Crimes magico-rituels: Les aveux des tueurs de Mimboman

Ils reconnaissent à l'unanimité avoir abrégé les vies de leurs victimes et livré les organes aux plus offrants. Pour ce faire, les méthodes d'assassinat sont les mêmes nonobstant les spécialisations.

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On a coutume de dire qu' «il n'y a pas de crime parfait». Cette assertion s'est vérifiée avec l'affaire des crimes rituels de Mimboman qui fait bouger les chaumières et les salons lambrissés de la république. Il n'est pas fastidieux de redonner les noms des premiers suspects qui se trouvent dans le grappin de la police. Il s'agit de: Bertrand Ndambou (23 ans), Tsetsop (26 ans), Nkemeta (22 ans) et le doyen de cette équipe l'infernal, Waffo Kemta (31 ans) dont la luisante calvitie ne passe pas inaperçue. Tous ces individus et bien d'autres qui courent toujours (Et pour combien de temps?) faisaient autorité dans l'art du viol, de l'étranglement et du dépeçage des jeunes filles à peine sorties de l'adolescence. Selon nos informations, c'est grâce à l'action d'un flic, en civil que les meurtriers ont été découverts.

Après un de leurs divers assassinats, un membre de la coterie est allé à la gare routière de l'Est sise à Mimboman pour la livraison du fameux produit. Mais l'opération ne s'est pas déroulée cette fois-ci comme sur du papier à musique, et cela a entraîné des éclats de voix car, les preneurs et les vendeurs n'arrivaient pas à accorder leurs violons. Les personnes impliquées dans cette sale affaire étaient à mille lieues de s'imaginer qu'elles étaient prises en filature par les agents de police en civil. Alors qu'elles se crêpaient le chignon à tue-tête dans un bus un flic, convaincu d'être tombé sur le bon filon, est allé chercher du renfort.

A son retour sur les lieux, grande est sa surprise de constater que tout le monde avait pris la poudre d'escampette sauf le porteur des organes humains (l'or rouge). Ce dernier a été arrêté puis, conduit au commissariat Central N°4. C'est après un interrogatoire musclé, que le tueur est passé aux aveux complets en donnant les noms de ses camarades et les noms des commanditaires. Il faut également ajouter que dans leurs coups, ces bandits emportaient les téléphones de leurs victimes et détruisaient la carte Sim.

Ils oubliaient une chose: la police a approché les entreprises de téléphonie pour traquer ces téléphones emportés à l’aide du satellite (Gps). Ces policiers ont eu l'ingénieuse idée de traquer le code Imeig plutôt que la Sim. Qu'on se le tienne pour vrai, le code Imeig est la carte d'identité personnelle de chaque appareil téléphonique. C'est en quelque sorte l'empreinte digitale et même l'ADN de chaque téléphone. Apres avoir mis la main sur ces malfrats, ils ont été «traités» et sont passés aux aveux complets. Il faut dire que ces criminels ont agi soit en bande, soit par petit groupe mais jamais en solo.

Selon leurs aveux, ils assassinaient les jeunes filles qu'ils livraient à des hommes toujours habillés en veste-cravate, qui étaient souvent à bord d'un 4X4 Toyota Rav4. Une voiture qui se garait souvent devant un petit débit de boisson aux encablures du lieu dit Feicom. Dans leurs aveux, ces tueurs sans pitié, ont déclaré tous être des accros du chanvre indien qu'ils consommaient dans les maisons abandonnées de Mimboman, histoire de se donner du sang froid.

Ils ont également avoué que, lorsque les benskineurs leur livraient la «marchandise», ils s'arrangeaient à «bâcher» les clientes, question de mieux les étouffer jusqu'à ce que mort s'en suive. Les plus résistantes, non seulement recevaient dans le visage une forte dose d'un gaz qui les endormait parfois à jamais à défaut de recevoir un coup de poignard sur les organes vitaux. Tutti quanti. Tous ont reconnu également que dans leur opus operandi, malgré le tronc commun qui consiste à abréger la vie de leur victime et livrer les organes à des preneurs nantis, chacun a sa spécialisation.

© Fidel Castro Mouzong | Le Soir

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