De retour à Foumban: Mbombo Njoya relance les hostilités contre Ndam Njoya

Accueilli triomphalement par une foule de sympathisants à Foumban, le sultan-roi et sénateur nommé par décret présidentiel, invite les populations du département du Noun à tourner définitivement le dos à l’Union démocratique du Cameroun(Udc), pour suivre les options du Renouveau prôné par Paul Biya.

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« Cher peuple de notre royaume, chers populations du département du Noun, je suis de retour à la suite d’un séjour destiné aux affaires de notre pays et de notre région.» Ton et posture d’homme fort et puissant. C’est l’image projetée samedi 15 juin 2013 au palais royal de Foumban par Ibrahim Mbombo Njoya, sultan-roi des Bamoun et sénateur nommé par décret présidentiel le 08 mai dernier. Le retour du monarque au bercail à la suite d’un séjour d’un mois à Yaoundé dans le cadre de la toute première session du Sénat camerounais a, en effet, connu les allures d’une démonstration de force politique devant des milliers de ses sujets et les autorités administratives en service dans la ville de Foumban au rang desquelles le préfet du département du Noun, Sodea Hamadjida.

Marchant au pas lent et mesuré, Ibrahim Mbombo Njoya, entouré par sa garde rapprochée renforcée par un policier en tenue, franchi l’entrée du palais royal. Il était 16 heures ce samedi 15 juin 2013. La tête recouverte d’un voile le torse barré par son écharpe de sénateur aux couleurs nationales, il échange «amicalement» avec son 1er adjoint à la cour royale, Idrissou Pafoyouom.

Le membre de la chambre haute du parlement est l’objet de toutes les attractions. La foule, nombreuse et compacte, exulte de joie. Chacun cherche à toucher le monarque ou à immortaliser la scène grâce à son appareil photo numérique ou tout outil moderne de reportage photographique. La pression est forte. Les éléments du corridor de sécurité formé autour du tout nouveau membre de la chambre haute font des pieds et des mains pour contenir la masse. Des hommes et femmes qui, à la cadence des louanges, des cris, des youyous et des sonorités traditionnelles bien distillées font vibrer leurs corps.

Campagne électorale

En fait, ils expriment leur «joie et leur soulagement », de voir le souverain de la dynastie de Yen Nchare, fondateur du royaume bamoun, auréolé des attributs de sénateur. Une casquette supplémentaire sur laquelle l’autorité traditionnelle et ses partisans entendent surfer pour venir à bout de l’Union démocratique du Cameroun(Udc), parti dirigé par son cousin Adamou Ndam Njoya (maire de Foumban depuis janvier 1996) et majoritaire dans le département du Noun depuis l’avènement du pluralisme politique au Cameroun en 1990.

Tout en remerciant le chef de l’Etat, Paul Biya, de l’avoir désigné pour siéger au tout premier Sénat du Cameroun, à l’ère du Renouveau, le sultan-roi des Bamoun a invité son peuple à se mobiliser pour accorder la victoire aux listes du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) lors des élections municipales et législatives à venir. Pour lui, ce soutien doit être «massif» du fait qu’actuellement, « le Noun est de plus en plus sinistré à cause de [son] choix politique.» Un choix manifestement porté vers l’Udc et le Dr Adamou Ndam Njoya. Et selon le monarque de Foumban, qui faisant appel à une citation de son défunt père, le sultan Nji-moluh Seidou, «le peuple Bamoun doit s’allier au fort et non faible». D’où son plaidoyer pour l’inversion de cette tendance politique.

Ce qui encouragerait le pouvoir de Yaoundé à davantage construire des routes, des écoles et équiper les hôpitaux dans cette circonscription administrative. Surtout qu’il promet, une fois de plus, de «sauvegarder et de fructifier» les intérêts du peuple Bamoun dont il a la charge de conduite les destinées depuis son intronisation en 1992. Nji Mohoup, doyen des chefs traditionnels du Royaume Bamoun, au nom de ses pairs et des populations, a témoigné « un soutien indéfectible » au sultan-roi non sans manquer de le rassurer à la suite du «ministre» de la justice du Royaume Bamoun que «la paix a régné en son absence».

Pour sa part, Daniel Njankouo Lamaré, président de la section Rdpc du Noun Centre, a indiqué que la promotion d’Ibrahim Mbombo Njoya au rang de sénateur est le résultat de « sa loyauté aux institutions de la République et à l’endroit de celui qui les incarne, Paul Biya». Dans un style teinté d’une bonne dose d’ironie, le chef local du parti au pouvoir a dénoncé l’absence des élus Udc du palais royal. Et s’est engagé a accentué les hostilités contre Adamou Ndam Njoya et ses affidés. Une manière de légitimer le message marqué sur des tee-shirts portés par de nombreux jeunes à cette cérémonie d’accueil du membre de la chambre haute du parlement: «Sénateur Ibrahim Mbombo Njoya, sultan roi des Bamouns, le seul maître». Hystérique ! pour ne pas dire plus.

Guy Modeste DZUDIE, à Foumban

© Guy Modeste DZUDIE | Le Messager

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