Conflit Nsola-Mebe Ngo'o: Quand Olivier Mangan entre dans la danse

Depuis quelque temps, malgré le conflit ouvert entre ces 2 fils du Dja-et-Lobo, on observait comme une sorte d'accalmie, jusqu'à ce que récemment, entreprend de les réconcilier Olivier Mangan.

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Pour cela, il n'aurait pas reçu l'accord préalable du Contre-amiral Nsola, mais il aurait réussi à le faire croire à Edgard Alain Mebe Ngo'o, son ami de toujours depuis plus de 30 ans. Malheureusement, cette manœuvre a plutôt contribué à aggraver la situation. S'il faut un visage à ce théâtre ridicule ou, à tout le moins, un personnage pour en faire un acteur principal à mauvais film projeté sur la place publique depuis quelques semaines à propos de la querelle byzantine qui oppose le Contre-amiral Nsola à Edgard Alain Mebe Ngo'o, ce serait Olivier Mangan, lobbyiste bien connu des salons huppés de la capitale.

Toutes proportions gardées et bien de charisme en moins, c'est lui qui, selon nos sources, s'est autoproclamé le «Kissinger camerounais» pour tenter de réconcilier ces 2 fils du Dja-et-Lobo. Des indiscrétions glanées à différentes sources crédibles depuis la semaine dernière, cet ami de 30 ans du MINDEF est dans un premier temps approché par une personnalité de la ville de Douala qui lui suggère de faire quelque chose pour taire le différend entre l'officier général et le MINDEF. Richard Malangue est justement celui qui prend, au début du mois de mai dernier, l'initiative de réconcilier le Contre-amiral Nsola et le MINDEF Mebe Ngo'o. Seulement, comment faire? Il se souvient qu'il connait personnellement un lob¬byiste de classe internationale, habitué des couloirs lambrisés de la République, qui est un ami de longue date du MINDEF.

Une occasion pour une grande gueule qui ne craint rien, ni personne et qui s'est forgée une personnalité ou plutôt un personnage hors du commun de faire étalage d'une culture encyclopédique fondée sur l'idée de son engagement à servir le régime de Paul Biya et à faire la promotion de la paix. Olivier Mangan qui connait Edgard Alain Mebe Ngo'o depuis près de 30 ans à Etoa-Meki, accepte donc volontiers de se prêter au jeu. Apparemment, tous ont l'air de se réjouir de cette initiative. Surtout le lobbyiste Nkamois qui sait en outre que les négociations les plus réussies se traitent toujours au tintement des glaçons dans les verres remplies d'une eau gazeuse suffisamment diluée jusqu'à lui donner, après quelques rasades d'un bon Chivas, cette chaude couleur cuivrée qui met du soleil dans les glaçons. C'est cela qui rend, après quelques minutes de discussion, Mebe Ngo'o et son interlocuteur, larmoyants et compréhensifs mutuellement.

Le principe d'une réconciliation entre le Contre-amiral Nsola et le MINDEF est donc acquis après quelques bonnes gorgées. Pour ce succès «diplomatique» inattendu, Mangan et Mebe Ngo'o se donnent gaiement des tapes dans le dos, se jurent une amitié éternelle, s'embrassent même avec une effusion volcanique, se promettent la lune dans tous ses quartiers, et concluent les accords de fraternité les plus solides, ponctués de gais glouglous gloussants et fraternels. Mais seulement, le MINDEF qui croit l'affaire dans la poche, de l'avis même d'Olivier Mangan que nous avons eu au téléphone vendredi dernier à 16h 15mn, exige que ce soit le Contre-amiral Nsola qui fasse le premier pas. Parce que, estime-t-il aujourd'hui, le Ministre de la Défense n'était pas demandeur. Seulement, le médiateur qui aime pourtant le baroud et n'est pas, paraît-il, regardant sur les moyens, commet une erreur. Parce qu'il oublie que le respect des aînés chez les Béti est une des règles sacrées dont la violation provoque systématiquement le courroux des ancêtres et de l'aîné concerné. C'est donc ainsi que quand il est demandé au Contre-amiral de passer un coup de fil à son cadet, fût-il le Ministre de la Défense de la République du Cameroun, il pique une de ces colères noires dont les effets délétères sont instantanés. A tout le moins, l'officier général, fondé sur l'idée de sa propre supériorité, ouvre la vanne de toutes les insanités quand il passe un coup de fil au MINDEF en décrivant de sa voix rythmée comme les gouttes de pluie qui s'écrasent sur le sol de Mvomeka'a, ce «braqueur des caisses publiques» qui veut se prendre pour le nombril du Pape. On entend des vertes et des pas mûres à n'en point finir. Le MINDEF tente de sauver la face, mais rien n'y fait. A la seule pensée de cette salve d'injures, beaucoup, pendant nos investigations, se pinçaient le nez de rires gras et obséquieux la semaine dernière.

Imposteur

On apprend qu'après cette volée de bois venue de Beijing, Edgard Alain Mebe Ngo'o est demeuré le visage figé dans le chagrin pendant près d'une semaine. Ses sourires, très rares, n'étaient qu'esquissés. Son regard comme mangé par une douleur intérieure que rien ne pouvait atténuer. Lorsque ses yeux noirs s'animaient, c'était pour retenir des larmes. Par la suite, c'est la mine farouche et le regard furieux qu'il consent à recevoir Olivier Mangan, la source de tous ses malheurs. Difficile de lui trouver des circonstances atténuantes. Ses yeux roulent de colère noire, les mains virevoltent de rage, un peu folle.

Tout est nervosité. Pour lui, il s'agit d'un véritable complot, d'une machination orchestrée par ses nombreux ennemis pour porter un coup sur sa notoriété. Olivier Mangan tente vainement de démontrer sa bonne foi. Il aurait été même prêt, selon nos sources, à ramper comme une serpillière devant le demi-dieu Fong, sans que cela le fasse sourciller. Au lieu de se décourager pour autant, celui qu'on présente comme un corrompu dévergondé s'emploie avec détermination à défendre son ami à travers son grand réseau d'amis. Une vraie toile d'araignée faite d'influences, de liens d'intérêts, d'amitiés sincères aussi.

C'est chemin faisant que le Colonel Joël Mboutou, comme un larbin et un thuriféraire en mal d'exploits qui accourt au moindre claquement de doigts de son maître, décide de foncer tête baissée en affichant une très haute opinion de lui-même. C'est ainsi que ce personnage falot qui manque de personnalité téléphone au Contre-amiral Nsola. Il le traite de tous les noms d'oiseau. Ambiance électrique, répliques tendues pendant une dizaine de minutes. A un moment, on risque l'escalade. C'est par la suite que l'officier rappelle au bras droit du MINDEF son manque de consistance intellectuelle avec son faux baccalauréat. Un vrai camouflet qui n'arrête pas de faire des gorges chaudes même dans le proche entourage de son mentor où il est considéré comme un imposteur.

© Darline Datchoua | La Nouvelle

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Date de dernière mise à jour : 11/06/2013