambolesque, on est stupéfait et groggy dans la mesure où, pour l’arrimage de la Crtv au satellite, on ne pourrait exclure Jacques Fame Ndongo, Ministre de la Communication à l’époque de la commission des faits, le fils d’Edouard Akame Mfoumou, Ministre des Finances et du budget de l’époque et toutes les autres ramifications mafieuses. Il serait donc judicieux, au cas où le professeur Mendo Ze serait épinglé, que toute la chaîne soit démantelée et que chacun rende gorge proprement. A l’époque, on nous avait servi un mauvais plat aux Etats-Unis où l’on nous présentait le fils de Mendo Ze incarcéré dans une prison américaine comme couvrant le fils de Paul Biya. Tout ceci parait aujourd’hui erroné. Je me rappelle lorsque Gervais Mendo Ze trônait à la Crtv comme Dg, tous les matins, de lundi à Samedi, il sortait des billets de banque pour soulager ses obligés et soi-disant affamés et démunis. D’où lui sortaient tous ces billets de banque ? L’homme était même en mesure d’offrir des boeufs, des vaches, des chèvres lors des cérémonies religieuses pour paraître, d’où lui sortait cet argent ? Qu’on arrête de se lamenter sur ces cas anonymes de prévarication des biens de l’Etat.

Suicide

Récemment, au Palais des Congrès, j’ai suivi une discussion entre un ministre en fonction et l’ancien Dg de la Crtv où ce dernier affirmait derechef qu’il y a beaucoup de gens qui veulent le voir en prison. Cependant, il affirmait en toute tranquillité que s’il se retrouvait à Kondengui, il avait le choix entre une mort naturelle et se donner la mort. A ce jour, notre Chef de l’Etat se comporte comme un médecin après la mort de son patient, pourquoi avoir laissé la latitude à ses ministres, ses Dg de piller les caisses de l’Etat avec des châteaux en vue et des grosses cylindrées, des dons en nature au vu et au su de tous pour venir frapper à la dernière seconde ? A mon humble avis, Paul Biya a lancé un signal fort à ces prévaricateurs car, Gervais Mendo Ze n’est qu’un fusible et que cette opération n’est pas une épuration politique. C’est juste un signal fort dans la mesure où l’affaire Campost va bientôt resurgir avec le Ministre chargé des Missions à la Présidence Paul Atanga Nji et l’homme de main de Laurent Esso ; j’ai nommé Amougou Belinga.

Le Cameroun, c’est le Cameroun, vivons-le seulement ! L’Opération Epervier reprend donc de plus belle car, il faut nettoyer les écuries d’Augias et Paul Biya se présente en Hercule ou Héraclès pour faire ce sale boulot de manière à assainir le paysage financier pour laisser à son successeur un pays assaini. Est-ce que ces gens qui sont en prison ne méritent pas de l’être ? Paul Biya a sa méthode qui consiste à aller pas à pas et à ne rien brusquer. Chacun a sa manière de faire, il faut jouer au chat et à la souris comme pour couper la tête à l’hydre comme l’avait fait Hercule. Paul Biya a donc choisi sa manière, sa méthode pour éradiquer ce fléau qu’est la corruption.

La méthode Biya est très simple : te faire souffrir, te faire mourir avant qu’il ne vienne t’achever. Biya pourrait donc se présenter comme un homme incompris, mais qui reste fidèle à sa méthode : regarder, prendre des repères, lorsqu’il est convaincu de ta faute, te fondre dessus comme l’aigle qui attrape la tortue et commence à choisir un endroit rocailleux. Il laisse tomber sa proie et la carcasse s’abîme, il vient juste consommer la chair sans effort aucun, c’est ça la méthode Biya. L’homme est en train de faire le ménage dans cette société camerounaise où les gens veulent vivre avant d’avoir eu les moyens. C’est donc ça le dilemme du Cameroun du XXIème siècle : consommer sans effort apparent !

© Aurore Plus : Loïc Ahanda

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