Condition de travail: Décès suspects de deux enseignants au Collège Alfred Saker de Douala.

Mme Touem et M. Eyango Mouen étaient tous deux enseignants au Collège Alfred Saker. Ils sont tous morts de suite d’attaque vasculaire cérébrale.

Vendredi 1er mars 2013, le personnel, les élèves et les membres de la famille assistent à la cérémonie des hommages à Mme Touem, enseignante des Sciences de la vie et de la terre (Svt) au collège Alfred Saker, morte de suite d'une attaque vasculaire cérébrale (Avc). Pendant les obsèques, une nouvelle vient perturber cette hommage, un autre collègue: «Monsieur Eyango Mouen a fait une Avc dans la matinée, il est dans un état critique, nous devons prier pour que nous ne soyons pas doublement éprouvés», confie un enseignant qui venait d'être informé par téléphone. Il s'agit d'un professeur de la série de gestion de l'établissement.

L'émotion gagne doublement toute l'assistance au fur et à mesure que l'information est relayée. Les lamentations sont faites aussi bien à l'endroit de la collègue disparue que de celui qui est annoncé être dans le coma. Visiblement, les collègues particulièrement semblent doublement abattus. Mais, la sérénité sera retrouvée par la suite et le reste de la cérémonie se déroulera sans interruption ni obstacle. Elle sera de courte durée, puisque la délégation qui était accompagnée la dépouille de Mme Touem, dans son village natal dans le département du Nkam n'a pas eu de répits.

A peine revenue samedi soir, fatiguée par le poids du trajet, a été réveillée dimanche 3 mars au matin, par l'annonce du décès de Monsieur Eyango Mouen. Certains de ces collègues qui ont reçu la nouvelles l'assimilaient à une plaisanterie de mauvais goût. Malheureusement elle n'était pas une blague, M. Eyango Mouen est effectivement mort. Ce décès de trop, sonne comme un ras-le-bol, au regard de le cause identique de leur décès. Les deux enseignants ayant succombé à une Avc. Les spécialistes de la santé mentale la présente comme: «la maladie de la frustration», c'est-à-dire de la somme des situations d'humiliation ou de déception que l'on enregistre au quotidien. A ce propos, les enseignants du privé sont mieux placés pour expliquer aux autres corps de métiers, ce que c'est que la frustration: «tout d'abord nous exerçons un métier ingrat où parents et élèves nous regardent avec mépris et condescendance.

Ensuite, il y a l'insécurité de l'emploi. C'est dire que l'enseignant vacataire ou permanent n'est pas sûr de rester longtemps dans l’établissement, tout dépend de l'humeur du fondateur», nous avoue un enseignant sous anonymat. Ces récriminations portent aussi sur la rémunération et les conditions de travail en général. «Notre plus grand malheur provient aussi en partie de l'inégalité entre le salaire dérisoire et la quantité de travail attribuée: 25, 30 voire 35h de cours par semaine pour un salaire de 70 000 Fcfa, 50 000 Fcfa ou quelquefois 40 000 Fcfa».

Pour combler les fin de mois, ils avouent qu'ils sont «obligés de prendre des cours ailleurs en plus des cours de répétition qui se terminent tard dans la nuit et qui nous fatiguent dangereusement». Ce même enseignant nous confie par la suite que la frustration provient parfois aussi de ce que, le fondateur décide unilatéralement de réduire le salaire en déclarant que celui qui n'est pas content démissionne. C'est aussi parfois les parents qui sollicitent les enseignants comme répétiteur, mais qui les rémunèrent en monnaie de singe. Les causes de frustration des enseignants du privé sont nombreuses, mais, ils devront encore pleurer pour longtemps, puisque jusqu'ici, l'Etat ne se préoccupe que du sort des enseignants du public.

© Eyangoh Ekolle (Stagiaire) | Aurore Plus

Commentaires (1)

1. berthol 10/03/2013

quelle tragedie. en tt cas c le camer ki a les dents

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